Un Standard qui prend un départ canon, qui étonne et écrase tout sur son passage, on a connu ça il y a un an. Mais on ne comprendrait pas que ça se reproduise aujourd'hui. Oui, il fait bien plus calme à Sclessin que l'année dernière à la même période. Oui, le président est à présent compris par la foule. Oui, Guy Luzon connaît maintenant le championnat de Belgique.
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Un Standard qui prend un départ canon, qui étonne et écrase tout sur son passage, on a connu ça il y a un an. Mais on ne comprendrait pas que ça se reproduise aujourd'hui. Oui, il fait bien plus calme à Sclessin que l'année dernière à la même période. Oui, le président est à présent compris par la foule. Oui, Guy Luzon connaît maintenant le championnat de Belgique. Assez d'arguments pour croire que les Liégeois vont dérouler en début de saison ? Pas sûr. Parce que le parcours inespéré en 2013-2014 s'expliquait en bonne partie par le niveau de quelques individualités. On va se contenter de citer Batshuayi devant, Vainqueur au milieu et éventuellement Kanu derrière. Ils sont partis tous les trois. Et ce n'est pas tout. Donc, on s'attend à ce que l'équipe méchamment remaniée mette un peu de temps à trouver le bon rythme. Ne lui parlez pas de la Coupe des Confédérations 2013, évitez d'aborder avec lui la Coupe du Monde 2014 : deux tournois qui ne vont pas laisser des grands souvenirs à Kawashima. Parlez-lui plutôt de son dernier championnat : à l'une ou l'autre exception près, il a été irréprochable. Il vient de signer sa meilleure saison depuis son arrivée en Europe. Pour remplacer Opare au back droit, le Standard mise à fond sur le transfert slovène Milec. Il n'est pas impressionnant physiquement mais il met clairement le pied. Dans l'axe, on voit mal Luzon ne pas opter pour la paire Ciman - Teixeira si le premier nommé reste. S'il s'en va, ce sera probablement la vraie chance pour Arslanagic. Et à gauche, pas de changement avec Van Damme. La paire Vainqueur - Buyens, souvent alignée, n'est plus à Liège. On comprend le départ du Français, qui méritait un autre championnat et a rapporté pas mal de millions. On comprend moins le prêt de Buyens qui était quand même une solution fiable, comme titulaire ou en dépannage. Au moins, de Sart ne se pose pas de questions : révélation de la saison passée, il a prolongé et semble partant certain dans l'équipe de base. Près de lui, on attend le transfert nantais Trebel. Et en cas de coup dur, le coach pourrait toujours déplacer Van Damme dans un rôle de pare-chocs. Il a testé cette solution en préparation et ce ne fut pas mauvais. A droite, Carcela jouera s'il redevient définitivement le vrai Carcela d'avant le choc à la tête ! Mujangi-Bia, remuant cet été, est une autre option sérieuse. A gauche, Mpoku est le candidat numéro 1. Sa vitesse, ses débordements, ses dribbles, ses frappes chirurgicales : on se régale quand ce joueur est au top. Une question centrale à Sclessin : comment remplacer Batshuayi ? Depuis deux ans, on évoquait le duo de flèches Batshuayi - Ezekiel pour résumer une bonne partie de la puissance offensive du Standard. Luzon doit trouver une nouvelle animation, faire cohabiter Ezekiel avec un autre attaquant. Il peut opter pour le grand solide de Camargo, qui n'a pas du tout le même profil que le Michy parti à Marseille. Le Brésilien est plus fait pour remiser, dévier de la tête. En préparation, on a aussi vu un essai avec Ezekiel associé à Mujangi-Bia : contre le PAOK Salonique, ce fut très productif. Maintenant, si le Nigérian met aussi les voiles (ce n'est pas exclu et même la direction sous-entend qu'on s'oriente vers un départ), c'est tout le compartiment offensif qu'il faudra repenser. Les optimistes vont dire : " Il n'y a pas de problème, il n'y a que des solutions. " OK mais le championnat commence demain. S'il n'y a plus de départ de titulaire avant fin août, Luzon a des cartouches pour former à coup sûr une équipe qui tient la route - sans nécessairement pouvoir rêver à nouveau de titre. Mais on voit deux dangers : le banc est limite (on peut déjà oublier les rotations s'il n'y a pas plusieurs renforts !) et l'exode n'est peut-être pas terminé. Le coach a suffisamment tiré la sonnette d'alarme, le président a dit qu'il avait capté le message et allait réagir dans les temps. PAR PIERRE DANVOYE