LE JEU DE GRANDS ESPOIRS

En quatre participations, la Corée du Sud n'avait pas gagné un seul match. Il y a quatre ans, elle a atteint les demi-finales, battant la Pologne, le Portugal, l'Italie et l'Espagne pour s'incliner face à l'Allemagne. Ce succès a provoqué une telle fièvre qu'on a cru que le football allait détrôner le baseball. Les joueurs de la K-League sont devenus des héros mais quelques mois plus tard, des décisions arbitrales douteuses et un jeu trop agressif ont discrédité le football. Il n'...

En quatre participations, la Corée du Sud n'avait pas gagné un seul match. Il y a quatre ans, elle a atteint les demi-finales, battant la Pologne, le Portugal, l'Italie et l'Espagne pour s'incliner face à l'Allemagne. Ce succès a provoqué une telle fièvre qu'on a cru que le football allait détrôner le baseball. Les joueurs de la K-League sont devenus des héros mais quelques mois plus tard, des décisions arbitrales douteuses et un jeu trop agressif ont discrédité le football. Il n'empêche : les Coréens espèrent beaucoup de leur équipe nationale en Allemagne. La qualification a été pénible. La Corée a concédé des nuls contre les Maldives et le Liban, a perdu ses deux matches contre l'Arabie Saoudite. Elle a finalement terminé deuxième derrière celle-ci. Les postes-clefs sont occupés par les mêmes footballeurs qu'il y a quatre ans mais la phalange n'a plus la même harmonie. Les Coréens pourchassent toujours leurs adversaires aux quatre coins de la pelouse mais leur jeu est moins compact. L'attaque est faible et l'équipe peine à revenir à la marque. Lee Dong Gook est souvent trop esseulé en attaque, tandis que Cha Du Ri et Ahn Jung Hwan ont besoin de nombreuses occasions pour marquer. Dans l'entrejeu, ParkJi-Sung (Manchester United) et Lee Young Pyo (Totenham), les mercenaires anglais, tentent de lier le jeu. H umberto Coelho et Jo Bonfrère ont tenté, en vain, de faire oublier Guus Hiddink. Désormais c'est au tour de son compatriote Dick Advocaat, nommé en octobre dernier, alors que la qualification était assurée. Il est le troisième Néerlandais à diriger la Corée du Sud mais sa mission n'est pas facile, d'autant que la presse coréenne est impitoyable. Le Petit général, ancien élève de Rinus Michels, est autoritaire et veut développer un jeu dominateur. Il n'a guère eu de temps pour façonner l'équipe comme il le souhaitait mais il a remporté ses premières joutes amicales, contre la Croatie et la Finlande. Il est considéré comme le meilleur joueur coréen. Le Ballon d'oxygène, comme on le surnomme, doit son succès à une énergie hors du commun. Quelques mois après le Mondial 2002, Guus Hiddink l'a transféré au PSV. Son technicien, qui évoluait alors au Japon, s'est aisément coulé dans le style de jeu batave, a remporté deux titres et a échoué de justesse en demi-finales de la Ligue des Champions contre l'AC Milan. Park Ji Sung a été transféré l'été dernier à Manchester United, où il se tire très bien d'affaire en attendant de briller vu que son prénom signifie... étoile sage.