Demain, Antonio Conte effectue ses grands débuts au poste de sélectionneur de l'équipe d'Italie, qui affronte les Pays-Bas à Bari, ville dont il a entraîné le club il y a cinq ans. Mais le vrai test, ce sera pour la semaine prochaine en Norvège, car il s'agira cette fois d'une rencontre de qualification pour le championnat d'Europe.
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Demain, Antonio Conte effectue ses grands débuts au poste de sélectionneur de l'équipe d'Italie, qui affronte les Pays-Bas à Bari, ville dont il a entraîné le club il y a cinq ans. Mais le vrai test, ce sera pour la semaine prochaine en Norvège, car il s'agira cette fois d'une rencontre de qualification pour le championnat d'Europe. Conte, qui a grandi à Lecce, est le premier sélectionneur originaire du sud de l'Italie. Fulvio Bernardini était Romain mais la fédération n'était jamais allée voir plus bas dans la Botte. Enfant, Conte jouait au football dans un quartier difficile. Il raconte qu'il ne pouvait pas aller à l'entraînement à vélo et qu'il était obligé de cacher son maillot sous ses vêtements pour ne pas se le faire voler. Entre les finales perdues de Coupe du monde 1994 et de l'Euro 2000, cet ancien médian fut international à 20 reprises. Il se souvient encore parfaitement de sa première sélection. " Arrigo Sacchi prônait le 4-4-2 alors qu'à la Juventus, nous jouions encore avec un libéro ", dit-il. " A l'entraînement de l'équipe nationale, j'avais mal à la tête, je ne comprenais pas ce que je devais faire. J'étais comme un écolier mal préparé. Je devais étudier chaque mouvement et je suis allé demander conseil aux joueurs de Milan, qui connaissaient déjà tout cela. Ce fut une période difficile mais intéressante. Je n'étais pas ZinédineZidane et, lorsque j'avais le ballon, je ne savais pas quoi en faire. Alors, je le contrôlais, je regardais autour de moi et j'entendais le public siffler. Pour des joueurs comme moi, il était important de pouvoir se reposer sur un système bien huilé, avec des consignes claires et des automatismes. C'est cela que je veux transmettre à mes joueurs. Je vais travailler en équipe nationale comme en club, en m'appuyant sur une méthode, des systèmes de jeu et des automatismes afin que chaque joueur sache à tout moment ce qu'on attend de lui. Ceux qui me suivront resteront. Je ne pourrai pas travailler avec les autres. " Il n'a rien conservé du code d'éthique établi par son prédécesseur. " J'ai besoin de joueurs qui se donnent à fond. Ce qui compte, c'est le groupe, les schémas tactiques et l'engagement. Le talent passe après. On ne peut arriver à quelque chose qu'en groupe car ce n'est que s'il se met au service du système que le talent peut s'exprimer. " Sa philosophie est claire. Comme à la Juventus, il partira d'un 3-5-2 qui peut se transformer en 3-4-3. Selon lui, c'est le système de jeu de demain. " Nous ferons le jeu, de préférence en procédant par des passes courtes, avec un pressing et une approche sainement agressive. Nous défendrons mais nous obligerons surtout les autres à défendre. Je préfère être battu sur une contre-attaque qu'attendre l'adversaire à la ligne médiane. " Il n'annonce pas de changements radicaux au sein de la sélection. " Je ne reprendrai pas tout le monde et j'ajouterai l'un ou l'autre joueur mais, dans les grandes lignes, mon groupe sera le même que celui de mon prédécesseur. " Il sera cependant mieux payé que CesarePrandelli puisque, grâce à l'effort des sponsors, il gagnera 3,6 millions d'euros, soit une différence de 400.000 euros. PAR GEERT FOUTRÉAntonio Conte " Je préfère perdre sur une contre-attaque qu'attendre l'adversaire à la ligne médiane. "