Un contrôle de la poitrine, un jonglage pour se mettre à l'aise et un retourné pour conclure le tout en beauté. Au milieu d'une arrière-garde apathique, Almoez Ali trouve le petit filet japonais dès la douzième minute et met le Qatar sur une rampe de lancement vers son premier titre continental.

Akram Afif, son coéquipier de toujours, délivre une passe décisive et inscrit un penalty en fin de rencontre, synonyme de coup de grâce. Début 2019, l'émirat pétrolier éclabousse le Japon 3-1, à la surprise générale, et devient Champion d'Asie.

Les Grenats n'avaient jamais fait mieux que les quarts. Le point commun entre Ali et Afif, les deux héros du soir ? Être passés par Eupen, à l'instar de six autres Qataris sélectionnés.

Invité-surprise

Akram Afif, Almoez Ali, Abdulkarim Hassan, Assim Madibo, Salem Al Hajri, Bassam Al Rawi, Mohammed Al Bakri et Youssef Hassan. En janvier dernier, ils sont huit ex-Pandas, soit le tiers de la sélection qatarie, à fouler les pelouses des Émirats Arabes Unis (EAU).

Sur les vingt-trois champions d'Asie, onze ont moins de vingt-trois ans.

Si seulement deux d'entre eux, Afif et Abulkarim Hassan, ont eu le droit à des minutes avec l'équipe première eupenoise, leur nombre démontre tout l'intérêt des Cantons de l'Est pour le Qatar : une plateforme pour former les générations futures et construire l'avenir.

Depuis la reprise d'Aspire, les allers et retours au Kehrweg d'éléments issus de l'Académie 2.0 basée à Doha s'enchaînent à chaque mercato. Ce week-end, ils répondent tous à l'appel, tous présents une nouvelle fois dans les 23 d' Al-Annabi ( les Grenats, ndlr) pour disputer une compétition continentale.

Sauf qu'il s'agit cette fois de la Copa America, normalement dédiée aux nations sud-américaines, mais qui fait des invités-surprises sa spécialité depuis 1993. Après les États-Unis, le Costa Rica, le Mexique ou la Jamaïque, le Qatar sera donc de la partie au Brésil, aux côtés de ses bourreaux japonais de janvier.

L'organisation de la Gold Cup dans le même temps et surtout le très contesté Mondial 2022, prévu en hiver chez les Qataris, ont plaidé en leur faveur. Les Grenats, tirés dans la poule de la Colombie, du Paraguay et de l'Argentine, restent dans une forme olympique, ou plutôt historique pour un pays qui n'a jamais vibré des joies du ballon rond.

En amical, les faire-valoir de l'Emir se sont notamment payés l'Equateur, 4-3 en octobre, la Suisse, 1-0 en novembre, et ont fini par accuser le coup contre l'Islande, 2-2 dans la foulée. Une rencontre sifflée au Kehrweg, le 19 novembre dernier, et commencée évidemment par les deux joyaux du cru, Almoez Ali et Akram Afif.

Le premier termine meilleur joueur et meilleur buteur de la Coupe d'Asie, battant avec neuf buts le record du légendaire Ali Daei datant de 1996, le second rafle le titre de meilleur passeur, avec dix caviars, dont deux triplés contre la Corée du Nord et les EAU, en demies. Des performances qui permettent à leur pays de présenter un bilan de sept victoires en sept matches, avec dix-neuf pions inscrits et un seul encaissé, en finale.

Multiculturel et ambitieux

Ali et Afif, rencontrés ados à l'Aspire Academy, sont les visages de la réussite d'une formation qatarie aux accents espagnols. En 2014, ils remportent la Coupe d'Asie U19 à Myanmar, où Afif est sacré meilleur joueur, avec Félix Sánchez sur le banc, ancien de la Masia et actuel sélectionneur des A qui les suit tout au long de leur progression. L'accompagnement est paternel et la stratégie se veut payante.

Au cours de leur jeune carrière, les deux 96 vivotent tour à tour dans les clubs du giron Aspire. Ali découvre le monde pro à Linz puis Leonesa, après des classes bouclées à Eupen, où Afif, qui appartient à Villarreal, démontre son talent en D2 d'abord, puis dans l'élite ensuite. Il est clairement le plus beau joyau du Qatar, qui le voit comme l'égérie de son Mondial 2022.

" J'ai une grande responsabilité, mais je ne ressens aucune pression ", confessait dans nos colonnes, en novembre 2017, le premier Qatari à goûter au Big 5, sous les couleurs de Gijón. " Je suis simplement heureux de pouvoir faire quelque chose pour mon pays. Je comprends qu'il compte beaucoup sur moi. "

Alors innocent, du haut de ses vingt printemps, le cadet Afif, dont le frère évolue aussi en équipe nationale, représente aujourd'hui Al-Sadd, où il côtoie un certain Xavi, et les espoirs de tout un Empire. Originaire d'une famille yéménite, fils d'un père footballeur en Tanzanie et en Somalie, il est à l'image du fanion qu'il défend : multiculturel et ambitieux.

Almoez Ali, né à Khartoum au Soudan, figurait quant à lui parmi les quatre naturalisés de la sélection lors de la Coupe d'Asie. Un chiffre drastiquement en baisse, comparé aux seize binationaux incapables de faire mieux que la dernière place de leur groupe de qualificatif pour le Mondial 2018, et qui ravit les décisionnaires d'Aspire, récoltant enfin les fruits d'un programme lancé il y a presque quinze ans.

Objectif 2022

" Au Qatar, il y a un déficit de joueurs énorme. Il y a très peu de Qataris de souche. Il y a une forte immigration yéménite, saoudienne et tchadienne, mais très peu de joueurs locaux peuvent prétendre à atteindre le niveau international ", nous disait Grégory Gomis, gardien français d'Al-Arabi, en 2017.

Les temps ont changé. Sur les vingt-trois champions d'Asie, onze ont moins de vingt-trois ans. Malgré le couac de ses U20 en Pologne, où ils viennent de s'incliner trois fois lors des poules de l'actuelle Coupe du monde, le Qatar mise sur une jeunesse qui se doit d'exceller en vue de 2022, grâce, entre autres, à un tremplin germanophone présenté comme " une transition douce ".

Dans cette course contre la montre, Abdelkarim Hassan a validé une première étape symbolique. L'arrière gauche, qui n'a pas laissé des souvenirs impérissables à Eupen, où il participe à dix matches pour un but et un assist en 2017, a été élu joueur de l'année 2018 en Asie par l'AFC, ce qu'un défenseur n'avait plus réalisé depuis 2010.

" Quand je suis arrivé ici, le niveau était plutôt faible. C'est en train de s'améliorer grâce aux joueurs étrangers et aux entraîneurs qui sont de plus en plus compétents. C'est bien pour les Qataris qui peuvent apprendre des choses différentes au contact de footballeurs extérieurs ", déclare Xavi au Guardian. Le Champion du monde 2010 a sûrement deux ou trois secrets à monnayer.

Un contrôle de la poitrine, un jonglage pour se mettre à l'aise et un retourné pour conclure le tout en beauté. Au milieu d'une arrière-garde apathique, Almoez Ali trouve le petit filet japonais dès la douzième minute et met le Qatar sur une rampe de lancement vers son premier titre continental. Akram Afif, son coéquipier de toujours, délivre une passe décisive et inscrit un penalty en fin de rencontre, synonyme de coup de grâce. Début 2019, l'émirat pétrolier éclabousse le Japon 3-1, à la surprise générale, et devient Champion d'Asie. Les Grenats n'avaient jamais fait mieux que les quarts. Le point commun entre Ali et Afif, les deux héros du soir ? Être passés par Eupen, à l'instar de six autres Qataris sélectionnés. Akram Afif, Almoez Ali, Abdulkarim Hassan, Assim Madibo, Salem Al Hajri, Bassam Al Rawi, Mohammed Al Bakri et Youssef Hassan. En janvier dernier, ils sont huit ex-Pandas, soit le tiers de la sélection qatarie, à fouler les pelouses des Émirats Arabes Unis (EAU). Si seulement deux d'entre eux, Afif et Abulkarim Hassan, ont eu le droit à des minutes avec l'équipe première eupenoise, leur nombre démontre tout l'intérêt des Cantons de l'Est pour le Qatar : une plateforme pour former les générations futures et construire l'avenir. Depuis la reprise d'Aspire, les allers et retours au Kehrweg d'éléments issus de l'Académie 2.0 basée à Doha s'enchaînent à chaque mercato. Ce week-end, ils répondent tous à l'appel, tous présents une nouvelle fois dans les 23 d' Al-Annabi ( les Grenats, ndlr) pour disputer une compétition continentale. Sauf qu'il s'agit cette fois de la Copa America, normalement dédiée aux nations sud-américaines, mais qui fait des invités-surprises sa spécialité depuis 1993. Après les États-Unis, le Costa Rica, le Mexique ou la Jamaïque, le Qatar sera donc de la partie au Brésil, aux côtés de ses bourreaux japonais de janvier. L'organisation de la Gold Cup dans le même temps et surtout le très contesté Mondial 2022, prévu en hiver chez les Qataris, ont plaidé en leur faveur. Les Grenats, tirés dans la poule de la Colombie, du Paraguay et de l'Argentine, restent dans une forme olympique, ou plutôt historique pour un pays qui n'a jamais vibré des joies du ballon rond. En amical, les faire-valoir de l'Emir se sont notamment payés l'Equateur, 4-3 en octobre, la Suisse, 1-0 en novembre, et ont fini par accuser le coup contre l'Islande, 2-2 dans la foulée. Une rencontre sifflée au Kehrweg, le 19 novembre dernier, et commencée évidemment par les deux joyaux du cru, Almoez Ali et Akram Afif. Le premier termine meilleur joueur et meilleur buteur de la Coupe d'Asie, battant avec neuf buts le record du légendaire Ali Daei datant de 1996, le second rafle le titre de meilleur passeur, avec dix caviars, dont deux triplés contre la Corée du Nord et les EAU, en demies. Des performances qui permettent à leur pays de présenter un bilan de sept victoires en sept matches, avec dix-neuf pions inscrits et un seul encaissé, en finale. Ali et Afif, rencontrés ados à l'Aspire Academy, sont les visages de la réussite d'une formation qatarie aux accents espagnols. En 2014, ils remportent la Coupe d'Asie U19 à Myanmar, où Afif est sacré meilleur joueur, avec Félix Sánchez sur le banc, ancien de la Masia et actuel sélectionneur des A qui les suit tout au long de leur progression. L'accompagnement est paternel et la stratégie se veut payante. Au cours de leur jeune carrière, les deux 96 vivotent tour à tour dans les clubs du giron Aspire. Ali découvre le monde pro à Linz puis Leonesa, après des classes bouclées à Eupen, où Afif, qui appartient à Villarreal, démontre son talent en D2 d'abord, puis dans l'élite ensuite. Il est clairement le plus beau joyau du Qatar, qui le voit comme l'égérie de son Mondial 2022. " J'ai une grande responsabilité, mais je ne ressens aucune pression ", confessait dans nos colonnes, en novembre 2017, le premier Qatari à goûter au Big 5, sous les couleurs de Gijón. " Je suis simplement heureux de pouvoir faire quelque chose pour mon pays. Je comprends qu'il compte beaucoup sur moi. " Alors innocent, du haut de ses vingt printemps, le cadet Afif, dont le frère évolue aussi en équipe nationale, représente aujourd'hui Al-Sadd, où il côtoie un certain Xavi, et les espoirs de tout un Empire. Originaire d'une famille yéménite, fils d'un père footballeur en Tanzanie et en Somalie, il est à l'image du fanion qu'il défend : multiculturel et ambitieux. Almoez Ali, né à Khartoum au Soudan, figurait quant à lui parmi les quatre naturalisés de la sélection lors de la Coupe d'Asie. Un chiffre drastiquement en baisse, comparé aux seize binationaux incapables de faire mieux que la dernière place de leur groupe de qualificatif pour le Mondial 2018, et qui ravit les décisionnaires d'Aspire, récoltant enfin les fruits d'un programme lancé il y a presque quinze ans. " Au Qatar, il y a un déficit de joueurs énorme. Il y a très peu de Qataris de souche. Il y a une forte immigration yéménite, saoudienne et tchadienne, mais très peu de joueurs locaux peuvent prétendre à atteindre le niveau international ", nous disait Grégory Gomis, gardien français d'Al-Arabi, en 2017. Les temps ont changé. Sur les vingt-trois champions d'Asie, onze ont moins de vingt-trois ans. Malgré le couac de ses U20 en Pologne, où ils viennent de s'incliner trois fois lors des poules de l'actuelle Coupe du monde, le Qatar mise sur une jeunesse qui se doit d'exceller en vue de 2022, grâce, entre autres, à un tremplin germanophone présenté comme " une transition douce ". Dans cette course contre la montre, Abdelkarim Hassan a validé une première étape symbolique. L'arrière gauche, qui n'a pas laissé des souvenirs impérissables à Eupen, où il participe à dix matches pour un but et un assist en 2017, a été élu joueur de l'année 2018 en Asie par l'AFC, ce qu'un défenseur n'avait plus réalisé depuis 2010. " Quand je suis arrivé ici, le niveau était plutôt faible. C'est en train de s'améliorer grâce aux joueurs étrangers et aux entraîneurs qui sont de plus en plus compétents. C'est bien pour les Qataris qui peuvent apprendre des choses différentes au contact de footballeurs extérieurs ", déclare Xavi au Guardian. Le Champion du monde 2010 a sûrement deux ou trois secrets à monnayer.