A 36 ans, Stéphane Pauwels s'est rapidement inscrit dans le paysage footballistique belge. Après avoir débuté à Mouscron comme commercial, il a forgé sa réputation de directeur sportif à l'étranger (à Lille et en sélection nationale algérienne) avant de revenir au bercail à La Louvière comme directeur administratif et commercial. Pourtant après huit mois dans cette dernière fonction, il a été limogé et il s'estime sali par cette saga. Mais il a rebondi comme consultant... bénévole à Mons.
...

A 36 ans, Stéphane Pauwels s'est rapidement inscrit dans le paysage footballistique belge. Après avoir débuté à Mouscron comme commercial, il a forgé sa réputation de directeur sportif à l'étranger (à Lille et en sélection nationale algérienne) avant de revenir au bercail à La Louvière comme directeur administratif et commercial. Pourtant après huit mois dans cette dernière fonction, il a été limogé et il s'estime sali par cette saga. Mais il a rebondi comme consultant... bénévole à Mons. " Après ce que j'ai vécu à La Louvière, l'accueil montois fut plus que chaleureux. J'avais des contacts en France mais rien ne pouvait se mettre en chantier avant le début de la saison prochaine. Je ne faisais rien pendant trois mois. Le président DominiqueLeone m'a tendu la main. Je travaille à Mons bénévolement. A la base, il m'a demandé mon avis sur le club. Il voulait également que je mette un peu d'ambiance dans les vestiaires pour remonter le moral des joueurs et pour encadrer le groupe. Le président Leone a montré du respect vis-à-vis de moi et cela, je ne l'oublierai jamais. Je ne suis pas un magicien. Je ne vais pas sauver le club. Il ne s'agit pas de ma mission. Si Mons descend, c'est un véritable gâchis. Quand je vois la volonté présidentielle, l'aide de la Ville et les infrastructures, il y a un potentiel énorme. La Louvière réussit des résultats car le sportif s'est construit autour des hommes : Roland Louf et Ariel Jacobs dans un premier temps, moi et Albert Cartier ensuite. Par contre, on ne comptait que des bénévoles sur le plan commercial. A Mons, il y a une base mais il manque les résultats. Et là, on parle de directeurs sportifs. Si à La Louvière, on avait eu ces infrastructures et un président qui n'a pas peur d'investir, cela aurait été génial et si à Mons, le club avait disposé d'un entraîneur comme Cartier, il serait toujours en D1. Il n'y a pas eu de stratégie sportive. Si l'Albert n'arrive pas à éviter la relégation, il faudra faire un gros travail de reconstruction. Les erreurs du passé ne seront plus commises mais le président doit faire autour de lui un vrai nettoyage. Quels que soient les clubs, si l'entraîneur et le directeur technique s'entendent bien, cela résout pas mal de problèmes. Il faut du dialogue et c'est ce qui se passe avec Michel Wintacq. Je suis venu ici pour positiver. " Quant à l'avenir, Pauwels nous disait avoir trouvé en fin de semaine dernière un accord de deux saisons avec Metz comme recruteur. Il s'occuperait de scouter l'Europe du Nord : Belgique, Pays-Bas, Allemagne et Scandinavie. Un beau terrain de chasse pour l'ex-Loup... " " A la mi-janvier, alors que j'étais encore en place à La Louvière, un agent de joueurs m'a appelé pour me voir et m'a fixé rendez-vous à la pizzeria Chez Bertoni dans le centre. Il m'a proposé de toucher une commission sur le transfert d'un pilier de l'équipe. J'ai refusé en lui disant que de telles pratiques étaient contre mes agissements. Cet agent m'a alors appris que c'était Laurent Denis, l'avocat du club, qui était l'initiateur de cette tentative de corruption. J'ai immédiatement appelé le président qui m'a répondu qu'il ne savait pas à quoi je faisais allusion et qu'il fallait cesser les gamineries û il parlait des bisbrouilles existantes depuis un certain temps entre Denis et moi. J'ai également joint Denis en qualifiant ces pratiques d'actes crapuleux. Il m'a répondu qu'il avait agi ainsi car il avait des soupçons suite au transfert de Manaseh Ishiaku et de Michaël Klukowski à Bruges. Mais c'est lui qui a signé les papiers à Bruges. Il a ajouté qu'il avait fait cela pour être sûr que tout soit clair. Je lui ai annoncé que j'enverrais un courrier via mes avocats et il m'a répondu que si je faisais cela, j'étais mort et que je serais viré. Au Soulier d'Or, j'ai pris Laurent Denis à partie devant témoins. Et le 2 février, j'envoie un courrier par l'intermédiaire de mes avocats Mes Megyeri et Vanden Eynde ( il sort une copie du courrier qui met l'accent sur " des fautes qui si elles s'avéraient confirmées ou établies seraient de nature à compromettre le club ". Cette missive ajoute que Stéphane Pauwels " a été sollicité pour s'entremettre dans le transfert d'un joueur (...) dans des conditions financières anormales notamment au moyen de versements occultes "). Je voulais informer le club de façon solennelle afin comme je le fais état dans la lettre que le club " prête attention directe aux transferts des joueurs ". Après, le club a fait le mort mais je sentais que mes heures étaient comptées. J'ai été viré la semaine précédant certaines décisions importantes comme l'abandon de l'affaire du ballon crevé, l'alignement des jeunes face à Bruges, la signature de Laurent Gomez et Marcos. Ils ne voulaient tout simplement pas que je sois encore là pour prendre ces décisions. Ils savaient que j'étais contre l'abandon de la plainte contre Anderlecht. Si tu décides d'attaquer, tu dois aller jusqu'au bout. Le lundi, je recevais mon C4 et le mardi midi, je devais avoir vidé mon bureau. On avait conclu un accord à l'amiable : ils me payaient trois mois de salaire, me laissaient l'auto et le téléphone pendant trois mois et je conservais pour cette période mes frais, sécurité sociale et congés payés. J'ai accepté même si mon contrat prévoyait un pourcentage sur les joueurs vendus. Le président m'avait demandé de ne pas m'adresser à la presse mais le soir même, il me massacrait sur mon bilan commercial à Antenne Centre. J'ai gardé tous les passages télévisés et les articles dans lesquels il me chargeait. Le jeudi, mon téléphone était coupé et le vendredi, on m'annonçait que je devais rendre la voiture et le téléphone et que je ne recevrais que les trois mois de salaire. En oubliant les autres avantages. J'ai envoyé alors des courriers pour clôturer l'affaire. Je n'attendais pas que l'argent. Il me fallait également les documents ad hoc pour avoir droit au chômage. Comme ils ne répondaient à aucun courrier, mes avocats et moi avons décidé de faire descendre les huissiers lors du match de Coupe car on savait que la recette était partagée entre les deux clubs et que Gaone ne voulait pas avoir de problèmes avec Bruges. Comme ils ne donnent toujours pas de nouvelles, j'ai décidé de faire valoir la totalité de ce à quoi j'avais droit (pourcentages, etc) et cela se monte à 30.000 euros. Ils ont sali mon travail que j'estime correct. J'avais une super image en France et après six mois en Belgique, elle est un peu écornée. En France, les bruits courent que j'ai trempé dans des magouilles à La Louvière. J'ai mal vécu mon licenciement. J'ai maigri de 5 kilos et hormis le fait que Denis voulait ma peau, je ne vois pas pourquoi on m'a viré. Je les trouve très légers dans leur défense. Je n'ai pas fait de fautes graves : on me licencie sur un désaccord dans la gestion commerciale et administrative mais on fait du bénéfice ! Et en plus, dans son communiqué à Sport/Foot Magazine, Gaone dit que je peux travailler dans un grand club ". " Les Loups sont sauvés à la trêve et ils vont sans doute réaliser le meilleur total dans l'histoire du club, 44 points. Contrairement à ce que certains prétendent, c'est moi qui ai amené Albert Cartier au club. Il suffit de le lui demander ! On voulait mettre sur pied un projet. Et après les départs du mercato hivernal, faire venir quatre ou cinq joueurs avec un salaire de 4.000-5.000 euros mais c'était déjà trop demander. J'étais au travail à 7 h 30 et je quittais souvent le stade à 21 h. Et j'étais pratiquement seul pour accomplir une tâche énorme. Philippe Lacroix (ancien secrétaire du club) a été viré et pour le remplacer, on a placé José Lambert qui ne connaissait rien aux règlements de l'Union Belge. Il deviendra un jour un bon secrétaire mais je ne pouvais pas encore compter sur lui. Tout autour d'Albert Cartier et de moi, il n'y avait que des bénévoles. Le responsable du matériel, il a fallu six mois pour le virer. Or, quand il gelait et que Gunther Van Handenhoven lui demandait des gants, il lui répondait qu'il les aurait le lendemain. J'ai réussi à supprimer les gros salaires du club en vendant en été Peter Odemwingie grâce à mes connexions lilloises et en louant Rogerio à Beer Sheva en Israël. Pour les remplacer, je n'ai proposé aux nouveaux que des salaires entre 1.000 et 6.000 euros ( il montre la feuille des salaires des joueurs arrivés au club sous sa direction). Et je tiens à insister sur ce point car on s'évertue de parler des gros salaires de certains. Il faut arrêter de rire ! Ce que Gaone ne comprend pas, c'est que de tels joueurs ne viendront plus. Il ne les aura plus. On a restructuré le secteur jeunes en attirant Léon Semmeling. On a donné un premier contrat pro à Julien Pinelli, Quantin Durieux et Rony Baynon. J'ai vu les parents pour les convaincre. Tous les jeunes qui ont évolué face à Bruges n'avaient pas leur licence trois mois avant le match. Depuis deux ans, l'équipe Réserve n'avait pas de licence : aucune chance de voir des jeunes en équipe Première, aucune politique de jeunes ! On me reproche mon bilan commercial mais j'étais présent lors de la reconduction du contrat de la banque CPH. J'étais là lors de la venue de Brison. C'est moi qui ai fait venir Bingoal et d'autres sponsors. Et la licence, le club l'a obtenue. Mais sans accès aux chiffres comptables, je ne sais pas faire grand-chose. On me disait que j'étais trop proche des joueurs mais pour me remplacer, Gaone embauche un manager de joueurs ( NDLR : Chris Benoît) qui a raté deux fois ses examens FIFA et qui nous a proposé des joueurs congolais en début de saison. On nous a demandé de les faire jouer mais le lendemain, on les a renvoyés. Et il dit qu'il ne me connaît pas alors qu'il m'a proposé des joueurs en début de saison. Par contre, je suis très fier qu'on me remplace par trois personnes, dont un directeur général, David Delferière,... qui ne viendra qu'une heure par jour au club. On retombe dans le bénévolat et le copinage. D'ailleurs, Chris Benoît est une relation privilégiée de Laurent Denis. Si tu défends un joueur, des clubs comme La Louvière, Lokeren et Gand et un coureur cycliste, tu ne peux pas être une personne qui prend des décisions de dirigeant dans un club. Me Dupont ne fait pas cela. Il y a un manque de cohérence. On ne sait pas si Denis est avocat, dirigeant ou agent de joueurs. Je devais composer avec une personne multicartes. Il nous disait tout ce qui se passait à Gand. Il n'y avait pas de secret professionnel. Marc Degryse m'a même demandé û Il fait quoi chez vous ? Denis a voulu nous imposer également des joueurs australiens ? ( il sort une copie d'une lettre de Laurent Denis adressée à Edi Krncevic, agent des deux Australiens). Dans cette lettre, il indique qu'il est d'accord de les mettre à l'essai alors que ni moi, ni Albert Cartier n'étions au courant. Et la lettre stipule également que si l'essai s'avère concluant, le salaire de chacun sera fixé à 3.000 euros. Alors que certains n'en avaient reçu que 1.000. Et puis, ce n'est tout simplement pas son rôle de s'occuper des tests. Il n'est pas directeur technique. Dans l'affaire du ballon crevé à Anderlecht, il est parti me défendre à l'Union Belge parce que je m'étais énervé contre l'arbitrage. Mais je me trouvais dans la même position que Luciano D'Onofrio à La Gantoise la saison passée. Je ne pouvais pas être puni car je ne disposais d'aucune licence. Et pourtant, il m'a facturé des honoraires de 500 euros pour frais de dossier. Mais il est quand même l'avocat du club, non ? Il fallait batailler sur tout. Gaone a un principe : il ne paie personne. Mario Espartero attendait souvent ses primes et il y avait continuellement des retards de paiement. Marcos a attendu pendant des mois que l'on lui délivre son permis de travail. Tout était prêt. Il a vécu dans une famille d'accueil pendant un mois et demi. Et cette famille attend toujours le prix prévu pour l'hébergement. Et finalement, le gamin a été dormir chez la secrétaire du club avant d'être expulsé. J'appelle cela de l'esclavage ". Stéphane Vande Velde" On me reproche d'être TROP PROCHE DES JOUEURS et mon remplaçant a raté deux fois les examens d'agent FIFA "