En cours de saison dernière, il avait accepté d'assumer la responsabilité de l'équipe fanion de Malines en pleine tourmente. Il avait émis un v£u : voir sa fidélité récompensée par un poste similaire en D3. Ce souhait n'était certes pas exagéré, compte tenu de ce qu' Alex Czerniatynski (43 ans) et ses hommes venus de tous horizons avaient démontré au second tour.
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En cours de saison dernière, il avait accepté d'assumer la responsabilité de l'équipe fanion de Malines en pleine tourmente. Il avait émis un v£u : voir sa fidélité récompensée par un poste similaire en D3. Ce souhait n'était certes pas exagéré, compte tenu de ce qu' Alex Czerniatynski (43 ans) et ses hommes venus de tous horizons avaient démontré au second tour. Logiquement, il est resté entraîneur en chef du FC Malines en D3. Las, entré en fonction le 14 juillet, il a été rétrogradé au poste d'adjoint le 2 août. Six semaines plus tard, Czernia accepte toujours mal ce revirement, et surtout, les critiques qui l'ont accompagné : " C'était une réaction de panique, assortie de remarques de la même origine, mais je ne veux pas qu'on salisse ma réputation ". On a mis en cause l'absence de discipline et le manque d'entraînements tactiques, au bout de deux semaines de préparation : " Lorsqu'un entraînement était prévu à dix heures, je me trouvais au stade à huit heures. Parfois, nous entamions la séance avec dix minutes de retard : un joueur devait encore se faire masser, je discutais un peu avec mes joueurs. Durant toute ma carrière, j'ai connu ce phénomène ! Je sais rire, mettre de l'ambiance mais jamais je ne me laisse marcher sur les pieds ! Je suis alors le premier à rentrer dedans. De fait, je n'ai pas infligé d'amendes, ce système se retournant parfois contre vous. Ensuite, la tactique... Nos résultats n'étaient pas fantastiques, en effet, mais il faisait très chaud, nous jouions tous les deux ou trois jours, j'avais une douzaine de nouveaux joueurs et les attaquants n'étaient pas encore arrivés. Pour la deuxième fois en quelques mois, je devais reformer une équipe. On n'y arrive pas en deux semaines ! J'ai essayé divers systèmes. Une préparation n'est-elle pas faite pour ça ?" Sans discussion préalable ni avertissement, Czernia a été relégué au rang d'adjoint, ZivickaKanacki assumant la théorie et les sélections : " Je sais qu'en signant son contrat, un entraîneur a déjà un pied dehors. J'aurais pu accepter pareille décision après quatre ou cinq mois, pas après deux semaines. Le club m'a affirmé qu'il me mettait juste sur la touche pour me protéger. Jamais auparavant on ne m'avait suggéré de faire telle ou telle chose autrement. Malines sait que je suis déçu. Il est clair que mon ambition est de redevenir entraîneur principal ". Les deux hommes sont théoriquement sur pied d'égalité, à l'entraînement du moins. Sinon, Alex se morfond de ne pouvoir dispenser de théorie et sur le banc, il enrage de rester assis pendant une heure et demie, sans rien pouvoir entreprendre. Toutefois, il ne se décourage pas et il reste positif : " D'une part, j'ai connu beaucoup de moments difficiles dans ma carrière, déjà comme joueur. Il se passe toujours quelque chose avec Czernia ! Il s'avère que ma reconversion se calque sur les hauts et les bas que j'ai vécus comme joueur. Mais je suis toujours revenu, en me battant. Je ne le dois qu'à moi-même et à ma famille. Il en ira de même cette fois. D'autre part, il n'est pas question de saboter Malines pour évincer Kanacki ".S Redevenir entraîneur en chef. C'est le leitmotiv de Czernia. " La saison passée, Malines, c'était Dallas. Tout était noir. Nous avons pris 11 points en 17 matches, sans compter les huit premières joutes, car mes gamins n'étaient pas préparés. Surtout, nous avons rendu une vision positive de Malines. (Il observe une pause). J'ai la certitude de redevenir entraîneur principal ici. J'ai ma vision du football et je veux l'appliquer. Ailleurs ? Jusqu'en juin prochain, je ne penserai qu'à Malines. Si je devais partir, mes dirigeants en seraient les premiers informés. Mon objectif immédiat n'est cependant pas de partir mais de prouver que certains se sont trompés. Un joueur placé dans le noyau B a encore la possibilité de faire ses preuves. Pas un entraîneur ". La situation est étrange. Durant les matches, les supporters, qui sont près de 6.000 (ce qui constitue un record pour la D3) scandent le nom de Czernia. Les joueurs, auxquels celui-ci sert d'intermédiaire lorsqu'ils sont francophones, Kanacki ne maîtrisant pas la langue de Voltaire, ont senti à quel point il supportait mal son éviction. Kanacki lui-même a avoué son malaise. " Il n'y a aucun problème entre nous. Il a accepté le poste qu'on lui proposait, c'est tout ", rassure Czernia. Le FC Malines est dans une situation délicate. Il a entamé le championnat avec une pénalité de neuf unités, réparties en trois tranches, ce qui le handicapera également dans le gain éventuel d'une période. Or, son objectif est clair : monter en D2 le plus vite possible. Contrairement à la saison passée, il est lesté de solides obligations, synonymes de pression. Par-dessus le marché, l'équipe a raté son départ, ne prenant qu'un point lors des deux premiers matches. Avec û8 points, Malines était à 14 points du leader. Czernia ne s'en réjouit pas, alors que cette situation pourrait se retourner à son avantage. Non, il se préoccupe pour son club : " Schoten a commencé la saison passée avec 12 points de pénalité. A chaque tranche, il lui a manqué un point. En fin de parcours, il a été relégué, à une unité près... Nous devons revenir en positif le plus vite possible. Etre champion sera très difficile. Accrocher une tranche me semble plus réaliste. Quoi qu'il en soit, le KVM doit se trouver entre la dixième et la 14e place au terme de la première tranche. Nous devons gagner, le plus vite possible, quatre matches pour émerger du groupe des équipes qui n'ont pas encore de point et nous donner un peu d'air. Ce solde négatif a un effet pervers sur les joueurs et plus la situation s'éternisera, plus elle sera oppressante. Nous espérions effacer cette sanction en cinq semaines. Il faudra un peu plus de temps ". Pas trop, car les supporters s'impatientent et leur fidélité mérite le plus grand respect, aux yeux de Czernia.