COACH Oscar Ramirez (CRC)

Vous avez participé au Mondial italien de 1990, comme joueur. Appliquez-vous certains aspects prônés par votre sélectionneur d'alors, Bora Milutinovic ?
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Vous avez participé au Mondial italien de 1990, comme joueur. Appliquez-vous certains aspects prônés par votre sélectionneur d'alors, Bora Milutinovic ? OSCAR RAMIREZ : Le football est différent mais certains aspects sont restés. Bora disait toujours que nous étions les ambassadeurs du Costa Rica et que si nous faisons quelque chose de travers en Italie, ce serait mauvais pour l'image du pays. À l'inverse, si nous étions bons, ce serait positif pour le Costa Rica. J'ai appris que nous étions un symbole du pays. Vous avez raconté à ESPN qu'à l'époque vous aviez dû chercher des places dans un hôtel quand vous avez atteint le deuxième tour, rien n'ayant été préparé ni réservé. Le football costaricien a-t-il fait des progrès en organisation et en préparation ? RAMIREZ : Beaucoup. Avant, nous avions des manquements mais Bora résolvait beaucoup de problèmes. Avant un match, nous avions peur de trop glisser avec nos chaussures. Bora nous en a acheté de nouvelles. Nous n'avions alors qu'une ou deux paires alors que les joueurs actuels en ont cinq. Vous étiez déjà versés dans une poule avec le Brésil et deux formations européennes... RAMIREZ : Il y a en effet des parallèles. Nous avons débuté par une victoire contre l'Écosse, nous avons perdu contre le Brésil et notre victoire face à la Suède nous a classés deuxièmes. Une formidable prestation pour un débutant. Le Costa Rica a poursuivi sa progression mais plus encore que le Mondial 1990, c'est l'édition 2014 qui constitue notre référence : nous n'avons été éliminés qu'en quart de finale, par les Pays-Bas, aux tirs au but. Vous pensez au Mondial 24 heures sur 24 ? RAMIREZ : Non, j'ai appris à me détendre un peu et à profiter de ces instants de paix. Le Mondial ne me quitte quand même pas. Par exemple, aujourd'hui, je me suis éveillé avec une idée, quelque chose que j'ai vu sur une vidéo. J'ai immédiatement téléphoné à mes adjoints pour que nous analysions les images ensemble. Qu'emporterez-vous dans vos bagages ? RAMIREZ : Je suis très porté sur le spirituel et le matin, j'aime lire des textes bibliques. Je m'adresse aussi au seigneur pour qu'il m'aide car j'ai appris que quand ça ne va pas trop bien, il me guide. Ce sera nécessaire, dans une poule avec le Brésil, la Serbie et la Suisse. RAMIREZ : Ce sont de bonnes équipes, techniques et modernes. Ce sera difficile mais nous ferons notre boulot. Nous possédons en Keylor Navas un des meilleurs gardiens du monde. Il nous tranquillise. La défense détient la clef du succès. Ensuite, contrairement à certaines formations qui dépendent d'un seul joueur, nous en possédons plusieurs qui sont capables de marquer. Comme Bryan Ruiz et Celso Borges : ils trouvent toujours une brèche sans négliger leurs tâches défensives. Ce groupe est convaincu de pouvoir rééditer sa performance d'il y a quatre ans. Journaliste au quotidien costaricien Diario Extra " Il sera très difficile pour le Costa Rica d'égaler sa prestation de 2014, quand il a été éliminé par les Pays-Bas en quarts de finale. Maintenant, il subit plus de pression. Il y a quatre ans, passer le premier tour était déjà bien mais maintenant, c'est une obligation. Ça pourrait se retourner contre l'équipe. Le sélectionneur Oscar Ramirez étudie beaucoup le football. Il est très précis, calculateur et a le souci du détail. Il connaît certainement ses adversaires du premier tour jusque dans les moindres détails. Pourtant, il est très critiqué au pays parce qu'il procède très défensivement, en 5-4-1. On lui reproche de ne jouer que le résultat. Bryan Ruiz, Randall Azofeifa et Oscar Duarte, les trois " Belges " de la sélection, sont surtout importants pour leur expérience. Au Mondial 1990, le premier du Costa Rica, la sélection était composée de joueurs qui n'avaient encore jamais quitté le pays alors que maintenant, ils ont presque tous de l'expérience internationale. Celso Borges et Ruiz doivent faire la différence. Ruiz est en fin de contrat au Sporting Portugal. Le Mondial constitue donc une vitrine idéale pour lui. " Une chose est certaine : Joel Campbell est encore frais. L'avant costaricien de 25 ans du Real Betis a passé la majeure partie de la saison à l'infirmerie. Il n'a disputé que 209 minutes de jeu en championnat mais a marqué deux buts et délivré un assist. Campbell appartient toujours à Arsenal, qui l'a déniché en 2011 à Puntarenas, au Costa Rica. Depuis, il loue le joueur à un autre club chaque saison. Il n'a fait impression nulle part, sauf à l'Olympiacos en 2013-2014. Campbell espère séduire Unai Emery, le nouvel entraîneur d'Arsenal, pendant la Coupe du Monde. Encore faudrait-il que l'attaquant, normalement rapide, ait suffisamment de rythme. Il est en tout cas une valeur sûre en équipe nationale. Il en est à 76 sélections et 14 buts. À l'issue du tournoi, une série de footballeurs plus âgés prendront leur retraite et on attend de lui qu'il prenne le commandement. Le nombre de kilos de riz et de haricots que le Costa Rica a envoyé la semaine passée au camp de base de l'équipe nationale à Saint-Pétersbourg. En effet, pas question de priver les joueurs de Gallo pinto, un plat typique. Bon appétit ! Le Costa Rica a terminé deuxième derrière le Mexique mais devant le Panama en CONCACAF. Los Ticos n'ont perdu que deux de leurs dix matches de qualification : au Mexique (2-0) et au Panama (2-1). Les trois premiers étaient automatiquement qualifiés. Le Costa Rica a aligné un Borges dans les cinq Coupes du Monde auxquelles il a participé : Alexandre Borges Guimaraes a joué en 1990 et était sélectionneur en 2002 et 2006. Son fils Celso Borges (30 ans) était repris en 2014 et est toujours titulaire. Celso n'a pas encore d'enfant. Il est même toujours célibataire. C'est la troisième fois que le Costa Rica est versé dans la poule du Brésil. Il a été battu 1-0 en 1990 et 5-2 en 2002.