En ce mois d'avril 1922, Albert Dejonghe ne veut pas participer à Paris-Roubaix. Le mois précédent, malade, il n'a pas pris part au Tour des Flandres. Ce n'est que sur l'insistance de son directeur sportif que le Flandrien se rend finalement à Paris. Avec l'intention de prendre le départ et d'abandonner à Arras. Mais c'est au contraire à Arras que Dejonghe lance la course. Il espère alors que le grand favori Henri Pélissier et lui seront en mesure de créer une cassure. Mais le Français n'est pas en jambes et abandonne.
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En ce mois d'avril 1922, Albert Dejonghe ne veut pas participer à Paris-Roubaix. Le mois précédent, malade, il n'a pas pris part au Tour des Flandres. Ce n'est que sur l'insistance de son directeur sportif que le Flandrien se rend finalement à Paris. Avec l'intention de prendre le départ et d'abandonner à Arras. Mais c'est au contraire à Arras que Dejonghe lance la course. Il espère alors que le grand favori Henri Pélissier et lui seront en mesure de créer une cassure. Mais le Français n'est pas en jambes et abandonne. C'est ainsi que Berten Dejonghe roule seul jusqu'à l'arrivée. Il plane au-dessus des pavés en espérant éviter toute casse matérielle. Car il devrait alors effectuer les réparations lui-même. Au temps des pionniers du cyclisme, il n'est pas rare qu'un coureur doive se rendre chez un forgeron pour souder un cadre ou une fourche cassés. Mais Dejonghe est fabricant de meubles, pas forgeron. Heureusement pour lui, ce coureur indestructible originaire de Middelkerke est épargné et remporte la 23e édition de l' Enfer du Nord avec sept minutes d'avance sur un autre Belge, Jean Rossius. C'est le point d'orgue de sa carrière. Trois ans plus tôt, Dejonghe a participé au Circuit des Champs de Bataille, probablement l'épreuve la plus difficile et la plus éprouvante jamais organisée. Cette course à étapes de sept jours, qui rendait hommage aux soldats de la Première Guerre mondiale et qui n'a été disputée qu'une seule fois, traversait des régions dévastées, passant devant des cratères de bombes et des endroits où le sang avait coulé, sur des routes à peine praticables et dans des conditions météo difficiles. Après avoir remporté la deuxième étape, Dejonghe était en tête mais l'un de ses concurrents, Ritten Van Lerberghe, a heurté sa roue arrière et en a cassé plusieurs rayons. Berten dut faire une croix sur la victoire finale. Albert Dejonghe n'avait que vingt ans lorsqu'il est passé professionnel et a directement disputé le Tour de France. En 1923, au terme d'une épopée longue de 412 kilomètres, il devança au sprint ses deux compagnons d'échappée lors de la quatrième étape. Une performance remarquable car Dejonghe sprintait comme un fer à repasser. Par conséquent, Dejonghe, qui a souvent lutté pour la victoire, a accumulé les places d'honneur dans sa carrière. Il était pourtant souvent capable de démarrer comme l'éclair, au point que peu d'adversaires pouvaient rester dans sa roue. Mais Dejonghe soufflait fréquemment le chaud et le froid et n'a jamais pu trouver d'explication à cela. Berten Dejonghe était un coureur de fond doté d'une grande endurance. En 1925, alors qu'il s'était échappé seul lors de la neuvième étape du Tour, il a attendu Nicolas Frantz, qui roulait juste derrière lui. Le Luxembourgeois a promis à Berten qu'il pourrait gagner s'il l'emmenait jusqu'à l'arrivée, mais Frantz a renié sa parole. Dejonghe s'en est souvenu l'année suivante. Lorsque Frantz est descendu de vélo pour changer une roue dans la deuxième étape, il a attaqué avec son ami Staf Van Slembrouck et a relégué Frantz à plus d'un quart d'heure. Le directeur sportif de Frantz a alors rassemblé ses coureurs: il leur a promis 500 francs par minute prise à Dejonghe. Les début de saison d'Albert Dejonghe étaient tellement chargés qu'il a toujours démarré le Tour avec les batteries complètement plates. En plus des classiques, il devait participer à la course-marathon Bordeaux-Paris, dont il a terminé troisième en 1919. Il a souvent demandé à pouvoir faire l'impasse sur cette épreuve, mais son directeur sportif ne voulait rien entendre. Dejonghe a pris le départ du Tour de France à neuf reprises et a abandonné sept fois. Les deux seules fois où il est parvenu à rallier Paris, il a fini cinquième et sixième. Au terme de sa carrière, Albert Dejonghe s'est reconverti en loueur de cabines sur la plage de Middelkerke.