"Pas un gramme de discipline. Rien dans le cerveau. Après le dernier match, je vais les assassiner. " Mons vient de s'incliner lamentablement sur la pelouse de Louvain, sans rien montrer, et file encore un peu plus vite vers la deuxième division. Le délégué du club se lâche devant la porte du vestiaire. Il est remonté comme un coucou, il a même quitté la zone neutre avant la fin du match, tellement il était dégoûté. Il donne un exemple précis, encore tout chaud, de ce manque de discipline : quand il a remplacé Thomas Chatelle à un quart d'heure de la fin, Richard Soumah s'est fait réprimander par un des arbitres parce qu'il portait des chaussettes blanches de tennis sous ses bas rouges. C'est interdit, ça figure clairement dans le règlement.
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"Pas un gramme de discipline. Rien dans le cerveau. Après le dernier match, je vais les assassiner. " Mons vient de s'incliner lamentablement sur la pelouse de Louvain, sans rien montrer, et file encore un peu plus vite vers la deuxième division. Le délégué du club se lâche devant la porte du vestiaire. Il est remonté comme un coucou, il a même quitté la zone neutre avant la fin du match, tellement il était dégoûté. Il donne un exemple précis, encore tout chaud, de ce manque de discipline : quand il a remplacé Thomas Chatelle à un quart d'heure de la fin, Richard Soumah s'est fait réprimander par un des arbitres parce qu'il portait des chaussettes blanches de tennis sous ses bas rouges. C'est interdit, ça figure clairement dans le règlement. Il a quand même pu monter au jeu, seulement, parce que c'était " déjà 2-0 ", lui a dit le quatrième arbitre. Si le match n'avait pas été déjà plié, il aurait dû enlever ses chaussettes blanches. Le délégué en remet une couche : " Avant le match, je dois leur avoir dit 25 fois qu'ils n'avaient pas le droit de porter des chaussettes d'une autre couleur. Mais il y en a qui se foutent de tout. Et ça ne date pas d'aujourd'hui. " Autre cible : Joachim Mununga. Absent à Louvain car blessé aux adducteurs, selon la version officielle. " Chaque fois qu'il y a un match décisif, il n'est pas là. Je le sentais, je prévoyais qu'il allait se blesser, soi-disant, au dernier moment. Déjà avant de venir à Mons, il a fait le coup dans d'autres clubs. On me l'a raconté au Beerschot. " Ambiance. Pendant que l'homme se lâche, Dimitri Mbuyu quitte l'espace vestiaires pour retourner au parking. Il a la tête basse, ne s'arrête pas. On lui demande ses impressions, il nous répond poliment qu'il ne dira rien. " Ça fait plusieurs semaines que je ne veux plus m'exprimer. Désolé. " Drôle de match, ce Louvain - Mons. Hyper important pour les Flamands, carrément crucial pour les Wallons. Si Mons chute à nouveau en D2, les conséquences pourraient être dramatiques pour des dizaines de personnes. Domenico Leone pourrait s'en aller, le club pourrait être mis en faillite, le stade ne serait probablement jamais terminé. Plusieurs joueurs risquent de voir leur carrière s'enfoncer, il y aurait des licenciements dans le personnel extra-sportif. Il y a donc des millions d'euros en jeu. La veille du match, on reçoit un mail du responsable presse d'OHL : " Monsieur, pour être certain et parce que ce n'est pas dans vos habitudes, pouvez-vous me confirmer que les quatre journalistes de votre magazine mentionnés ci-dessous viendront bien suivre le match OHL - Mons ce samedi ? " L'homme est étonné parce que ce match, tout le monde s'en fout un peu. Illustration. On prend le cahier sportif d'un quotidien de samedi. Le Standard monopolise les pages 1 à 5. Ensuite, il y a deux pages pleines sur Anderlecht. Après cela, une page est consacrée à Genk et Zulte Waregem, la suivante est réservée à Bruges qui a battu Lokeren la veille, puis c'est Charleroi qui est traité, et enfin Mons qui a aussi droit à sa page, mais ce n'est que la onzième du cahier des sports. On feuillette d'autres journaux, aussi bien flamands que francophones, et le topo est plus ou moins le même. Sur le web et en radio, les proportions sont semblables. C'est le match du déshonneur, la bataille des ratés de la saison, on s'en tape. Sur l'autoroute entre Bruxelles et Louvain, on aperçoit quelques voitures avec des écharpes de Genk, des supporters en route vers le Limbourg. Mais à l'approche du stade d'OHL, il n'y a toujours pas d'enthousiasme, ça roule et il fait très calme. C'est confirmé quand on s'installe dans le stade. Il était régulièrement sold-out ces derniers temps, mais pour ces PO3, il y a seulement 8.700 personnes. Et le match est sponsorisé par les exploitants des baraques à frites et à hamburgers installés autour du stade. Tout va bien, ça promet une soirée jet set. Mais mettez-vous à la place de Thomas Chatelle ou Logan Bailly ! Ils ont connu la lutte pour le titre, la Bundesliga, la Ligue des Champions, les Diables Rouges, et ils doivent aujourd'hui se motiver non pas pour un OHL - Mons mais peut-être pour cinq d'affilée - même six si on compte le duel de la dernière journée de phase classique ! Malheureusement pour Mons, on n'aura probablement pas cinq matches parce que la décision risque de tomber plus vite. Si on se base sur ce qu'on a vu samedi soir, l'Albert est mort. Voici les domaines capitaux dans lesquels OHL est plus fort, les " bonnes " raisons pour ne plus croire au miracle à Mons. Hargne. Louvain - Mons : 1-0. " Pour avoir une chance de s'en sortir, il faut gagner les duels puis proposer quelque chose ", dit Grégory Lorenzi après la défaite. " Le problème, c'est qu'on n'a même pas remporté les duels. " Flavien Le Postollec, forfait au dernier moment, fait un constat dur et lucide : " On n'a jamais donné l'impression qu'on jouait notre place en D1. Dès que le match a commencé, j'ai compris que ça n'allait rien donner. Pas d'envie, pas de grinta. " D'un côté, il y avait des types comme Ibou Sawaneh et Kenny Thompson. Le premier dégage 100.000 volts, l'autre est capable de redevenir une brute épaisse à tout moment. Dans l'équipe de Louvain, il y a peu de moutons, ce sont surtout des gars qui vont au combat. C'est frappant, même quand Bjorn Ruytinx n'est pas sur le terrain. A Mons, ça n'a rien à voir. Il n'y a personne pour secouer le groupe. Depuis le début de la saison, on voit une équipe en panne de leaders. Une phase précise observée le week-end dernier : quand Alessandro Cerigioni quitte le terrain pour être remplacé, le Montois Noé Dussenne lui tape gentiment dans la main. Puis il fait la même chose avec Ibou. C'est sympa mais ce n'est pas le moment de se faire des politesses. Dans une situation aussi critique, il faut plutôt impressionner l'adversaire. S'ils ont envie d'être copains, ils auront encore toute la vie pour l'être, mais seulement après ces PO3. Un Nicolas Timmermans, un Tim Matthys, un ArnorAngeli, un Thomas Chatelle, c'est intelligent, souriant, bien éduqué. Mais il faut aussi d'autres profils pour gagner les grandes batailles. Coaching. Louvain - Mons : 2-0. Autour du staff de Mons, certaines personnes affirment toujours que le licenciement d'EnzoScifo était une honte et qu'il n'aurait sans doute pas fait moins bien que Cedomir Janevski si on lui avait laissé du temps. Il y a eu quelques bonnes séquences avec Janevski à partir de décembre mais on n'a pas vu un vrai électrochoc, un changement spectaculaire qui se produit du jour au lendemain quand une équipe travaille avec un nouvel entraîneur. On ne peut pas parler d'une griffe Janevski à Mons. Par contre, Ivan Leko a directement mis sa marque sur OHL. La plus belle illustration a été la victoire contre Anderlecht. Janevski a expliqué samedi en fin de soirée qu'il croyait toujours au maintien, il a dédramatisé cette défaite, mais Leko semble plus frais, plus tonique, plus enthousiaste. Quand on a appris la suspension de Ruytinx pour le premier match, il a éteint le feu : " Il y a deux solutions, soit on pleure, son on travaille un plan B. " Il a choisi le plan B, Louvain a gagné facilement sans Ruytinx et Karel Geraerts. Tour final. Louvain - Mons : 3-0. Le vainqueur des PO3 doit gagner le tour final de D2 pour se sauver. On a l'impression que Louvain aurait sa chance parce qu'il faut savoir cogner pour écarter des équipes de deuxième division. Dans le combat physique, les gars de Leko se débrouillent bien. Par contre, le Mons qu'on a vu samedi se ferait vite croquer. Autre souci pour les deux équipes : les trois adversaires seront des gros morceaux, des clubs qui ont les moyens financiers pour monter. Il est fréquent qu'un ou deux participants au tour final le bâclent. L'année passée, c'était le White Star, en pleine tempête financière. Cette année, les trois équipes de D2 joueront leur chance à fond et elles seront choisies parmi Westerlo, Eupen, Saint-Trond et Mouscron. Rien que du lourd. Supporters. Louvain - Mons : 4-0. 8.724 personnes pour la première manche, combien pour la deuxième à Mons, le week-end prochain ? Peut-être trois fois moins. Le club fait ce qu'il peut pour recevoir du soutien. Par exemple, il a offert à ses supporters le déplacement en car à Louvain. Ils n'ont pas joué la meilleure partition de leur vie ! On peut comprendre leur " Bougez vos couilles " à l'adresse de leurs joueurs. On a déjà plus de mal avec les " Louvain, on t'encule. " Et on ne comprend pas du tout le jet d'un canif, après le match, vers les joueurs d'OHL qui faisaient un tour d'honneur. C'est étonnant parce que les Montois ont une réputation de supporters calmes. Peut-être trop calmes. En observant ceux de Louvain samedi, on a l'impression qu'un certain énervement peut porter ses fruits. Là-bas, tout le monde met de temps en temps de la pression sur l'arbitre : les joueurs, le public, même le soigneur quand il se retrouve sur le terrain pour soigner un bobo. Dans un match à domicile surtout, ça peut payer. Mais qui sera impressionné par les supporters de Mons lors du deuxième match s'il y a 3.000 personnes dans le stade, dont peut-être 500 de Louvain ? Ni les joueurs de Mons, ni ceux d'OHL, ni l'arbitre. " Il faut pourtant gagner parce que tout autre résultat nous mettrait dans une situation délicate ", dit Le Postollec. Bien vu. PAR PIERRE DANVOYE - PHOTOS : IMAGEGLOBE" Pas un gramme de discipline. Rien dans le cerveau. " Le délégué André Descamps " On n'a jamais donné l'impression qu'on jouait notre place en D1. " Flavien Le Postollec