Les télévisions et les clubs pros sont en train de plancher sur la manière dont le fan de foot vivra la D1 depuis son fauteuil de 2008 à 2010. En mai 2005, on était entré dans une nouvelle ère du foot à la télévision en Belgique. Hyper motivé par le ballon rond comme produit d'appel pour commercialiser sa technologie de télévision sur internet, Belgacom TV avait sorti la grosse artillerie. Il mettait 36 millions d'euros par saison sur la table (21 de plus que le contrat précédent) et engageait 15 millions en frais de production des images. Du coup, les clubs pros touchaient plus d'argent et les fans bénéficiaient d'un plus beau produit dû au nombre plus é...

Les télévisions et les clubs pros sont en train de plancher sur la manière dont le fan de foot vivra la D1 depuis son fauteuil de 2008 à 2010. En mai 2005, on était entré dans une nouvelle ère du foot à la télévision en Belgique. Hyper motivé par le ballon rond comme produit d'appel pour commercialiser sa technologie de télévision sur internet, Belgacom TV avait sorti la grosse artillerie. Il mettait 36 millions d'euros par saison sur la table (21 de plus que le contrat précédent) et engageait 15 millions en frais de production des images. Du coup, les clubs pros touchaient plus d'argent et les fans bénéficiaient d'un plus beau produit dû au nombre plus élevé de caméras et à la qualité des images. Un cadeau qui allait être sous-traité par les autres chaînes. On sait que Belgacom TV s'est positionné en saint Nicolas du foot belge mais faut-il toujours y croire ? Nous sommes convaincus que oui. En effet, le football belge peut se rassurer : jamais la situation n'a été aussi bonne puisque le produit football est vendeur. Les assistances dans les stades sont constamment en hausse en Division 1. Cela s'explique par l'amour du Belge pour son foot mais également par la qualité des retransmissions des dernières saisons. Il est loin le temps où on pensait que trop de TV tuerait le foot. Au contraire, quand le football est bien présenté sur le petit écran, ce dernier joue un rôle très positif en ce qui concerne la demande des fans. Ils sont tellement passionnés que plus ils voient de beaux programmes TV, plus ils aiment le foot... et plus ils vont au stade. Il y a une quinzaine d'années, certains soi-disant visionnaires du sport professionnel avaient été jusqu'à dire que la TV tuerait le sport dans les stades. Pour eux, on en arriverait à une situation où le sport allait quasiment être filmé dans des arènes vides sans que cela ait de l'importance : les recettes publicitaires (par voies de panneautage et de clips de pubs) allaient remplacer celles de la billetterie. Mais cette vue d'avenir allait demeurer science-fiction. La TV a en fait décuplé le besoin de football pour ses accros. A cause de cela, le message délivré par Jean-Charles De Keyzer, le patron de Belgacom TV, percute le mur de la réalité. Il estime, en effet, ne plus devoir payer autant que lors du dernier contrat " vu la faible qualité du football belge ". Il s'agit évidemment d'un discours commercial : De Keyzer veut payer moins, c'est de bonne guerre. Mais les clubs ont pour eux l'augmentation des assistances comme preuve que le foot est vendeur... ce que recherchait Belgacom pour sa nouvelle TV. Cela dit, le championnat de D1 a beau attirer le bon peuple, la qualité de son jeu pourrait toujours être améliorée. Notamment (et c'est un des projets du nouveau contrat TV) par le fait de consacrer obligatoirement une partie des droits TV pour payer des bons joueurs. Et on ajouterait des bons entraîneurs. Car si le football belge continue de produire des stars (ne sont-elles pas nombreuses à évoluer hors de nos frontières ?), nous militons depuis longtemps pour une exigence accrue en matière d'engagement de coaches. En plus de la nécessité impérieuse de plancher sur une vraie politique de formation, il faut également augmenter la qualité de l'encadrement. Il indéniable qu'en Coupes d'Europe ou avec les Diables Rouges on ne retire pas assez de performances du potentiel existant. PAR JOHN BAETE