On attendait l'Argentine, au grand complet pour les besoins de cette épreuve, mais c'est finalement le Brésil, pourtant amputé de ses stars Ronaldinho, Kaka, Ronaldo, Zé Roberto et Adriano qui a mis le grappin sur la 42e édition de la Copa America, qui s'est tenue du 26 juin au 15 juillet au Venezuela. L'histoire n'aura fait, somme toute, que repasser les plats. Car les deux géants du football sud-américain s'étaient déjà retrouvés au stade ultime de cette compétition lors de la finale précédente au Pérou. Et à Lima, précisément, les Auriverde étaient parvenus pour la première fois à vaincre le signe indien face aux Albiceleste qui, à la faveur des huit confrontations antérieures entre les deux pays, avaient toujours réussi à prendre le meilleur sur leurs prestigieux adversaires.
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On attendait l'Argentine, au grand complet pour les besoins de cette épreuve, mais c'est finalement le Brésil, pourtant amputé de ses stars Ronaldinho, Kaka, Ronaldo, Zé Roberto et Adriano qui a mis le grappin sur la 42e édition de la Copa America, qui s'est tenue du 26 juin au 15 juillet au Venezuela. L'histoire n'aura fait, somme toute, que repasser les plats. Car les deux géants du football sud-américain s'étaient déjà retrouvés au stade ultime de cette compétition lors de la finale précédente au Pérou. Et à Lima, précisément, les Auriverde étaient parvenus pour la première fois à vaincre le signe indien face aux Albiceleste qui, à la faveur des huit confrontations antérieures entre les deux pays, avaient toujours réussi à prendre le meilleur sur leurs prestigieux adversaires. Mais si, en 2004, les Argentins auraient pu perpétuer cette tradition - ils menaient à la marque avant de devoir courber l'échine suite à l'épreuve des tirs au but - cette fois la victoire (3-0) de leurs rivaux ancestraux n'aura pas souffert la moindre discussion. Hormis une entame de match au cours de laquelle Juan Roman Riquelme eut, par deux fois, l'opportunité de répondre au but d'ouverture de Julio Baptista (son premier envoi fut renvoyé par le montant du but de Doni tandis que le deuxième nécessita une parade spectaculaire du gardien de l'AS Rome), il faut bien avouer que, par la suite, il n'y en eut plus que pour les Brésiliens. Ceux-ci alourdirent d'abord la marque suite à un auto-but de Roberto Ayala avant de fixer les chiffres définitifs suite à un contre de toute beauté agencé par Vagner Love et conclu dans la ruelle par Daniel Alves. Trois goleadors différents, à ce stade de la Copa, c'était d'autant plus surprenant que, jusqu'alors, la moitié des 12 buts paraphés par la Seleçao avaient été l'£uvre d'un seul et même joueur, Robinho. Décrié plus souvent qu'à son tour pour son faible rendement, aussi bien en équipe nationale (7 goals en 34 sélections au préalable) qu'au Real Madrid, où il ne fit guère la une de la chronique sportive ces derniers mois, l'ancien attaquant du FC Santos éclaboussa les pelouses de Puerto La Cruz et Maracaibo de toute sa classe. Il a fait valoir de surcroît un instinct de buteur qu'on ne lui connaissait plus. A lui seul, il atomisa le Chili, en inscrivant cinq buts : trois lors de la phase des groupes et deux autres encore en quarts de finale. Entre les deux, l'attaquant des Merengue avait planté aussi la seule rose du match face à l'Equateur. Un goal qui valait son pesant d'or car lui et ses coéquipiers avaient très mal débuté le tournoi, puisqu'ils encaissèrent d'emblée un revers face au Mexique, futur troisième de l'événement. Cette contre-performance avait valu d'entrée de jeu au sélectionneur Carlos Dunga de s'attirer l'opprobre des suiveurs du futebol brasileiro. Depuis qu'il avait repris en main les rênes de l'équipe nationale de son pays, au lendemain d'une décevante Coupe du Monde 2006, l'ex-international n'était guère parvenu à faire l'unanimité autour de son nom. Comme à l'époque pas si lointaine où il était encore joueur lui-même, en quelque sorte. On se souviendra que c'est sous son capitanat que le Brésil s'était imposé en finale de la Coupe du Monde 1994 face à l'Italie. Ce 17 juillet-là, au Rose Bowl de Los Angeles, les troupes de l'entraîneur Carlos Parreira avaient pratiqué, un catenaccio des plus hermétiques avec Dunga, Mazinho et Mauro Silva dans le rôle de matraqueurs dans l'entrejeu. Ce coup-ci, treize ans après, il n'en était pas allé très différemment avec Elano, Mineiro et Josué. Pas vraiment des artistes au pied léger quand on saura que le premier est le brise-lames de service au Shakhtar Donetsk et le deuxième le pare-chocs défensif du Hertha Berlin. Quant au troisième, sociétaire du FC Sao Paulo, mieux vaut ne pas s'y frotter au vu et su de tous ceux pour qui le football brésilien n'a pas de secret. Mais le coach et ses joueurs avaient d'autres soucis en tête surtout depuis qu'ils avaient appris que la fédération brésilienne, CBF, avait décidé de leur octroyer totalement le million de dollars promis par la fédération sud-américaine (Conmebol) en cas de victoire. Avec sept hommes en permanence derrière le ballon, la couverture est évidemment bien assurée, dans ces conditions, du côté Auriverde. La chance du Brésil, c'est de posséder aux avant-postes des joueurs susceptibles de faire la différence même quand les grands noms manquent à l'appel. Si tant est, bien sûr, qu'on puisse utiliser le terme de joueurs de deuxième garniture quand on parle des éléments qui formèrent la division offensive de la Seleçao au Venezuela. En l'absence des valeurs confirmées, Robinho a, par exemple, prouvé qu'il était davantage qu'une solution de rechange. Et Julio Baptista est assurément du même tonneau. Voilà qui promet quelques choix épineux à Carlos Dunga lorsqu'il devra décliner un nouveau onze de base, fort de toutes les meilleures composantes du pays. Une consolation pour lui, quand même : Ronaldo, qu'il ne porte visiblement pas dans son c£ur et qu'il a d'ailleurs volontairement snobé. Contrairement aux autres, soucieux de se remettre d'une saison harassante, et qui avaient insisté pour passer leur tour, Ronaldo aura près de 34 ans bien sonnés lors de la prochaine Coupe du Monde. L'heure de la retraite a donc peut-être déjà sonné pour lui. Mais ce ne sont pas les candidats qui manquent à sa succession. Idem, d'ailleurs, en ce qui concerne les postes d'arrières latéraux, où le Brésil a toujours été bien fourni. Aux Etats-Unis, Carlos Dunga, joueur, avait pu compter en son temps sur Jorginho et Branco pour créer le surnombre sur les flancs. Par la suite, Cafù et Roberto Carlos avaient pris le relais. A présent, l'équipe nationale est de nouveau tout à fait parée avec Maicon sur le flanc droit et Gilberto sur l'autre aile. Deux navetteurs incessants qui, non contents d'afficher une belle intransigeance sur le plan défensif, ont apporté leur écot à l'ébauche des offensives également. C'est d'ailleurs sur un centre du premier cité que Roberto Ayala doubla involontairement les chiffres en faveur des Auriverde. Le capitaine argentin aura été le grand malheureux de cette CopaAmerica. La trentaine largement entamée, le défenseur, en partance pour Saragosse à présent, aurait aimé remporter un trophée que son pays n'a plus soulevé depuis 1993, année où l'Argentine battit l'Equateur 2 à 0 grâce à un doublé de Gabriel Batistuta. Depuis lors, plus rien, hormis des louanges incessantes pour la qualité du jeu pratiqué. Mais une beauté qui ne rapporte rien, si elle ne s'accompagne pas d'une certaine intransigeance. En Allemagne, l'année passée, c'est le sélectionneur José Pekerman qui avait été à la base de l'élimination des Albiceleste contre l'Allemagne. Le renard argentin avait eu la très mauvaise idée de faire sortir Riquelme du jeu, alors que la marque était de 1 à 0 en sa faveur en deuxième période.Au Venezuela, en revanche, ce sont les joueurs qui ont fauté, à l'image de Juan Sebastian Veron, clairement sur le retour, voire d'Ayala, précisément. Déjà mal placé sur le but d'ouverture de Julio Baptista, el capitano aura bu le calice jusqu'à la lie avec ce but inscrit contre ses couleurs. Sa décision ne s'est pas fait attendre, car sitôt la finale terminée, le routinier a affirmé qu'il mettait un terme à sa carrière internationale, forte de 115 sélections, un record dans son pays. Rideau donc pour ce joueur mais, pour d'autres, cette CopaAmerica aura été l'occasion de prouver pour la première fois l'étendue de leurs possibilités. Et, s'il y a un nom à retenir, nous épinglerons celui du jeune gardien mexicain Guillermo Ochoa. Globalement, El Tri, surnom de cette équipe en raison de son équipement tricolore, aura été la bonne surprise de ce tournoi, avec une troisième place au détriment de l'Uruguay, battu 3-1 en consolation. Moins d'un an après avoir pris la succession d' Angelo La Volpe, l'ancien buteur Hugo Sanchez peut se féliciter du parcours qu'il a effectué à la tête d'une phalange juvénile emmenée de pied de maître par le talentueux Andres Guardado. Mais l'homme le plus en vue, en raison de ses toutes bonnes perfs contre le Brésil et le Chili notamment, aura été son dernier rempart. Sociétaire du club America, Ochoa apparaît aujourd'hui comme le digne héritier des portiers légendaires qui l'ont précédé dans son pays : Antonio Carbajal dans les années 60, Ignacio Calderon lors du Mundial 70, puis Pablo Larios au cours des années 80 et Jorge Campos dans les nineties avant que celui-ci ne cède le relais à Oswaldo Sanchez, titulaire lors des Coupes du Monde 2002 et 06. Si le Brésilien Doni et l'Argentin Roberto Abbondanzieri (Getafe) ont abouti en Europe, il n'y a pas de raison que le Mexicain, du haut de ses 20 ans, n'emboîte pas leurs pas. par bruno govers