Les cabaretiers de Charleroi en rêvaient. Ils astiquent leurs pompes, adaptent leurs commandes et calculent secrètement la recette potentielle du 15 mai, en se remémorant une fabuleuse soirée de mai 2000. C'est que, petit à petit, tous les ingrédients se mettent en place pour que la fête û si fête il y a û soit complète. Si le Sporting se sauve, ce sera plus que probablement lors de la toute dernière journée. Comme en 1999-2000. Ce soir-là, les festivités avaient eu lieu à l'occasion de la visite d'Anderlecht. Dans dix jours, c'est Mons qui viendra au Mambourg. Un Mons qui pourrait être démobilisé, comme l'était l'Anderlecht champion d'il y a quatre ans. Et ainsi participer à la fête, en bon voisin, comme les Mauves l'avaient si bien fait sur le terrain.
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Les cabaretiers de Charleroi en rêvaient. Ils astiquent leurs pompes, adaptent leurs commandes et calculent secrètement la recette potentielle du 15 mai, en se remémorant une fabuleuse soirée de mai 2000. C'est que, petit à petit, tous les ingrédients se mettent en place pour que la fête û si fête il y a û soit complète. Si le Sporting se sauve, ce sera plus que probablement lors de la toute dernière journée. Comme en 1999-2000. Ce soir-là, les festivités avaient eu lieu à l'occasion de la visite d'Anderlecht. Dans dix jours, c'est Mons qui viendra au Mambourg. Un Mons qui pourrait être démobilisé, comme l'était l'Anderlecht champion d'il y a quatre ans. Et ainsi participer à la fête, en bon voisin, comme les Mauves l'avaient si bien fait sur le terrain. A moins que... A moins que les Montois aient encore besoin d'un petit point pour se sauver. A deux matches du terme, de nombreux cas de figure sont encore envisageables et les accros de la calculette n'en dorment plus. Mais on n'ose imaginer un Sporting obligé de prendre les trois points et un Albert contraint d'arracher le nul ! Les camarades Jean-Claude Van Cauwenberghe et Elio Di Rupo, respectivement président d'honneur de Charleroi et de Mons, risquent û pour une fois û de ne pas trinquer ensemble ! J acky Mathijssen n'a en tout cas pas raté ses débuts au Mambourg. Mais l'homme a assez de bon sens pour flairer le danger ambiant. Cinq jours de boulot dans son nouveau club lui ont suffi pour saisir la complexité du problème. L'euphorie, il ne veut pas en entendre parler. " Je me suis vite éclipsé du vestiaire après le match ", nous a-t-il lâché. " Je ne voulais pas de champagne, pas de cris de joie, pas de discours fanfarons, rien. Cette victoire n'est certainement pas une garantie de maintien. Je sais très bien que ce groupe a commis l'erreur, il y a quelques semaines, de croire que c'était gagné. Je ne veux surtout pas qu'il fasse à nouveau la même faute ". On devine que le nouveau coach voit plus loin. S'il réfléchit à sa propre situation, à son avenir personnel, il doit savoir que lui non plus n'a aucune garantie. Il a quitté le stade en héros, samedi en fin de soirée. Mais, à Charleroi plus que partout ailleurs, on passe très rapidement du statut de dieu vivant à celui d'ennemi public numéro 1. Mathijssen a peut-être calculé que, depuis qu'il abandonna les buts du Sporting en fin de saison 1989-1990, ce club a consommé en moyenne plus d'un entraîneur par saison. Et cette moyenne a encore augmenté depuis l'arrivée d' Abbas Bayat. Il faut désormais être terriblement complet pour conserver son costume d'entraîneur au Sporting : le patron sportif doit faire des résultats, y ajouter la manière si possible, entretenir de bons rapports avec la direction, les adjoints, la Ville, les sponsors, la presse, les supporters, les entraîneurs de jeunes, la police locale, le jardinier, le guichetier, la concierge, le vendeur de hot-dogs, etc. Tout un programme car, à côté de ces exigences qui peuvent user psychologiquement un homme, il faut aussi consacrer du temps à la préparation de l'équipe... Une chose est sûre, en tout cas : Mathijssen est convaincu du potentiel de son noyau. Il nous a affirmé qu'il avait désormais sous la main quelques joueurs d'un talent fou. Et un groupe sain. Dès son premier match, il a imprimé sa griffe sur le jeu du Sporting, en coulant l'équipe dans un nouveau moule tactique (un seul attaquant de pointe et un rôle axial très libre pour Grégory Dufer) et en relançant deux joueurs que Robert Waseige avait définitivement bannis ( Laurent Macquet et Loris Reina). Une approche gagnante, car Mouscron n'a pas existé. La saine agressivité des Zèbres y était évidemment û aussi û pour beaucoup. Des gens du club nous ont confié que l'ambiance dans le vestiaire avait déjà changé du tout au tout. Les joueurs avaient fini par être terrorisés par Waseige, son comportement tyrannique, ses remarques cyniques et sa relation contrastée avec certains membres du staff. Le père sévère a été remplacé par une espèce de grand frère complice. Juste à temps ou un rien trop tard ? par Pierre DanvoyeIl faut être de plus en plus complet POUR CONSERVER SON COSTUME DE COACH à Charleroi