Alors qu'elle venait de se faire éliminer en demi-finales à Amelia Island des £uvres d' Amélie Mauresmo, Justine Henin posa ses valises à Charleston consciente que quelque chose ne tournait pas rond chez elle. Fourbue par un début d'année époustouflant qui l'avait vue notamment remporter à Melbourne le troisième tournoi du Grand Chelem de sa jeune carrière (elle s'imposa également à Sydney, Dubaï et Indian Wells), la n°1 mondiale fut contrainte de jeter l'éponge avant même le début de l'épreuve.
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Alors qu'elle venait de se faire éliminer en demi-finales à Amelia Island des £uvres d' Amélie Mauresmo, Justine Henin posa ses valises à Charleston consciente que quelque chose ne tournait pas rond chez elle. Fourbue par un début d'année époustouflant qui l'avait vue notamment remporter à Melbourne le troisième tournoi du Grand Chelem de sa jeune carrière (elle s'imposa également à Sydney, Dubaï et Indian Wells), la n°1 mondiale fut contrainte de jeter l'éponge avant même le début de l'épreuve. Elle dut attendre encore plusieurs jours avant d'être partiellement rassurée sur son état. Plutôt que d'une mononucléose, Henin souffrait d'un virus voisin de cette maladie, appelé cytomégalovirus... Ces dernières années ont prouvé que sous des dehors de femme forte et volontaire, Justine Henin reste une fille fragile sur le plan physique. Les nombreux refroidissements qui jalonnent sa carrière le prouvent à suffisance. Et l'on sait qu'un organisme affaibli attrape plus facilement le moindre virus ou le moindre microbe ambiant. Pour Henin, le coup d'arrêt fut brutal. Il intervint à un moment où elle avait creusé un avantage non négligeable sur ses rivales au classement mondial (plus de 1.000 points d'avance sur Kim Clijsters, et quelque 4.000 sur Mauresmo). " Justine affichait une grande confiance en elle ", expliqua alors Carlos Rodriguez, son entraîneur. " Cette pause tombe à un mauvais moment car je la sentais prête à réaliser de grandes choses. Et personne ne sait comment elle sera lorsqu'elle reprendra la compétition. Il faudra tout mettre en £uvre pour que le moral ne soit pas trop atteint ". Après avoir accusé le coup, la joueuse tenta jour après jour de voir le verre à moitié plein plutôt que celui à moitié vide. Oui, le cytomégalovirus était ennuyant mais oui aussi, elle se retrouvait chez elle, dans cet appartement de Marloie qu'elle aime tant mais où elle ne passe que quelques rares semaines par an. L'occasion lui était ainsi offerte de voir les gens en qui elle a confiance. Bref, elle put se ressourcer. Son activité physique fut réduite à sa plus simple expression. A part quelques exercices destinés à garder ses abdominaux bien fermes, Henin ne fit rien. " Ce n'est pas évident d'être privé de faire ce que l'on aime ", fit-elle savoir à un internaute via son site officiel. " Au début, je dormais énormément, mais ce n'est pas forcément bon de dormir trop non plus. A partir de là, je me suis vraiment fixé un rythme de vie, plus ou moins normal, en maintenant une petite activité, comme par exemple aller faire une balade à vélo. J'ai également beaucoup lu et regardé la télévision. Cela m'a fait du bien parce que je crois que de toute façon, j'en avais besoin ". Une semaine après l'annonce du virus, Henin et Rodriguez décidèrent qu'elle ne disputerait aucun tournoi avant Roland Garros, à condition évidemment d'être en mesure de défendre son titre à la Porte d'Auteuil. Le samedi 1er mai, au terme des deux semaines d'inactivité quasi totale, Henin se rendit une nouvelle fois chez son médecin traitant pour voir où elle en était. C'est avec soulagement qu'elle accueillit la bonne nouvelle : elle pouvait reprendre l'entraînement. Le feu vert ne signifia pas pour autant qu'elle s'alignerait à Paris mais elle avait au moins le loisir de tout mettre en £uvre pour tenter d'être prête dans les temps. " Il va de soi que si un pépin devait intervenir dans les prochains jours, nous n'hésiterions pas à faire une croix sur Roland Garros ", argumenta alors Pierre-Yves Hardenne, le mari et manager de la joueuse. " Plus que tout, c'est l'état de santé de Justine qui compte. Si nous sommes trop justes pour Paris, les efforts seraient alors concentrés sur Wimbledon ". Tant et si bien qu'en fin de semaine dernière, Henin s'entraînait en compagnie de son fidèle entraîneur à Géronsart, dans la région namuroise. Le duo sera bientôt rejoint par Pat Etcheberry, le préparateur physique de la n°1 mondiale, qui n'a pas hésité une seconde à revoir son agenda (il s'occupe de nombreux autres athlètes de haut niveau, toutes disciplines confondues) pour voler au secours de sa protégée. Nul doute qu'il ressentira un décalage entre le Saddlebrook Resort de Tampa (Floride) et le club où Justine a fourbi quelques-unes de ses meilleures armes dans sa jeunesse. Il est prévu que l'Américain reste en Europe jusqu'à, et pendant tout le parcours de Henin à Roland Garros. C'est la deuxième fois en peu de temps que le leader du circuit féminin travaille aux côtés d'Etcheberry cette saison. Après Indian Wells, elle s'était envolée pour Tampa pour y parfaire sa condition en vue de la saison sur terre battue. C'est là que les premiers signes de fatigue apparurent. Rodriguez s'en souvient comme si c'était hier : " Après quelques jours sur place, Justine m'a dit qu'elle dormait beaucoup. Cette fatigue n'était pas normale parce qu'elle avait quitté Indian Wells pas plus éprouvée physiquement que cela. Ce fut même l'un des tournois où elle passa le moins de temps sur les courts ". L'entraîneur exclut toutefois que le travail fourni à Tampa puisse être à la base de l'excès de fatigue : " Le programme concocté par Pat fut même plutôt léger eu égard aux sommes de travail qu'elle a déjà subies par le passé. Elle fit plus de courses que la normale, avec beaucoup de glissades notamment, mais très peu de power-training. Quant au tennis pur, elle joua en moyenne 1 h 10 par jour, pas plus, et encore sous des températures plutôt fraîches pour la saison ". Les signes inquiétants de fatigue sortirent au grand jour lors de la demi-finale à Amelia Island contre Mauresmo. Dès après le premier set, remporté par la Belge sur le fil, cette dernière glissa un mot à son entraîneur dans les tribunes. " Je suis cuite ! " De ce match, Rodriguez retient un détail : à un moment donné, Justine perdit... neuf points d'affilée. " Du jamais vu chez elle ! ", confirme le Belgo-Argentin. L'inquiétude fit plus tard place au réalisme... Florient EtienneDes abdos et BEAUCOUP DE SOMMEIL...