Pour la deuxième saison d'affilée, Van Holsbeeck s'est attaqué très tôt au marché. Le manager d'Anderlecht a eu recours à sa recette habituelle pour insuffler de la qualité à l'équipe : il a lourdement investi dans un joueur, Kums, et loué une série d'autres (Sels, Onyekuru, Thelin, Bruno) auxquels il ne voulait ou ne pouvait pas offrir de contrat de longue durée, pour diverses raisons. Weiler a donc rapidement pu travailler avec son noyau, étoffé et équilibré, qui doit être en mesure de dominer le championnat et de donner suite à son beau parcours européen de la saison écoulée.
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Pour la deuxième saison d'affilée, Van Holsbeeck s'est attaqué très tôt au marché. Le manager d'Anderlecht a eu recours à sa recette habituelle pour insuffler de la qualité à l'équipe : il a lourdement investi dans un joueur, Kums, et loué une série d'autres (Sels, Onyekuru, Thelin, Bruno) auxquels il ne voulait ou ne pouvait pas offrir de contrat de longue durée, pour diverses raisons. Weiler a donc rapidement pu travailler avec son noyau, étoffé et équilibré, qui doit être en mesure de dominer le championnat et de donner suite à son beau parcours européen de la saison écoulée. Tout entraîneur belge rêve d'un quatuor de gardiens comme Sels, Svilar, Boeckx et Roef mais Weiler va devoir en renvoyer au moins un dans la tribune à chaque match. Kara, qui rêve d'un transfert, et Spajic forment le meilleur duo central du championnat. Nuytinck, Deschacht et Delcroix ont la lourde tâche de les dissocier. Les points faibles se situent plutôt sur le flanc. A droite, Appiah n'a pas encore confirmé la réputation acquise en Ligue 1 et on ne sait pas combien de matches le fragile Najar va pouvoir disputer. De l'autre côté, Anderlecht aura un sérieux problème si Obradovic, son seul véritable arrière gauche, est forfait. Najar, Delcroix et Deschacht peuvent en principe dépanner. Trebel a même été séduisant à ce poste pendant la préparation mais à terme, les Mauves ont besoin d'une doublure réelle à Obradovic. L'entrejeu bruxellois se distingue par sa polyvalence : Gerkens, Kums, Dendoncker et Trebel possèdent les capacités physiques et intellectuelles requises pour occuper une des trois positions médianes. Nul ne doute que Kums, engagé pour pallier le départ à Monaco de Tielemans, va tirer les ficelles du jeu. Avec le marathonien Dendoncker et le capitaine Hanni dans une sorte de rôle libre à ses côtés, Kums doit être en mesure d'orchestrer le jeu du Sporting et de neutraliser l'entrejeu de ses concurrents. Gerkens va passer une saison en apprentissage. On lui a promis du temps de jeu. Trebel obtiendra sans doute le même rôle qu'à son arrivée en janvier : renforcer l'entrejeu en déplacement. C'est le compartiment où règne la concurrence la plus rude. Neuf joueurs - Onyekuru, Chipciu, Bruno, Najar, Sowah, Thelin, Ganvoula, Stanciu et Teodorcyzk - vont se disputer les trois places disponibles. Ce sera une forme extrême de survival of the fittest. Tous les regards sont braqués sur le coûteux Stanciu, qui devrait s'être enfin intégré. Un éclair de génie par-ci par-là ne suffira plus à séduire le public. Le Roumain devra toutefois réaliser ses actions du flanc, puisqu'il est en dessous de Hanni dans la hiérarchie des distributeurs. A gauche, on regrettera parfois la vitesse d'Acheampong mais les Bruxellois ont acquis en Onyekuru une version plus raffinée du sprinter ghanéen. Ganvoula, costaud, est une version brute de Lukaku et est deuxième dans la hiérarchie de l'attaque, après Teo, qui a sans doute galvaudé ses chances de gros transfert à cause de son mauvais second tour la saison passée. Weiler s'est déclaré partisan des combinaisons pendant son stage en Autriche mais au terme de sa brillante campagne, il n'a pas l'intention de se départir de sa doctrine, un football vertical avec beaucoup de ballons dans le rectangle. Reste à voir dans quelle mesure le Suisse va pouvoir coupler son amour du football moderne avec l'ADN d'Anderlecht. Le vestiaire est nettoyé, la pression du titre s'est estompée : on attend maintenant de Weiler qu'il offre plus de spectacle aux supporters. ALAIN ELIASY