COACH SHIN TAE-YONG (KOR)

Son Heung-min, votre principal joueur, reste sur une longue et pénible saison avec Tottenham Hotspur. Vous ne craignez pas qu'il soit épuisé à l'entame du tournoi ?
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Son Heung-min, votre principal joueur, reste sur une longue et pénible saison avec Tottenham Hotspur. Vous ne craignez pas qu'il soit épuisé à l'entame du tournoi ? SHIN TAE-YONG : Nous essayons de reproduire le 4-4-2 de Tottenham en équipe nationale. C'est dans ce système qu'il se sent le mieux. Son s'est souvent trouvé en position de marquer la saison écoulée parce qu'à Londres, il est entouré de brillants joueurs : Harry Kane, Dele Alli, Christian Eriksen... J'espère qu'il va atteindre le même niveau qu'à Tottenham mais votre crainte est fondée. Il se pourrait qu'il manque de fraîcheur pendant le tournoi. Aucun joueur ne peut conserver son niveau pendant dix mois de sorte que Son sera sans doute fatigué, physiquement et mentalement, à la mi-juin. D'autres joueurs sont-ils confrontés au même problème ? TAE-YONG : Pas ceux qui évoluent au Japon ou en Corée du Sud car ces championnats ne sont qu'à mi-parcours. Nos internationaux européens sont manifestement moins frais et il nous a été difficile de donner la même charge de travail à tout le monde pendant la préparation. Certains ont dû lever le pied mais fin mars, j'ai eu plaisir à les voir tous se battre contre la Pologne, en match amical. Nous avons même marqué deux buts, contre un adversaire qui était physiquement plus costaud. (La Pologne s'est imposée 3-2, ndlr.) Nos joueurs ne renoncent jamais. Que pensez-vous de votre poule ? TAE-YONG : Nous analyserons l'Allemagne en détails qu'après ses deux premiers matches en Russie. Nous nous concentrons sur nos matches contre la Suède et le Mexique. Nos analyses ont été très approfondies. Nous avons étudié leur style de jeu comme les qualités individuelles des joueurs. Nous n'avons pas eu de grosses surprises car un Mondial réunit les meilleurs. C'est à nous de montrer notre valeur. Personne au pays ne sera content si nous perdons nos trois matches. La barre est placée haut car même dans le pire scénario, auquel je ne veux pas penser, les supporters veulent que les joueurs se livrent à fond et jouent pour l'équipe. On a confisqué les smartphones des joueuses de l'équipe sud-coréenne de curling pendant les Jeux Olympiques. Vous irez aussi loin ? TAE-YONG : Je ne pense pas qu'elles doivent leur médaille d'argent à cette mesure. Elles ont surtout tiré profit du fait qu'elles jouaient à domicile et que les matches se succédaient rapidement. Les footballeurs seront longtemps loin de chez eux et ils voudront pouvoir rester en contact avec leur famille, d'une façon ou d'une autre. Je crois d'ailleurs qu'ils préfèrent leurs smartphones à leur entraîneur ! (Rires)Journaliste au Korean Times " Il est difficile de dire si cette Corée du Sud est plus forte qu'en 2014 car elle était en-dessous de son niveau au Brésil. Elle a une marge de progression. L'absence de Kwon Chang-hoon à droite est une lourde perte car nous n'avons pas de remplaçant direct. Son Heung-min, Ki Sung-yueng et Lee Jae-sung sont également capables de faire la différence mais il faut que d'autres joueurs se manifestent. Peut-être sera-ce Lee Seung-woo. La Corée du Sud est rapide et redoutable en contre. Dans un bon jour, elle peut poser problème à des adversaires qui ne s'adaptent pas à elle. Autre point positif, elle joue sans pression puisque personne ne s'attend à ce qu'elle se qualifie pour le tour suivant. La défense constitue le point faible. Elle a des problèmes d'organisation depuis longtemps, elle manque de concentration et commet des fautes individuelles. Le sélectionneur Shin Tae-yong a un faible pour les attaquants et ses choix sont imprévisibles mais il se pourrait qu'il soit plus prudent en Russie. De toute façon, je ne pense pas que la Corée ait plus de 20 % de chances de franchir le premier tour. Elle peut réaliser un résultat contre le Mexique et la Suède mais à condition que tous les joueurs soient vraiment au top. " La grande star, c'est Son Heung-min, l'avant pour lequel Tottenham a versé 30 millions à Leverkusen en 2015. Le joueur qui monte en puissance, c'est Kwon Chang-hoon (23 ans), le médian droit de Dijon. Malheureusement, il s'est blessé au tendon d'Achille en mai, ce qui lui coûte le Mondial. Lee Seung-Woo (20 ans) est la surprise de la sélection. Le Messi asiatique a été formé à La Masia dès les U13, avec une interruption de quelques années, le Barça ayant enfreint les règles de la FIFA. L'été dernier, il a été vendu au Hellas Vérone, à la condition d'être revendu endéans les deux ans. Il vient à peine de passer le bout du nez à la fenêtre en marquant son premier but en Italie en mai mais ça n'a pas empêché Shin Tae-yong de le reprendre dans sa liste et même de déclarer qu'il le titulariserait probablement. Le sélectionneur coréen a joint les actes aux paroles en le titularisant dans le match amical contre le Honduras. Lee a convaincu tout le monde par ses actions rapides sur le flanc gauche. Outre l'étoile montante Kwon Chang-hoon, deux autres joueurs de valeur se sont blessés et ont dû déclarer forfait pour le Mondial : l'attaquant Lee Keun-ho, très complémentaire de Son Heung-min, et le jeune et excellent défenseur Kim Min-jae. L'adjoint Toni Grande (70 ans), un ancien joueur du Real Madrid, a été champion du monde 2010 avec l'Espagne, en tant qu'adjoint de Vicente del Bosque. Il apporte son expérience internationale et son immense bagage au staff sud-coréen. Shin Tae-yong est surnommé le Mourinho asiatique. La fédération sud-coréenne de football a limogé son sélectionneur, Uli Stieleke, il y a un an, après un revers 3-2 au Qatar. C'était la troisième défaite coréenne en qualifications et elle a commencé à paniquer. Shin Tae-yong a obtenu deux nuls blancs, contre l'Iran, le premier de la poule, et le troisième, l'Ouzbékistan. L'ancien international allemand Stielieke rate donc l'occasion d'affronter la Mannschaft au premier tour de l'EURO.