Pour la deuxième fois de son histoire, le stade du Tivoli abritera, cette année, une demi-finale de la Coupe de Belgique La première eut lieu au printemps 1985 lorsque les Francs Borains délaissèrent exceptionnellement leurs installations pour donner la réplique, dans l'antre de la RAAL, au Cercle de Bruges.
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Pour la deuxième fois de son histoire, le stade du Tivoli abritera, cette année, une demi-finale de la Coupe de Belgique La première eut lieu au printemps 1985 lorsque les Francs Borains délaissèrent exceptionnellement leurs installations pour donner la réplique, dans l'antre de la RAAL, au Cercle de Bruges. Près de deux décennies plus tard, c'est au tour des footballeurs locaux à goûter prochainement à cette faveur, contre Lommel (au Limbourg le 5 mars et dans le Centre le 16 avril). La performance des Loups est d'autant plus belle que les suiveurs ne donnaient plus cher de leurs chances d'accéder au dernier carré après que le Standard eut remporté par 3 à 1 la première manche d'une épreuve qui lui tenait particulièrement à coeur, cette saison, en raison de sa distanciation en championnat par rapport aux candidats à l'Europe.Auteurs déjà d'un match fabuleux, en 16e de finale de la Coupe, contre les Rouches, voici cinq ans, alors qu'ils évoluaient encore en D2 sous les ordres de Marc Grosjean (4-4 et défaite par 3-4 aux tirs au but), les Louviérois auront donc savouré une belle revanche ce coup-ci grâce à un 2-0 amplement mérité face à un adversaire qui n'a pas su reproduire ses ultimes prestations sémillantes en championnat. Ce succès, façonné par Thierry Siquet et les siens sur la pelouse est aussi celui d'un coach: Ariel Jacobs.Souvent décrié pour son approche trop frileuse, le Diegemois a prouvé, grâce à des qualifications successives contre Genk et les footballeurs principautaires, qu'il était un tacticien avisé. La preuve par ses plans de bataille et la trame du match contre les Standardmen.Un 4-2-3-1 inéditAriel Jacobs: A l'aller, Ole -Martin Aarst nous avait surpris à trois reprises suite à des centres distillés à partir des flancs. Pour espérer mettre l'attaquant norvégien sous l'éteignoir, il convenait de le priver de cette alimentation. C'est la raison pour laquelle Emmanuel Kenmogne et Peter Odemwingie avaient pour mission, entre autres, de faire écran dans leur zone respective. Avec Ricardo Magro et Davy Cooreman chargés de contrer les montées des deux arrières centraux liégeois, j'étais paré quant au quadrillage de ce secteur. Je n'aurais toutefois jamais pu détacher autant de joueurs à cette tâche si la ligne médiane liégeoise avait été composée de quatre éléments jouant à peu près sur la même ligne. Car dans ce cas, Didier Ernst et Alan Haydock auraient été en infériorité numérique. Mais comme l'entrejeu des Rouches est formé d'un losange, avec Fredrik Söderström en bas et Moreira au-dessus, Johan Walem et Joseph Enakarhire au milieu, ces deux derniers seulement devaient être pris en charge par nos deux propres récupérateurs. Didier Ernst et Alan Haydock ont rempli cette mission presque à la perfection en première mi-temps. Leur seule erreur, pendant cette période, aura été de remonter trop haut, vue la position de repli adoptée par leurs adversaires qui quémandaient le ballon très haut dans leur camp, puisque la progression de leurs backs était annihilée par nos joueurs. Ces incursions-là ont fait en sorte que la distance entre la ligne arrière et notre duo, qui faisait figure de premier relais dans la ligne médiane, était trop grande. C'est pourquoi, durant ces 45 minutes initiales, il y a eu pas mal de déchet dans nos passes à partir de la défense. C'étaient souvent des longs ballons balancés à l'aveuglette, faute d'appuis dans la ligne médiane. A la pause, j'ai insisté pour une progression plus méthodique en misant sur une plus grande disponibilité de mes deux joueurs tampons". Peter Odemwingie, la révélationJ'ai hésité quant à l'option à prendre car je voulais absolument maintenir l'emprise sur les défenseurs adverses. Vu le temps de jeu restant, je me doutais qu'ils allaient parer au plus pressé, en alertant le plus possible leurs attaquants, auxquels s'était ajouté Gonzague Vandooren, au départ de longues balles aériennes. Ce qui m'a finalement dissuadé, c'est le profil de Manaseh Ishiaku, plus à l'aise en position axiale que sur le flanc. Or, il était exclu que je substitue Ricardo Magro, qui avait pesé de tout son poids sur la défense jusque-là. Voilà pourquoi j'ai privilégié la piste de Stefan Teelen comme troisième homme dans l'entrejeu. Ce fut une initiative heureuse car le nouveau venu récupéra finalement pas mal de ballons dégagés de la tête par notre ligne arrière. Et, ce qui ne gâte rien, le Limbourgeois en fit toujours bon usage. A une exception près: quand il eut la malencontreuse idée de servir le cuir dans les pieds de Johan Walem. Au cours des dernières minutes, nous avons d'ailleurs quelquefois joué avec notre bonheur en favorisant une initiative personnelle en lieu et place de servir un coéquipier démarqué, par exemple. S'il n'y avait pas eu ces petits péchés mignons, nous aurions sans nul doute disputé la meilleure mi-temps de cette campagne. Une joie intérieureQu'on ne s'y trompe pas: j'étais au moins aussi heureux que mes joueurs après coup. Mais ma joie, je m'efforce toujours de la contenir. A quoi bon extérioriser ses sentiments? Adulé en cette circonstance précise, il ne faut pas perdre de vue que j'ai été sifflé par le même public, récemment, après notre match contre le Lierse. Mes idées n'étaient sûrement pas moins bonnes, cette fois-là. La différence, c'est que les joueurs n'ont pas pu les appliquer et que la finition a laissé à désirer. Je prend donc victoires et défaites de la même manière. En apparence, du moins, car à l'intérieur de moi-même, je savoure, c'est certain. Le résultat, la manière, la réceptivité des joueurs: c'était franchement pas mal du tout contre le Standard. Même si tout cela demande confirmation, évidemment. Non seulement en championnat mais aussi au prochain tour de la Coupe de Belgique, où nous avons un beau coup à jouer, face à Lommel. Même s'il faudra se méfier de cette équipe qui a quand même réussi l'exploit de sortir le Club Brugeois. Ce qui me procure satisfaction également, c'est le constat que cette équipe louviéroise a de l'avenir. Avec Silvio Proto, Michaël Klukowski, Alan Haydock, Alexandre Bryssinck, Ricardo Magro, Emmanuel Kenmogne et Peter Odemwingie, ce sont autant de jeunots qui ont forgé notre qualification. Sans compter que d'autres étaient absents. Comme Rachid Belabed, notamment. C'est prometteur.Bruno Govers"C'était franchement pas mal du tout contre le Standard"