Lorsque Mouscron laissa partir Vanderhaeghe et Tanghe, il n'imaginait pas que leur succession serait aussi difficile. Jusque-là, l'Excelsior était toujours parvenu à compenser les départs sans que le rendement de l'équipe s'en ressente. Cela n'a pas été le cas cette saison. Ce que les Hurlus ont gagné en attaque avec l'engagement de Jestrovic, ils l'ont perdu dans l'entrejeu.
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Lorsque Mouscron laissa partir Vanderhaeghe et Tanghe, il n'imaginait pas que leur succession serait aussi difficile. Jusque-là, l'Excelsior était toujours parvenu à compenser les départs sans que le rendement de l'équipe s'en ressente. Cela n'a pas été le cas cette saison. Ce que les Hurlus ont gagné en attaque avec l'engagement de Jestrovic, ils l'ont perdu dans l'entrejeu. Hugo Broos avait imaginé trois solutions pour le poste de demi défensif: Crv et Cleiton, les deux joueurs acquis en D2, et le capitaine Dugardein, susceptible de délaisser son flanc droit pour occuper une position plus centrale. Une quatrième solution s'est présentée après la trêve, avec Ladon, revenu du Cercle de Bruges en désespoir de cause parce qu'il n'avait pas trouvé d'embauche ailleurs. Aucune de ces quatre solutions ne s'est révélée idéale. On a moins parlé de l'absence de Tanghe mais elle s'est également fait sentir. Dejan Mitrovic, son successeur, est un artiste amoureux du ballon. Stefaan était un "infiltreur" sans cesse en mouvement dont les décrochages permettaient à ses partenaires d'avoir toujours une possibilité de passe. Quelques pions importants ont en outre fait défaut: le gardien Vandendriessche s'est blessé dès la deuxième journée et Martic, en proie à des problèmes physiques également, a rarement atteint son niveau des années précédentes. Mouscron n'a jamais reproduit le jeu chatoyant qui était le sien. A cours de solution, les défenseurs ont souvent "oublié" l'entrejeu afin d'exploiter la pointe de vitesse de Jestrovic et de Marcin Zewlakow. Mais les adversaires ont rapidement trouvé la parade. Mouscron a aussi semblé avoir perdu son âme et son esprit conquérant. Quelques résultats laissent penser que l'Excelsior était capable de faire mieux que ce qu'il a montré. Il a, par exemple, pris un point chez les trois qualifiés européens. En inscrivant chaque fois des buts: 2-2 à Bruges, 3-3 au Standard et 3-3 à Anderlecht. Les résultats en déplacement traduisent l'état d'esprit et reflètent la physionomie de la rencontre. Lorsqu'il a pu ouvrir la marque, et tabler ensuite sur une bonne organisation défensive et de rapides contre-attaques, Mouscron s'est largement imposé. En revanche, lorsqu'il a eu affaire à des formations attentistes et qu'il a concédé le premier but, l'Excelsior n'a jamais pu revenir et s'est incliné 1-0. S'il y a eu à boire et à manger dans les prestations à l'extérieur, ce sont surtout les rencontres à domicile qui ont laissé les supporters sur leur faim: une seule victoire nette (3-0 face à Charleroi) et des partages blancs peu glorieux contre La Louvière et Beveren ont conduit les sympathisants hurlus à manifester leur mécontentement pour la première fois depuis l'accession du club en D1. En cinq saisons parmi l'élite, Mouscron s'est affirmé comme une valeur sûre du championnat mais il lui manque toujours la cerise sur le gâteau. Pas de titre, pas de coupe, pas même une finale à se mettre sous la dent. Le président Detremmerie remettra l'ouvrage sur le métier: il promet un budget encore accru et un développement du Futurosport où une section "élites" a été créée. Mais les supporters deviennnent exigeants: ils veulent du beau jeu et des résultats. Daniel Devos