K halilou Fadiga : " Ce transfert à l'Inter Milan, c'était pour moi la matérialisation d'un rêve d'enfance. J'avais un club favori quand j'étais môme : l'Inter. Ne me demandez pas pourquoi. Tout ce que je sais, c'est qu'il s'est consolidé à travers le temps suite au passage dans les rangs du club milanais de figures aussi emblématiques que Roberto Baggio et Ronaldo. Je voulais marcher un jour sur leurs traces, mais sans trop y croire. Jusqu'à ce jour de l'été 2003 où la fiction devint soudain réalité. Il y avait plus d'un an, à ce moment-là, que les dirigeants interistes m'avaient dans le collimateur. J'en avais eu vent pour la première fois avant la Coupe du Monde 2002. Au cours de l'épreuve, cette sollicitude devint réellement effective après le match Danemark-Sénégal, le deuxième d'une fameuse poule A qui regroupait encore la France et l'Uruguay. Lors de la rencontre d'ouverture, les Lions de avaient battu la France 0-1. J'avais déjà été crédité d'une toute bonne prestation et face aux Scandinaves, je m'étais montré aussi sous un jour favorable. Visiblement, il n'en avait pas fallu davantage pour que les Nerazzurri prennent contact avec mon manager Pape Diouf et son associé Issa Traoré en Italie. Mais par la voix de Guy Roux, Auxerre opposa son veto à un départ. Les Bourguignons étaient alors en passe de disputer la Ligue des Champions et les responsables ne voulaient absolument pas se séparer de Philippe Mexès, Alain Boumsong, Djibril Cissé ou moi-même.
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K halilou Fadiga : " Ce transfert à l'Inter Milan, c'était pour moi la matérialisation d'un rêve d'enfance. J'avais un club favori quand j'étais môme : l'Inter. Ne me demandez pas pourquoi. Tout ce que je sais, c'est qu'il s'est consolidé à travers le temps suite au passage dans les rangs du club milanais de figures aussi emblématiques que Roberto Baggio et Ronaldo. Je voulais marcher un jour sur leurs traces, mais sans trop y croire. Jusqu'à ce jour de l'été 2003 où la fiction devint soudain réalité. Il y avait plus d'un an, à ce moment-là, que les dirigeants interistes m'avaient dans le collimateur. J'en avais eu vent pour la première fois avant la Coupe du Monde 2002. Au cours de l'épreuve, cette sollicitude devint réellement effective après le match Danemark-Sénégal, le deuxième d'une fameuse poule A qui regroupait encore la France et l'Uruguay. Lors de la rencontre d'ouverture, les Lions de avaient battu la France 0-1. J'avais déjà été crédité d'une toute bonne prestation et face aux Scandinaves, je m'étais montré aussi sous un jour favorable. Visiblement, il n'en avait pas fallu davantage pour que les Nerazzurri prennent contact avec mon manager Pape Diouf et son associé Issa Traoré en Italie. Mais par la voix de Guy Roux, Auxerre opposa son veto à un départ. Les Bourguignons étaient alors en passe de disputer la Ligue des Champions et les responsables ne voulaient absolument pas se séparer de Philippe Mexès, Alain Boumsong, Djibril Cissé ou moi-même. A l'entresaison 2003, le discours de l'AJA avait toutefois changé et plus rien ne s'opposait à mon transfert à l'Inter. C'était toutefois compter sans cet examen cardiaque de routine qui allait hélas tourner au cauchemar pour moi. Dans ma carrière, ce n'était pas la première fois que j'étais soumis à un check-up complet. A Liège d'abord, puis à Lommel, Bruges et Auxerre, j'avais déjà subi des examens approfondis à tous les niveaux. Et, chaque fois, j'avais été déclaré bon pour le service. Je n'en attendais dès lors pas moins. En lieu et place, ce fut le coup de massue, puisque le cardiologue du club, le professeur Bruno Caru, m'avisa que je souffrais de la même malformation au c£ur que celle qui avait valu au Nigérian Nwankwo Kanu, au beau milieu des années 90, de se faire déclasser à l'Inter. Après une opération dans une clinique spécialisée à Cleveland, aux Etats-Unis, il avait rebondi au point d'être toujours actif à Arsenal. Pour moi, aux dires du même spécialiste, le tableau était beaucoup plus sombre. D'après lui, il fallait que je rompe définitivement avec le football si je ne voulais pas mettre ma vie en danger. L'homme n'hésita pas à faire référence à la mort tragique du Camerounais Marc-Vivien Foé, survenue quelques semaines plus tôt, lors de la Coupe des Confédérations, pour me persuader de la gravité de la situation. Je comprends que les cas de Kanu, qui a été examiné sous toutes ses coutures à l'Inter, ainsi que celui, dramatique, de Marco, poussent à une certaine prudence. Ce que je n'admets pas, en revanche, c'est qu'un verdict aussi lourd ait été prononcé sans avoir fait le tour complet de la situation. Or, c'est ce qui s'est passé avec moi, puisqu'à l'analyse, il est apparu clairement que je ne souffrais pas d'une malformation cardiaque mais d'extrasystoles, tout simplement ". " Cette arythmie cardiaque, ce n'est pas Bruno Caru qui l'a diagnostiquée mais de réputés cardiologues qui ont eu le soin de m'examiner par après : les professeurs FulvioBellocci et Paolo Zeppilli, de la Squadra azzurra ainsi que Pedro Brugada à Alost. Tous arrivèrent à la même conclusion : un c£ur qui s'emballe de manière intempestive, par moments, en raison de l'action d'un virus. Pour eux, il n'y avait pas la moindre raison que je fasse soudain une croix sur ma carrière. Tout au plus devais-je prendre mon mal en patience : six semaines au minimum, voire six mois ou davantage pour peu que le muscle cardiaque n'ait toujours pas retrouvé son rythme de croisière. Lors de mon premier contrôle, fin octobre, les extrasystoles avaient diminué de 10 %. Le 12 janvier, elles avaient baissé de 85 %. Dès lors, je vois la fin du tunnel. Selon toute vraisemblance, je devrais recevoir le feu vert de la Faculté au moment de mon prochain test, le 2 février. Ce jour-là sera synonyme de délivrance pour moi. Il est temps car j'ai hâte de me retremper dans le grand bain du football. Depuis le mois de septembre, le seul et unique mot d'ordre fut le repos. Du statut d'acteur, je suis passé à celui de spectateur. J'ai suivi quelques parties en Belgique, dont le sommet entre Anderlecht et Bruges, au Parc Astrid, ou encore celle entre les Diables Rouges et la Croatie dans l'optique de l'EURO 2004. Cette présence découle du fait que j'ai vécu à Alost, tout au long de ma revalidation. Au départ, j'avais choisi d'habiter Paris, où réside une bonne partie de ma famille. Mais, pour moi, c'était invivable. Journellement, les gens m'apostrophaient en rue pour demander de mes nouvelles. Et j'avoue que c'était lassant de devoir répéter sempiternellement la même rengaine. Sur le sol belge, j'étais davantage incognito. Lorsque je m'y trouvais, du moins, car j'ai quand même beaucoup bougé pendant tous ces mois. A intervalles réguliers, j'ai pris la température à l'Inter, comme bien l'on pense. Sans compter que j'ai continué à faire le tour des spécialistes : le professeur Le Bozet en France et un autre encore, dont j'ai oublié le nom, à Barcelone. Je me suis rendu au Sénégal également, où je n'avais plus mis les pieds depuis la fin de la Coupe du Monde 2002. Les gens d'Oxfam m'ont proposé d'être ambassadeur itinérant pour eux. Et ma toute première contribution fut un speech à Ziguinchor, le chef-lieu de la Casamance. Ces dernières années, cette région du pays, située en dessous de l'enclave constituée par la Gambie, s'est souvent rebellée contre le pouvoir en place. J'ai essayé de faire passer un message selon lequel, tous unis, les Sénégalais étaient capables de grandes choses. Comme sur le plan footballistique, au Japon et en Corée, où les Lions de la Teranga avaient réussi l'exploit historique de se hisser en quarts de finale avec des gars de pure souche, des Sénefs (Sénégalais de France) et des footballeurs actifs dans d'autres championnats encore. Par la suite, je me suis encore rendu à Dakar à l'occasion du match amical entre le Sénégal et la Côte d'Ivoire. J'ai donné le coup d'envoi. Ce jour-là, l'ovation debout des 60.000 personnes au stade de l'Amitié, m'a fait un bien fou ". " Ce que j'ai également apprécié, au cours de ces mois difficiles, c'est l'attitude de la grande famille de l'Inter. Et de son ex-président, Massimo Moratti, en tête. Quand il a été mis au parfum de mon état de santé, il m'a tenu un langage que je n'oublierai pas de sitôt : -Même s'il n'y a que 5 % de chances que tu joues, on mettra tout en £uvre pour qu'il en soit ainsi. Et pour prouver que ce n'étaient pas des paroles en l'air, il me proposa un contrat de trois ans avec option pour une saison supplémentaire. Si d'aventure j'étais recalé en Italie, il me signifia qu'il était prêt à me céder sur base locative ailleurs. Mais sans option d'achat. Car, pour lui, il n'était pas question de me vendre avant que j'aie vraiment porté le maillot des Nerazzurri sur le terrain. Ce sont des choses qu'on n'oublie pas. Tout comme ne n'effaceront jamais de ma mémoire les messages de sympathie des joueurs, comme Sabri Lamouchi et Christian Vieri. Tous m'ont dit de tenir bon. Même le coach, Hector Cuper, est venu aux nouvelles. Pourtant, je n'étais pas son premier choix puisqu'il ne jurait que par Kily Gonzales. Suite à mon indisponibilité, celui-ci a rejoint les rangs interistes. Mais entre-temps, l'entraîneur argentin n'est plus là. C'est Alberto Zaccheroni qui a pris sa place. Je n'ai pas encore eu de réel contact avec lui. Mais, par l'intermédiaire du manager, Marco Branca, je sais qu'il compte sur moi un jour. Et c'est l'essentiel. Une armoire a été réservée pour moi, tant au centre d'entraînement d'Appiano Gentile qu'au stade Giuseppe Meazza et qu'en dépit de mon indisponibilité, elle n'a toujours pas été attribuée à quelqu'un d'autre. J'y vois le signe qu'on compte bel et bien sur moi et j'ai hâte de me montrer digne de cette confiance sur le terrain. Pour peu que je puisse reprendre les entraînements au début du mois prochain, je crois qu'en l'espace de six semaines il me sera possible de résorber mon retard. Contrairement à d'autres, je n'ai jamais eu besoin de beaucoup de temps pour arriver à un bon niveau. D'autant plus que je n'ai pas beaucoup de poids à perdre : deux petits kilos tout au plus. Mon objectif est de répondre présent sur le terrain au printemps. D'ici là, j'espère que le club sera toujours en course en Coupe d'Italie ainsi qu'en Coupe de l'UEFA, même si Sochaux ne sera pas un adversaire facile lors du prochain tour... Pour le scudetto, hélas, la messe semble dite. Car je ne vois pas comment l'Inter pourrait encore résorber son retard sur le peloton de tête. Jusqu'à présent, j'ai essentiellement alimenté la chronique médicale dans les pages sportives des journaux. J'ose espérer que mon nom fera la une d'autres rubriques dans les semaines à venir. Jusqu'à présent, mes compatriotes Diomansy Kamara et Ferdinand Coly ont eu l'occasion de se distinguer, l'un à Modène et l'autre à Pérouse. Je veux leur emboîter le pas. Et je ne lâcherai pas le morceau, car telle est ma devise ". Bruno Govers" Le médecin de l'Inter m'a COMPARé à MARC - VIVIEN FOé " " Le 2 février, j'espère LE FEU VERT DE TOUT C£UR "