Alberto Contador a enlevé un des grands tours les plus divertissants de ces dernières années. Avec cette septième victoire officielle au Giro, au Tour et à la Vuelta, il égale MiguelIndurain et FaustoCoppi, sans que ce maillot rose ait du panache. L'Espagnol est le deuxième coureur à remporter son deuxième Giro sans victoire d'étape, après Franco Balmanion. Evidemment, il a été victime de deux chutes et il a divisé pour régner, en prévision du Tour, mais l'avant-dernière étape a montré qu'il...

Alberto Contador a enlevé un des grands tours les plus divertissants de ces dernières années. Avec cette septième victoire officielle au Giro, au Tour et à la Vuelta, il égale MiguelIndurain et FaustoCoppi, sans que ce maillot rose ait du panache. L'Espagnol est le deuxième coureur à remporter son deuxième Giro sans victoire d'étape, après Franco Balmanion. Evidemment, il a été victime de deux chutes et il a divisé pour régner, en prévision du Tour, mais l'avant-dernière étape a montré qu'il n'était pas aussi dominant qu'on le pensait. Il a coincé au Colle delle Finestre - " j'ai bu trop peu ", a dit le coureur Tinkoff. Il a limité les dégâts à 2'25'' sur Fabio Aru. La veille, l'Italien avait pris 1'18'' d'avance. El Pistolero avait relégué Aru à 2'47'' dans le contre-la-montre. Faites vos calculs... Cette épreuve contre le chrono fait évidemment partie du tour et la troisième place de Contador est sans doute sa meilleure performance mais elle place ses prestations en montagne sous un autre jour. On n'a retrouvé le grimpeur de jadis qu'au Mortirolo, quand l'Espagnol, victime d'une crevaison, a refait un retard de 50 secondes en cinq kilomètres. Cette victoire est belle, bien sûr, mais elle fait un peu figure de victoire à la Pyrrhus, compte tenu du Tour. Contador a dépensé bien plus d'énergie qu'il ne le souhaitait, à cause de son coup au moral après son passage à vide au Finestre et la piètre prestation de son équipe dans les cols, dans ce Giro particulièrement faible. Chris Froome, VincenzoNibali et NairoQuintana doivent se frotter les mains. Ce Tour d'Italie est un des plus durs depuis longtemps, comme en ont témoigné moult vieux serviteurs (Michael Rogers, Jurgen Van den Broeck...), appuyés par les chiffres : le troisième Giro le plus rapide (39,615 km/h) après 2009 et 2010, seulement 17 coureurs dans l'heure suivant Contador - le plus petit nombre depuis 1956 - et onze coureurs à plus de six heures. Marco Coledan a pédalé 6 heures et 40 minutes de plus que Contador et est la lanterne rouge la plus lente depuis 1949. Ici et là, on a parlé de cyclisme à deux vitesses, surtout à cause de la domination d'Astana, qui a soumis le peloton à un rythme soutenu presque tous les jours et a placé deux coureurs sur le podium : Aru et l'inattendu Mikel Landa, ainsi que quatre autres dans le top 25, tout en raflant cinq étapes. De l'exclusion du WorldTour à cause des affaires de dopage 2014 au nirvana... Comme quoi, tout peut changer très vite.