La logique semblait toute tracée. Après la blessure de Cristophe Diandy sur la pelouse de Malines, Gaëtan Hendrickx paraissait tout désigné pour prendre le relais du Sénégalais au milieu de terrain, aux côtés de l'incontournable Marco Ilaimaharitra. Pourtant, Karim Belhocine a surpris en optant pour Ryota Morioka, repositionné un cran plus bas. Le Japonais, souvent critiqué pour son manque d'implication défensive quand il évoluait derrière l'attaquant de pointe...

La logique semblait toute tracée. Après la blessure de Cristophe Diandy sur la pelouse de Malines, Gaëtan Hendrickx paraissait tout désigné pour prendre le relais du Sénégalais au milieu de terrain, aux côtés de l'incontournable Marco Ilaimaharitra. Pourtant, Karim Belhocine a surpris en optant pour Ryota Morioka, repositionné un cran plus bas. Le Japonais, souvent critiqué pour son manque d'implication défensive quand il évoluait derrière l'attaquant de pointe, a pris une nouvelle dimension, tout en fluidifiant le jeu des Zèbres. Charleroi est toujours une équipe de contre. Recroquevillés devant Nicolas Penneteau, les Carolos s'aventurent de moins en moins souvent au pressing dans le tiers de terrain adverse, préférant se regrouper pour récupérer le ballon au milieu du terrain, souvent grâce aux interventions de Morioka et d'Ilaimaharitra. La différence avec le passé, c'est que la reconversion commence alors dans les pieds les plus doués du noyau. Avec leur qualité de passe au-dessus de la moyenne, les deux associés du milieu zébré cherchent le plus rapidement possible la profondeur, en activant les slaloms d' Ali Gholizadeh et Massimo Bruno ou les courses de Mamadou Fall et Kaveh Rezaei. La passe décisive et le but viennent très souvent d'un de ces quatre-là, privant Ilaimaharitra et Morioka des honneurs statistiques, mais le duo joue indéniablement un rôle-clé dans la bonne tenue des contres carolos. Depuis son replacement, Morioka n'a plus trouvé le chemin des filets, alors qu'il était largement le meilleur buteur des Zèbres en début de saison. Son impact sur le jeu, par contre, a considérablement grandi, que ce soit avec ou sans le ballon. " Je touche beaucoup le ballon et je peux mieux contrôler le match ", expliquait le Nippon à Sudpresse voici quelques semaines, à l'heure d'évoquer son nouveau rôle. Les matches de Charleroi semblent en effet, plus que jamais, contrôlés depuis les alentours du rond central, là où Marco et Ryota font la loi. Généralement mieux servis que la saison dernière, parce que le football carolo a dû évoluer avec le départ d'un Victor Osimhen qui créait les offensives à lui tout seul, les Zèbres ne contrent pas plus, mais ils contrent mieux. Parce qu'une contre-attaque réussie commence souvent par une première passe qui achève de désorganiser l'adversaire.