C'est le coup du mercato ! Faire revenir en Belgique un jeune arrière gauche (une rareté), belge (un must), qui a réussi (mais comment est-ce financièrement possible ?). Et cerise sur le gâteau pour le Standard : il est liégeois. La faillite du sponsor principal de l'AZ a rendu la transaction possible. Et voilà le transfert de rêve qui se réalise.
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C'est le coup du mercato ! Faire revenir en Belgique un jeune arrière gauche (une rareté), belge (un must), qui a réussi (mais comment est-ce financièrement possible ?). Et cerise sur le gâteau pour le Standard : il est liégeois. La faillite du sponsor principal de l'AZ a rendu la transaction possible. Et voilà le transfert de rêve qui se réalise. Pour Sébastien Pocognoli, c'est aussi un aboutissement (puisqu'il avait toujours rêvé de porter la vareuse liégeoise), à peine un frein dans une carrière qui devait le porter vers un championnat plus important... Dix jours après son arrivée, il nous livre ses impressions. Sur l'AZ, le Standard et l'équipe nationale. Sébastien Pocognoli : Vu comme ça, évidemment... ( il rit) Je ne cherche pas d'excuses mais c'est vrai que je trouve l'ensemble du championnat des Pays-Bas plus attractif et plus gai. Et cela ne signifie pas que le championnat belge n'est pas plus dur. Du moins sur le terrain. Mais si on regarde les infrastructures, les conditions de jeu et l'atmosphère autour du championnat, il y a peut-être des choses à améliorer en Belgique. Pourtant, quand le Standard s'est présenté, j'ai mis cet aspect-là de côté et je me suis dit que j'évoluerais quand même une semaine sur deux dans un stade avec une ambiance particulière et réputée en Europe, et chaque jour dans des conditions exceptionnelles. Tout cela a fait pencher la balance du côté positif. Je ne me sentais pas encore assez prêt pour réaliser mon rêve qui est d'évoluer dans un tout grand club européen. Je viens au Standard pour continuer mon processus, pour m'aguerrir. C'est un club que je connais bien et, on peut dire ce que l'on veut, c'est plus facile pour s'intégrer. D'autant que la famille n'est pas très loin. Je ne pense pas que ce choix soit risqué car je suis serein par rapport à mon avenir. Je pense bien. Dire oui serait hypocrite. Mais je ne pars pas sur un échec. J'ai été champion avec Louis van Gaal comme titulaire indiscutable. Sans la faillite, j'aurais peut-être connu encore d'autres bons moments à Alkmaar. Le Standard s'est présenté au bon moment. Et puis je savais que Dick Advocaat - avec qui cela se passait bien - n'allait pas rester au-delà de juin, qu'il allait me falloir composer avec un nouvel entraîneur, dans un club à l'avenir financier incertain. Personne ne m'attendait en Belgique mais moi, dans ma tête, j'ai un plan. J'ai toujours en tête d'évoluer en Angleterre, par exemple. Mais d'abord, je dois essayer de m'imposer dans un Standard qui - pour moi qui vient de la région -, me tient à c£ur. Cela va me permettre de me surpasser. J'ai fait un choix de carrière mais dans quelques années, j'espère que tout le monde dira que c'était un bon choix. En quelque sorte. Je ne pense pas que Genk serait revenu. Le club a beaucoup changé aussi. Oui. Mon départ est sans doute celui qui a fait le moins de vagues. Je ne suis pas parti pour l'argent mais par facilité pour mes études. Si j'étais resté au Standard, je n'aurais pas pu continuer le foot-études car, à cette époque, il n'était pas encore très au point. Je l'avais testé un an et cela s'était très mal passé tant sur le plan footballistique que sur le plan scolaire. Et puis, c'était difficile de percer à cette époque-là. A Genk, il y avait une bonne culture de jeunes et on m'avait promis de me donner ma chance. Mais je savais que je reviendrais un jour à Sclessin car j'ai toujours conservé de bonnes relations avec Luciano D'Onofrio et Pierre François. ... j'ai été formé à Seraing. J'étais à fond Seraing mais contrairement à Liège, il n'y avait pas de culture anti-Standard même si quand on jouait contre eux, on se donnait à fond. L'équipe de l'époque comprenait Edmilson, Isaias, Wamberto et cela m'a donné envie. Puis, j'ai rejoint le Standard après la fusion. Comme jeune, j'avais un abonnement. Pour tous les petits, aller au stade tous les quinze jours constituait LE rendez-vous. C'était quelque chose de magique, surtout quand tu vois cela avec des yeux d'enfant. Je m'attendais à cette question. Ce sont des questions malsaines même si c'est tout à fait normal qu'on se les pose. Quand Advocaat est arrivé à l'AZ, et comme je ne faisais pas partie de ses premières sélections, il y avait déjà eu quelques sous-entendus. Certains avaient dit que je ne jouerais plus à l'AZ. Or, j'ai été titulaire à tous les matches qu'il a coachés. Et je savais qu'en quittant l'AZ, certains allaient insinuer que cela s'était mal passé avec lui. Je le redis : j'ai appris à le connaître et lui de même. Mais pas du tout, non plus, en sur-jouant au niveau relationnel. Juste en se côtoyant à table ou à l'entraînement. Et je peux dire que c'est un coach du top. Van Gaal avait mis la barre très haut mais Advocaat est dans la même catégorie. Cela se remarque à la passion qu'il transmet aux joueurs, à la façon dont il les pousse à se surpasser. Sur le terrain, tu retrouvais une bonne mentalité, l'envie de faire le mètre pour aider ton coéquipier. Tactiquement, il a du vécu. Et il vient de l'école hollandaise ! Sa prestance fait aussi que dans le vestiaire, tout est respecté. Il est très à cheval sur le règlement et la discipline. Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ? Il y avait des mauvais résultats et j'ai un caractère honnête. Parfois, j'ose dire les choses. Des choses qu'on n'a pas nécessairement envie d'entendre de la part de quelqu'un qui n'a été sélectionné que cinq fois. Et peut-être que cela n'a pas plu à certaines personnes. Oui car j'ai plutôt bonne presse. Je ne suis pas un manipulateur ni quelqu'un qui joue avec la presse. Honnêtement, j'ai été un peu refroidi par tout ce qui s'est passé dans la presse. Moi pas directement. Mais pour les personnes qui me connaissent, cela a dû être irritant. Cela me servira par la suite. Je ne vais pas devenir plus calculateur mais je fais moins confiance aux personnes que je ne connais pas du tout. Mes attentes portent d'abord sur le Standard, même si contrairement à ce qu'on a pu écrire je reste attaché à ce maillot de l'équipe nationale. Ce n'est pas un tirage très facile. Je redoute beaucoup les déplacements au Kazakhstan et en Azerbaïdjan. Surtout quand je vois que d'autres héritent de Saint-Marin ou d'Andorre. L'Allemagne est favorite mais je préfère jouer contre l'Allemagne que contre l'Espagne car au niveau des duels, on a du répondant avec des joueurs comme Marouane Fellaini, Jan Vertonghen, Vincent Kompany ou Daniel Van Buyten. Sans compter que Marc Wilmots connaît très bien le football allemand. L'Autriche, c'est un peu le même style que l'Allemagne mais un cran en dessous. La Turquie, on a pris quatre points sur six lors des derniers éliminatoires. Par contre, si tu ne prends qu'un point au Kazakhstan, ce ne sera pas bon car l'Allemagne, elle, va prendre les trois points. Et pour un groupe jeune, ce sont des matches pièges. ( il rit) Oui, c'est vrai. C'est difficile à dire car je viens d'arriver. Le vestiaire de l'AZ n'est pas identique à celui du Standard car il y a une différence de mentalité et de culture. Un club hollandais n'est pas un club belge. Moi, je me retrouve dans les deux vestiaires mais cela m'a pris deux jours pour me remettre dans le bain. Et je n'ai pas remarqué une mauvaise ambiance, même si j'ai vu que certains joueurs étaient déçus de ne pas jouer. Comme dans tous les clubs. Mais je n'ai pas senti de manque de volonté. Connaître les personnes. J'avais aussi attrapé la mentalité hollandaise, qui est de donner son avis. En arrivant, je me suis demandé si je devais me comporter de la sorte. J'ai dû observer et trouver un juste milieu. Car, il y a ce côté latin à Liège qui me fait du bien. Il y a des moments pour travailler et des moments pour rigoler. Moi, j'ai été un peu surpris. Comme je l'avais été quand Koeman avait été limogé à l'AZ. Ok, les résultats n'étaient pas bons mais avant la défaite à Genk, le Standard restait sur deux victoires. Je n'ai pas de commentaires à faire sur ses propos, même si, en une semaine et demie au club, je n'avais pas vraiment constaté ce qu'il disait. J'ai parlé une demi-heure avec lui pour voir ce qu'il attendait de moi. Cela se voit que c'est un connaisseur du football. Il a une manière de parler assez intéressante. Un peu sarcastique, à certains moments. Tu ne savais pas toujours où il voulait en venir mais moi, j'aime bien ce genre de personne. Certains joueurs comme Steven Defour ou Axel Witsel m'ont dit qu'ils avaient appris des choses sous sa conduite. Le changement d'entraîneur doit provoquer une prise de conscience et je m'en suis déjà rendu compte à l'entraînement. Une sixième place, ce n'est pas trop bon pour nos supporters. Il faut au moins leur montrer qu'on a envie de se faire mal. Les trois derniers matches s'apparentent à des finales. C'est possible d'atteindre les playoffs si la solidarité revient sur le terrain car on ne manque pas de qualités. A Genk, quand je voyais l'envie qui animait cette équipe de Genk, je n'ai jamais senti le Standard capable de la battre... Genk était plus agressif et se battait plus. C'est la base d'une victoire. Tous. Oui, c'est un grand entraîneur. Mais il n'est pas arrivé au bon moment à l'AZ. Succéder à van Gaal ne constituait pas un cadeau. Si l'AZ avait commencé une ère Koeman trois ans plus tôt, il aurait fait des résultats à l'AZ. Débarquer après un titre est toujours très difficile. Que ce soit pour un joueur ou un entraîneur. Et arriver après van Gaal qui est un entraîneur très strict à tous niveaux... Koeman était sévère mais moins que van Gaal et quand tu passes d'une discipline à une autre, tu te laisses un peu aller. Cela n'est pas la faute de Koeman mais il y a eu un petit laisser-aller chez les joueurs. J'en suis convaincu. van Gaal devait rester cinq ans. C'était le but. Le président voulait construire un truc à la Wenger. Avec van Gaal et sans la faillite, l'AZ disputerait chaque année la Ligue des Champions. Maintenant, le club doit trouver un sponsor solide et repartir avec une nouvelle base car il y a des joueurs qui comme moi sont à la fin de leur troisième année. Peut-être sont-ils à la fin d'un cycle ? Comme le Standard finalement parce que la structure du club demeure très bonne. Le directeur technique, Marcel Brands, est, par exemple, à la base de l'arrivée de toutes les bonnes recrues des dernières années.par stéphane vande velde - photos: reporters/ gouverneur"Chez les Diables, j'ai dit des choses qu'on n'a pas envie d'entendre de quelqu'un qui n'a été sélectionné que cinq fois."