Le GBA fera-t-il aussi bien cette année, en Coupe de Belgique que le club dont il est l'émanation depuis 1999, le Germinal Ekeren? Les banlieusards anversois s'étaient en tout cas taillé une jolie réputation, pendant la décennie précédant la fusion avec le Beerschot, en remportant l'épreuve en 1997 (4-2 face à Anderlecht) et en accédant à deux reprises en finale: 2-1 contre le FC Liège en 1990 et 3-1 devant le Club Brugeois en 1995.
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Le GBA fera-t-il aussi bien cette année, en Coupe de Belgique que le club dont il est l'émanation depuis 1999, le Germinal Ekeren? Les banlieusards anversois s'étaient en tout cas taillé une jolie réputation, pendant la décennie précédant la fusion avec le Beerschot, en remportant l'épreuve en 1997 (4-2 face à Anderlecht) et en accédant à deux reprises en finale: 2-1 contre le FC Liège en 1990 et 3-1 devant le Club Brugeois en 1995. Cette fois, pour peu que les joueurs du Kiel, mardi prochain, prennent le meilleur sur leurs vis-à-vis trudonnaires, vainqueurs par 1 à 0 lors de la demi-finale aller, une quatrième participation les attendra au Heysel. Pas mal en 13 ans. Mais que dire, alors, de Franky Van der Elst, coach du GBA aujourd'hui, qui peut se targuer d'avoir participé à six finales avec Bruges comme joueur, en remportant quatre!Franky Van der Elst: Pour Bruges, on ne pouvait à proprement parler d'exploit, dans la mesure où l'équipe tenait déjà le haut du panier. Il en va tout autrement pour le GBA très mal loti en championnat, comme chacun le sait, mais qui a su profiter pleinement du laisser-aller coupable des ténors traditionnels pour s'immiscer dans le dernier carré de l'épreuve. A ce stade, nous avons joué de malchance, à Saint-Trond, en encaissant un goal évitable au cours des ultimes péripéties de la partie. Mais avec l'appui de notre public, mes joueurs sont parfaitement capables de renverser la vapeur, comme ils l'avaient fait en quarts à l'Antwerp: 3 à 0 au Kiel après une défaite 2-1 à Deurne. Nous menions par 0-3 quand un incident de jeu aurait logiquement dû valoir l'expulsion du défenseur adverse, Harald Pinxten. Celui-ci put poursuivre la partie et fut à la base du premier but de ses couleurs sur la contre-attaque qui suivit. Petite cause, grand effet. Pareilles circonstances fâcheuses ont, hélas, été légion chez nous tout au long de cette campagne. A l'analyse, il s'en est souvent fallu d'un fifrelin pour que le match prenne une tout autre orientation, en notre faveur. Je n'en veux pour preuve que les trois coups de réparation que nous avons loupé contre Lommel, Malines et La Gantoise. En cas de conversion, ils nous auraient permis de comptabiliser sept points de plus et nous n'en serions pas à lutter pour notre survie actuellement.Bastion inexpugnableA mes débuts, le GBA était encore une copie conforme du Germinal Ekeren, un club qui avait toujours fait la part belle aux éléments routinés lors de son accession ainsi que de son vécu parmi l'élite. C'était l'époque des Gunther Hofmans, Rudy Smidts, Stefan Van der Heyden et autre Cisse Severeyns. Dans un premier temps, fort de l'apport de ces garçons expérimentés, le Kiel se révéla d'ailleurs un bastion inexpugnable, puisque seul Anderlecht réussit à y imposer sa loi la première année. Par la suite, nous avons encore fait fréquemment figure de giant-killers. Il n'y a que cette saison que ce brevet d'invincibilité a été mis sérieusement à mal puisque nous avions enduré cinq revers avant la visite de l'Antwerp. Cette vulnérabilité s'explique, selon moi, par le manque de planches de l'effectif. Compte tenu de ses faibles ressources financières, la direction a joué résolument la carte des jeunes, ainsi que celle du blé en herbe de l'Ajax. Il va de soi qu'on ne peut pas attendre de ces garçons qu'ils conservent la tête froide en toutes circonstances. Au contraire, chaque uppercut laisse des traces à cet âge-là. La preuve: après notre dégelée mémorable à l'Antwerp, nous avons livré notre plus piètre prestation à domicile: 0-2 contre Mouscron. C'est assez significatif. L'année passée, vous pouviez encore compter sur Marc Degryse pour diriger la manoeuvre ou ponctuer une offensive. Son départ a manifestement laissé un vide qui n'a pas été comblé?Petter Rudi nous aura été d'un concours appréciable mais il n'a pas l'étoffe de mon ancien partenaire, c'est l'évidence même. Celui-ci nous valait dix buts par saison, au bas mot, sans compter qu'il n'avait pas son pareil pour mettre ses compères d'attaque sur orbite, comme Paul Kpaka, Dirk Huysmans ou Filip Haagdoren. Cette saison, notre fer de lance ghanéen est bien seul. Avec près de la moitié de notre production offensive à son actif, il ne manque pourtant pas de mérite. Aussi, je m'attends à ce qu'il émigre sous d'autres cieux au même titre que Wesley Sonck et Moumouni Dagano, qui font tous deux le bonheur de Genk aujourd'hui. C'est ce qui m'autorise à dire que si le GBA avait pu conserver toutes ses forces vives ces dernières années, il ne se serait jamais retrouvé en mauvaise posture, comme c'est le cas à présent. En fait, trois éléments de la première heure, seulement, font toujours partie des cadres de nos jours: Vinko Marinkovic, Djordje Svetlicic et Filip Haagdoren. Ce chiffre devrait encore s'amenuiser car tous sont en fin de contrat et en pleine expectative concernant leur avenir. Au même titre que moi, d'ailleurs. Personnellement, je ne souhaite rien tant que de rempiler. Car j'aime bien ce club, de même que la mentalité anversoise. Le roulement au sein du noyau fait également en sorte que le phénomène d'usure est pour le moins anecdotique ici. Ceci dit, je ne suis pas dupe. Si les responsables du club n'ont toujours pas pris contact avec moi dans l'optique de la reconduction de mon contrat, c'est qu'ils ont probablement d'autres priorités. Comme Simon Tahamata, qui sait, à en croire certains journaux. Il y a deux ans, quand le premier volet de mon accord avec le GBA était venu à échéance, j'avais été fixé en février. Aujourd'hui, nous sommes près de la mi-avril et je ne sais toujours pas à quoi m'en tenir. Je ne cache pas que j'aimerais être fixé une fois pour toutes, quel que soit le sort qu'on me réserve.Jos VerhaegenIl soutient toujours que les joueurs ne s'entraînent pas suffisamment en Belgique et a formulé ce grief aussi bien à mon prédécesseur, Herman Helleputte, qu'à moi-même. Pour avoir suivi des séances de préparation à la Juventus et à Lens, entre autres, dans le cadre de la Pro Licence, je suis bien placé pour dire que le programme n'est pas plus ardu ou intensif ailleurs que chez nous. Tout au plus certains aspects sont-ils plus individualisés, c'est tout. J'en ai déjà discuté avec lui et il n'en démord pas: pour lui, les footballeurs sont trop gâtés chez nous. S'il est de cet avis, c'est son bon droit. Mais le mien est au moins aussi pertinent. Après tout, j'ai quand même quinze années de professionnalisme derrière moi. En matière de mise en condition et d'entretien de la forme, je dois quand même en connaître un bout sur la question.Durant ces quatre années, avez-vous eu des touches avec d'autres clubs?Vaguement. A un moment donné, le Standard est venu aux nouvelles par l'entremise de Michel Preud'homme. J'ai cru comprendre que Mouscron songeait également à moi dans son organigramme. Le Cercle de Bruges est intéressé aussi semble-t-il. Mais il n'y a jamais rien eu de véritablement concret jusqu'à présent. Compte tenu de la conjoncture difficile, je ne sais trop si je me recaserai facilement. Il n'est pas impossible, au train où vont les choses, que je me retrouve au chômage technique la saison prochaine.Une victoire en Coupe de Belgique n'est-elle pas susceptible d'influer positivement sur votre avenir au GBA?Non, je n'ai pas cette impression. Je crois que mon sort est définitivement scellé là-bas. D'ailleurs, je trouverais regrettable qu'on me juge sur un coup d'éclat. Je préfère être perçu sur la durée. A cet égard, en quatre ans, et pour une première expérience au plus haut niveau, je ne suis pas mécontent du travail accompli.Henk Houwaart, Hugo Broos, Jan Ceulemans, Lorenzo Staelens et vous-même: faut-il vraiment transiter par le Club Brugeois pour faire une carrière d'entraîneur?Je ne m'étais jamais arrêté à ce détail. A mes yeux, il ne s'agit toutefois que d'un simple concours de circonstances. Même s'il y a un point commun entre toutes ces personnes: leur faculté de tout relativiser. Quoi qu'il arrive, aucun d'entre nous ne tombera jamais de très haut, c'est sûr.Bruno Govers"On ne s'entraîne pas plus à la Juve qu'au GBA""Je pourrais me retrouver au chômage l'été prochain"