Coïncidence. Deux faits récents me ramènent à deux chroniques de la même époque, alentour de la Toussaint 1997. D'une part un courrier de Sam, huit ans après. J'avais alors râlé sur la violence de jeunes casseurs de grilles lors d'un match à Sclessin. Sam, l'un d'eux, m'avait répondu, et cela avait débouché, via chronique, sur un échange chouette parce que pacifique... Puis aujourd'hui, Sam me ressurgit dessus par petit courriel à la rédac, simplement pour me faire part que tout baigne, qu'il a une amie, un boulot, et qu'il est calmé tout en aimant toujours autant le foot : petit événement de la vie qui vous rend paisible, merci Sam...
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Coïncidence. Deux faits récents me ramènent à deux chroniques de la même époque, alentour de la Toussaint 1997. D'une part un courrier de Sam, huit ans après. J'avais alors râlé sur la violence de jeunes casseurs de grilles lors d'un match à Sclessin. Sam, l'un d'eux, m'avait répondu, et cela avait débouché, via chronique, sur un échange chouette parce que pacifique... Puis aujourd'hui, Sam me ressurgit dessus par petit courriel à la rédac, simplement pour me faire part que tout baigne, qu'il a une amie, un boulot, et qu'il est calmé tout en aimant toujours autant le foot : petit événement de la vie qui vous rend paisible, merci Sam... A la même époque, j'avais assisté à un Belgique-Slovénie Scolaires (garçons de 16 ans à l'époque) à l'issue duquel j'avais manifesté ma déception quant au niveau de la relève : j'écrivais n'avoir " rien vu sinon ThomasChatelle, un petit attaquant vif, technique, rusé ". PatrickWachel, qui coachait ces Scolaires à l'époque, avait un peu ronchonné suite à cet avis qu'il trouvait sévère pour les potes à Thomas. Depuis lors, chaque rare fois où je le revois, c'est comme un petit jeu entre nous : je lui rappelle qu'on s'était promis de refaire le point sur tous ces garçons, il me jure qu'il va m'envoyer la liste des clubs où chacun évolue aujourd'hui " pour me prouver que tous prestent à un niveau plus qu'honorable "... et je ne reçois jamais de liste ! Donc, Patrick, si tu me lis, j'attends toujours... Reste de cela que je veux croire avoir été le premier à citer Chatelle dans Sport/FootMag, et que l'anecdote a fait de moi, de facto, un supporter de Thomas,... un peu comme si j'avais gagné aux pronostics : plus Chatelle perçait, plus j'avais l'impression de gagner mon p'tit match contre Patrick Wachel,... c'est mon côté gamin malgré l'âge ! C'est dire que l'accident dont vient d'être victime le joueur de Genk m'a désolé : plus que s'il s'était agi d'un de ces innombrables inconnus qui, de par les pelouses du monde, sont régulièrement victimes de ce geste appelé sliding-tackle. Je n'aime pas les sliding-tackles, j'ai souvent pensé que le foot ne serait sûrement pas plus moche si on les interdisait. Ils sont beaux parfois, ils sont dangereux toujours, et la licité de certains par rapport au caractère illicite de certains autres engendre des palabres interminables autant qu'irritants. N'empêche qu'il faut parfois palabrer pour dribbler les amalgames. Lors de la blessure de Chatelle, le Week-end sportif a de nouveau envisagé la dangerosité du geste en remontrant deux accidents : l'un légendaire ( IvanDe Sloover blessant jadis Juan Lozano), l'autre récent ( VladimirVoskoboinikov blessant Diabis en novembre dernier). Là, en mon âme et conscience, faut que je prenne la défense de StephenLaybutt : autant il fallait parler d'agression à propos de De Sloover (qui s'amène de face avec les studs à hauteur de genoux) et de Voskoboinikov (qui se jette par derrière sans aucune chance d'atteindre un ballon à 5m), autant Laybutt est blanc comme neige ! L'Australien vient de côté, la jambe lancée l'est à même le sol, le ballon est d'abord touché et mis dehors : c'est juste après que Chatelle ne peut éviter le corps couché, qu'il s'y emmêle les pinceaux et que ça craque atrocement... Bien sûr, contre Chatelle attaquant plume, Laybutt s'est amené avec toute la puissance de ses 88kg : mais peut-on lui reprocher son poids, sa puissance, sa vitesse d'intervention ? Non. Si Thomas avait eu la chance de pouvoir sauter par dessus le corps couché, le geste de Laybutt aurait été un sliding-tackle applaudi : parce que correct, académique, esthétique même ! La détresse de Chatelle ne doit pas permettre de casser du sucre sur le dos de Laybutt. Lozano fut la victime de De Sloover, Chatelle est une victime du foot tel que les règlements permettent de le pratiquer. Plus et surtout moins médiatisés, il y aura demain d'autres Chatelle et d'autres Laybutt. Ou alors, on modifie les règlements parce qu'on en refuse les carnages potentiels, et on décide que le foot est désormais un jeu joué DEBOUT ! S'il y a referendum, je voterai oui. Bernard JeunejeanChatelle est une victime du foot tel que les RèGLEMENTS PERMETTENT DE LE PRATIQUER