Tous les regards du Centre et la région de Mons étaient tournés vers le Tivoli, samedi passé, ou un ex-dieu de la Juventus, Sergio Brio, a entamé son règne en tant qu'entraîneur des Dragons. Quel événement pour les nombreux amateurs de football d'origine italienne qui ne jurent que par le Calcio.
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Tous les regards du Centre et la région de Mons étaient tournés vers le Tivoli, samedi passé, ou un ex-dieu de la Juventus, Sergio Brio, a entamé son règne en tant qu'entraîneur des Dragons. Quel événement pour les nombreux amateurs de football d'origine italienne qui ne jurent que par le Calcio. Les Loups sont présidés avec succès par un fils d'immigrés de la Botte : Filippo Gaone. L'Albert a confié le pouvoir à un grand patron italien qui a fait son chemin en Belgique, Dominique Leone. Et c'est ce dernier qui a attiré Sergio Brio à Mons. Plus loin, à Charleroi, le coach, Dante Brogno a des racines en Italie. De l'autre côté du bassin sidérurgique wallon, le boss du Standard, Luciano D'Onofrio, a ses entrées à la Juventus et dans les grands clubs du Calcio. Son frère, Dominique, entraîneur des Rouches, se souvient du départ de sa famille d'Italie afin de venir travailler en Belgique dans le charbon, après la guerre. Sur la feuille d'arbitre de La Louvière-Mons, il y avait Silvio Proto d'un côté, Marco Casto de l'autre. Des artistes comme ceux qui représentent l'art italien, vedette du 1er octobre au 15 février, en Belgique, du festival Europalia. Pour beaucoup, le football transalpin est quasiment comparable aux trésors des musées de Rome, de Naples, de Pompei, de Venise... Et les stades du Calcio ne se transforment-ils d'ailleurs pas en immenses toiles quand les tifosi prennent leurs pinceaux et font appel à leurs imaginations afin de célébrer leurs idoles ? Le dimanche, en Italie, il y a la messe et le football. En Belgique, tous les Italiens, de la première génération d'immigrés ou pas, se passionnent pour un club de Serie A et tous les week-ends, des autocars emmènent les plus mordus d'entre eux afin d'assister aux fêtes du Calcio. Ils dévorent la presse italienne, n'ont d'yeux que pour les télés et d'oreilles pour les radios italiennes. Paradoxalement pour eux, le football italien a été un formidable atout dans l'intégration pour des milliers de bras venus gagner leur croûte dans les usines et les mines belges. " Le football et le cyclisme, c'était quelque chose ", avance Dominique D'Onofrio. A la fin des années 40 et au début de la décennie suivante, le sport cycliste est placé sous le signe de la lutte entre deux champions italiens de légende : Fausto Coppi et GinoBartali. Le premier innovait et modernisait sa discipline, notamment au niveau des techniques d'entraînement et de la diététique. Gino-le-Pieux représentait plus l'Italie profonde, catholique jusqu'au bout de son âme. Les tifosi étaient pour Coppi ou pour Bartali mais ils respectaient leurs réussites et exploits respectifs, preuves pour les immigrés italiens, dont le départ de la terre natale sans travail et avenir pour eux avait un goût amer, qu'on pouvait réussir ailleurs. Pino Cerami s'inspira de leur exemple afin de devenir un champion mixte, aussi fier de ses origines italiennes que de son attachement à sa deuxième patrie. " A Ans, nous organisions beaucoup de matches entre quartiers, que ce soit sur la rue ou dans des prairies ", se souvient Dominique D'Onofrio. " C'était parfois Italie-Belgique ou Italie-Reste du Monde. On nous appelait les macaronis. Avec le recul, j'en ris. Cela provoquait parfois des tensions mais rien de grave. Les macaronis adoraient le football et chaque équipe en voulait un ou plusieurs dans son équipe. Le talent n'a pas de frontières. C'était le début de l'intégration. Durant ma jeunesse, l'Inter d' Helenio Herrera avait imposé le catenaccio. Le football défensif - ou du moins organisé à la récupération - était devenu un art. L'AC Milan de Gianni Rivera voyait les choses autrement, plus offensivement. Le Calcio était un véritable laboratoire tactique. C'était déjà à qui se montrerait le plus intelligent, en fonction de ses moyens, pour gagner le match. Mais derrière cette ruse se cachait déjà beaucoup de travail. Si je devais importer quelque chose du Calcio en Belgique, ce serait l'immense professionnalisme de ses joueurs. Beaucoup sont très doués techniquement mais ils savent que ce n'est pas suffisant. Personne n'y rechigne quand un entraînement est interminable et exige de répéter sans cesse des phases. Les mises au vert ne font pas tiquer et la préparation d'avant- saison peut exiger un long séjour. Il faut rechercher les succès du foot italien dans cette attitude ". De la jeunesse de Dominique D'Onofrio à 2003, le temps a passé. Beaucoup de joueurs d'origine italienne ont percé en D1, surtout dans le Limbourg et dans le bassin industriel wallon. Les terrains leur permirent parfois d'oublier le racisme, leurs conditions de travail et de logement, la catastrophe minière du Bois du Cazier, à Marcinelle, où tant de gueules noires italiennes trouvèrent la mort en 1956. Plus tard, Enzo Scifo devint un des plus beaux fleurons de l'immigration italienne. Sa réussite est à ranger à côté de celle de Gaone et Leone, devenus des dirigeants en vue. Le patron de La Louvière adore le football. C'est sa passion, son défi permanent mis au service d'un club qu'il projeta de la D3 à la Coupe de l'UEFA. Dès qu'il en a le temps, Gaone se rend à l'étranger afin de suivre de grands matches de football. De préférence en Italie : " Je vais aussi en Angleterre, par exemple, mais, en général, pour ne pas dire toujours, il faut des joueurs italiens au programme, sinon cela manque de sel. J'adore me rendre à Milan. Il me semble parfois que je redécouvre la passion pour le football en Italie. Elle ne se limite pas du tout aux 90 minutes du match. Le tifoso vit pour son club durant toute la semaine, presque 24 heures sur 24. J'admire ce qui se passe autour des stades. Des villes se mobilisent pour leurs couleurs. Chacun participe à la fête et est fier de son club et de sa cité. Je ne retrouve pas cela en Belgique, à une exception près : le Standard. Les Liégeois se plaignent parfois de la rage de leurs supporters. C'est une richesse et les tifos des fans du Standard me font penser à ce qu'on voit en Italie. Sclessin, c'est un peu le Calcio. Quand La Louvière s'est qualifiée pour la finale de la Coupe de Belgique, il y a eu un regain d'intérêt populaire mais je m'attendais à voir des façades de maisons peintes aux couleurs du club. Ce ne fut pas le cas. En Italie, quand une petite ville vit un tel honneur, c'est la folie. J'aimerais retrouver cette frénésie en Belgique. Ici, si une petite équipe signe un exploit, on se demande pourquoi son adversaire huppé a échoué. En Italie, on s'emballe pour les sans-grade en cas d'exploit. Je ne dis pas qu'il y a 30.000 entraîneurs dans chaque stade mais le tifoso aime imaginer ou refaire le match. Tout le monde a un avis. En Angleterre, j'ai vu beaucoup de spectateurs trop saouls pour regarder le match. Pour moi, c'est incompréhensible. En Italie, il y a de la violence dans certains stades mais, en général, le tifoso ne boit pas. Il sirote une tasse de café avant et après le match car il veut prévoir, comprendre et analyser les phases de jeu. Le football est aussi un immense business. Cela peut déranger car le foot n'est alors pas nécessairement au centre du débat... Je n'aime pas le business à la Real Madrid. On achète des cracks d'abord pour faire tourner la machine économique qui entoure le club. Cela marche pour le moment sur le terrain, tant mieux, mais c'est dangereux car à la longue, le sport ne sera plus que du marketing, un prétexte pour lancer des tas de produits. En Italie, la passion est plus forte que tout. Je sais qu'il faut des moyens pour financer les équipes. Les médias et l'industrie soutiennent évidemment le Calcio. C'est un tourbillon. Les Italiens adorent les pronostics car ils peuvent en parler durant des jours entre eux. En Belgique, les paris ne génèrent pas la même passion ". Avant que Franco Dragone n'offre un feu d'artifice samedi passé aux spectateurs réunis au Tivoli, l'Albert du président Leone avait décroché le match nul de l'espoir. L'homme d'affaires montois a découvert le football à...30 ans. Ces derniers jours, il a pris le taureau par les cornes. Exit Marc Grosjean remplacé la semaine passée par Brio. Leone ne cache pas que le Calcio est sa grande source d'inspiration : " Quand on veut voir ce qu'il y a de mieux en basket, on se tourne vers les Etats-Unis ", dit-il. " C'est là que ça se passe et qu'on voit les derniers progrès. Le Calcio, c'est la NBA du football. Je ne vois pas pourquoi on ne pourrait pas aller y chercher des méthodes de travail. Ce qui donne de bons résultats en Italie doit en faire de même en Belgique. En Italie, il n'y a pas de secrets, c'est d'abord le travail qui paye. Il y a des mois que Mons est victime de carences à ce point de vue. Je me suis rendu plusieurs fois à Palerme, en Série B, et je me suis rendu compte que les joueurs y travaillaient beaucoup plus, et mieux, que ceux de l'Albert. Mon impression s'est concrétisée sur le terrain. Les Montois n'étaient physiquement plus à la hauteur de leurs ambitions en D1. Je souhaite bonne chance à Marc Grosjean et à Dominique Cuvelier pour la suite de leur carrière mais je ne pouvais plus continuer avec eux. J'ai vite fait le bilan de Grosjean. Ce n'est pas lui qui a projeté Mons en D1. Il a coaché les Dragons durant le tour final mais c'est Michel Wintacq qui les a menés jusque-là avant d'être écarté. La saison passée, Mons a parfois été euphorique, certes, mais a surtout tiré profit de la qualité hésitante du championnat et des problèmes financiers de Malines et de Lommel. Cédric Roussel a été l'arbre qui cachait la forêt de problèmes. Nous foncions droit dans le décor. Je suis sûr d'avoir fait le bon choix en optant pour Brio. Le ton a déjà changé. Les joueurs ont enfin retroussé leurs manches, ils travaillent beaucoup plus, répètent leurs gammes, mangent et se reposent ensemble. Avant, ils s'égayaient au plus vite après leur courte journée. Maintenant, tout est réglé dans les détails. La différence est visible et ce n'est qu'un début. Je vois enfin un bloc. Je me rendrai encore souvent en Italie pour copier et je ne vois pas où est le problème. Je visiterai notamment l'AC Milan pour avoir des idées, des méthodes de travail. Je m'intéresserai aussi à leur gestion financière. Et, à l'avenir, il n'est pas exclu que nous transférions des joueurs italiens. En Série B, il y a beaucoup de talents qui rendraient des services au football belge. Le Calcio m'inspire donc beaucoup ". " Une star du Calcio remplirait les stades belges " Mais le modèle italien est-il exportable en Belgique ? L'ex-joueur du Sporting de Charleroi Georget Bertoncello n'hésite pas une seconde : " Il faut tout prendre car dans le Calcio, tout est bon : tactique, technique, finances, diététique. Et la presse entretient bien ce climat passionnel. Je ne connais pas un Italien qui ne lise pas la rubrique football de son quotidien. Les femmes y trouvent leur compte car le Calcio fait partie de la jet-set et les stars de tous poils s'intéressent au football. Les footballeurs sont beaux, lancent des modes, défilent pour les grands couturiers. L'élégance, ils connaissent, et c'est valorisant pour eux, pour leur club. La barbichette, le bouc, les barbes en collier, les tatouages, cela vient d'Italie. Les joueurs ont compris que cela leur permet d'être identifiés plus facilement par le public et les médias. Les clubs belges n'ont jamais transféré de grands joueurs italiens. C'est une erreur. A Charleroi, une star du Calcio remplirait le stade. Ce serait un fameux placement. Mons a bien compris : Sergio Brio va réussir et donner une autre dimension aux Dragons. J'aime bien les joueurs africains mais on ne s'identifie pas à eux ". Dominique D'Onofrio et Filippo Gaone sont plus hésitants. Peut-on importer un modèle étranger ou comparer les mentalités ? Ne faudra-t-il pas une période de transition ? En Italie, le coach est le maître. Les joueurs doivent leur obéir le doigt sur la couture du pantalon. Marco v an Basten en personne s'en était rendu compte à l'AC Milan. Ecartée par Arigo Sacchi, la star hollandaise fit part de sa colère à Silvio Berlusconi. La réponse du duce lombard fusa : " Mon cher, je peux t'écouter et te comprendre, mais je n'interviens pas dans le travail du coach, c'est son domaine. Je n'ai qu'un pouvoir : on se sépare d'un coach quand les résultats ne sont pas bons ". Et Van Basten reprit le chemin de la tribune en attendant des joueurs meilleurs. Leone devra imiter cet exemple car Brio est exigeant avec ses joueurs. Au Tivoli, il les a poussés, enguirlandés, apostrophés, etc. Typiquement latin mais, en général, le joueur belge, plus réservé, n'aimant pas les critiques, n'apprécie pas de telles méthodes. Brio doit le savoir afin d'éviter des problèmes relationnels avec des joueurs moins doués que ceux qu'il a fréquentés en Italie. Certes, Brio n'a jamais été entraîneur en chef mais, pour Dominique Leone, cela ne veut rien dire vu son passé de joueur à la Juventus et d'adjoint de Giovanni Trapattoni. Il a embêté La Louvière en l'obligeant à prendre le jeu à son compte. Or, les Loups n'aiment pas le faire, surtout pas à domicile. Enzo Scifo est parti très jeune d'Anderlecht pour découvrir le Calcio à l'Inter et revint en Italie (Torino) après ses crochets à Bordeaux et à Auxerre. " La tactique, c'est la base de tout en Italie ", dit-il. " Il faut l'intégrer de A à Z et être capable de lire celle de l'adversaire afin d'exploiter la moindre faille. Le joueur belge est doué tactiquement et les coaches d'ici sont de bons organisateurs. Mais cela n'a rien de commun avec ce qui se passe en Italie. Ici, c'est encore empirique alors que le travail tactique est quasiment scientifique en Italie. Tout est décortiqué et on connaît tout à propos des adversaires : le tacle et le jeu de tête d'un défenseur, la façon de dribbler d'un attaquant, le style d'un gardien, etc. Les entraînements tactiques durent parfois des heures mais cela rapporte quand des équipes se tiennent de près. En Belgique, un nul blanc, c'est quasiment synonyme de mauvais match. Pas en Italie où il ne faut pas marquer de buts pour faire un bon match aux yeux des tifosi. Ils apprécient le travail défensif d'une équipe qui n'a pas offert un centimètre carré de liberté à son adversaire. Défendre, c'est une spécialité italienne mais il suffit de voir les résultats des clubs italiens en Ligue des Champions : il y a beaucoup d'ambition derrière tout cela. J'ai dû m'adapter en Italie, ce ne fut pas facile tous les jours mais j'en suis revenu plus fort, plus complet. En Italie, on découvre tous les jours quelque chose. Si je devais importer quelque chose du Calcio en Belgique, c'est bien cette passion au quotidien ". L'ex-Loup limbourgeois Domenico Olivieri partage le même point de vue qu'Enzo Scifo : " En Belgique, on n'a pas assez confiance en soi. L'approche est plus négative. A mon avis, le footballeur belge travaille autant que l'Italien. J'ai récemment lu que Marcello Lippi prévoyait moins de séances d'entraînement que pas mal de coaches belges. A midi, les joueurs peuvent même boire un verre de vin s'ils en ont envie. La grande différence, c'est le talent des joueurs. Chaque club du Calcio a plusieurs stars. Ah, si les clubs belges avaient les mêmes moyens que ceux du Calcio ". Roberto Bisconti est revenu plus fort de son séjour en Italie, à Monza : " Là, on cerne tout de suite le potentiel d'un joueur. J'ai beaucoup travaillé la vivacité car en Série B, on se bat le couteau entre les dents pour monter. A 12 ans, je ne connaissais pas deux joueurs de D1 belge. Chez nous, on ne regardait que la RAI du matin au soir. Les stars du Calcio faisaient partie de notre univers. On les connaissait presque comme des amis. On parlait d'eux toute la journée. Ce n'est qu'après mon transfert au Standard, en équipes de jeunes, que je me suis intéressé aux vedettes de la D1 belges, jamais avant. Pour un fils d'immigrés italiens, jouer en Italie, c'est un immense honneur, une façon de prouver qu'on n'a pas oublié ses origines. Cela dit, je me sens totalement heureux en Belgique. Je ne voudrais plus jouer ailleurs... mais j'ai eu le bonheur d'évoluer en Italie ". Bertoncello avait eu l'occasion de signer à Atalante à 17 ans. Les Bergamasques avaient été séduits par ce gamin qui avait été à la base, en match amical, d'une belle prestation des Zèbres contre l'Atalante. " J'étais trop jeune et ma mère a refusé de me lâcher dans la nature ", se souvient-il avec regret. Le roi Berto serait-il devenu un empereur du Calcio ? Ce supporter de la Juve rit en guise de réponse. Charleroi a été son Calcio à lui. Comme c'est toujours le cas de Dante Brogno : " Je regarde tous les matches du Calcio, ou presque. Il y a une telle passion. Là, c'est Ligue des Champions toutes les semaines. Je m'intéresse aux schémas tactiques des équipes, à la technique individuelle. La rage de vaincre et le mental y sont importants. C'est le monde de la rigueur ". Silvio Proto rêve du football italien. Il a déjà été cité à gauche et à droite dans des clubs du Calcio. Le gardien des Loups a remis ses plans à plus tard mais s'il confirme sa progression, cela ne devrait plus tarder : " Je n'abandonne pas cette idée. C'est là, plus qu'ailleurs, je crois, qu'un joueur peut atteindre sa plénitude. Je suis impressionné par la collection de vedettes qui jouent en Italie. Mais si j'envie quelque chose, c'est l'aide des autorités publiques : tout est mis en £uvre afin d'avoir des installations à la hauteur. Chez nous, les clubs doivent tirer le diable par la queue. Les petits clubs méritent des installations plus confortables et plus modernes. Ce ne serait qu'une juste récompense quand on voit le taux de notoriété qu'un club peut donner à sa région ou à sa ville. Pourquoi n'est-ce pas possible en Belgique " ? Sergio Brio s'est rendu compte que ce n'était pas le cas en Belgique, en découvrant les installations du Tivoli. Marco Casto a peut-être bien rigolé en observant la tête de son coach quand celui-ci glissa sa grande carcasse dans le petit vestiaire vieillot des visiteurs. Pierre Bilic" Le tifoso ne boit pas, juste du café " (Filippo Gaone) " On nous appelait les... macaronis " (Dominique D'Onofrio) " Ici, un nul blanc est inacceptable : pas en Italie " (Enzo Scifo)