COACHING avantage Ferguson

Petit avantage pour Alex Ferguson qui, avec son énorme expérience des tout grands rendez-vous européens, est capable d'amener son groupe au jour J en enlevant un maximum de pression pour que les joueurs ne soient pas stressés par l'importance de l'enjeu.
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Petit avantage pour Alex Ferguson qui, avec son énorme expérience des tout grands rendez-vous européens, est capable d'amener son groupe au jour J en enlevant un maximum de pression pour que les joueurs ne soient pas stressés par l'importance de l'enjeu. De l'autre côté, Josep Guardiola a une énorme envie de décrocher son premier trophée en Europe mais ne doit pas faire passer un trop plein d'enthousiasme à ses hommes. La gestion des événements du match et les éventuels réajustements tactiques sont également à l'avantage de Ferguson qui, grâce à son énorme vécu, est capable de mieux gérer les changements à opérer dans l'occupation du terrain par rapport à l'adversaire. Le talent individuel est probablement légèrement supérieur du côté catalan. Mais cet avantage minime est certainement compensé par la rigueur et la discipline côté anglais. Les qualités techniques dans les petits espaces sont meilleures chez les Lionel Messi, Samuel Eto'o, Thierry Henry et autres que chez les coéquipiers de Cristiano Ronaldo. Barcelone : circulation du ballon, jeu au sol, haute technicité, vitesse d'exécution, facilité à marquer un but, danger pouvant venir de partout, présence dans le trafic aérien... Manchester : solidité défensive, supérieur à Barcelone dans le jeu long et direct, très solide dans les duels offensifs et défensifs de la tête, C. Ronaldo le meilleur tireur de coup franc des deux équipes, force mentale supérieure... Les deux coaches disposent généralement leur équipe dans un 4-3-3 des plus classiques avec des ailiers qui changent de flanc et qui bougent énormément (surtout au Barça) et un milieu de terrain en triangle qui modifie continuellement sa structure en fonction de la possession et de la zone du ballon. La défense se compose dans les deux équipes de quatre éléments évoluant en ligne en perte de balle et essayant de réaliser un gros pressing sur le porteur du ballon et un marquage dans la zone, mais assez stricts sur les attaquants adverses. Trouver le bon mixte entre un pressing de tous les instants sur le porteur du ballon et de ne pas de jouer trop haut : laisser des espaces dans le dos de leur défense favoriserait le jeu en profondeur des Espagnols. En contre-attaque, Man U doit trouver l'espace libre (généralement sur les flancs où les arrières latéraux, Dani Alves et Eric Abidal participent énormément aux offensives) pour se retrouver devant le but adverse le plus rapidement possible. Bien gérer les phases arrêtées offensives comme défensives car au niveau de la possession de balle, elle devrait être inférieure du côté de Manchester. Espérer que Wayne Rooney et Ronaldo soient au sommet de leur efficacité. Il faudra défendre avec une très grande agressivité sans tomber dans la violence, synonyme de cartes et de phases arrêtées dangereuses. Barcelone grâce à son jeu de circulation (le meilleur au monde) devra faire bouger les Mancuniens, ce qui n'est pas si simple car ils ont réussi cette année à aligner plus de 1.000 minutes sans prendre de but. Son jeu rapide de combinaisons doit aussi donner la part belle aux passes dans les intervalles mais Chelsea a prouvé en demi-finale que lorsqu'on défend assez bas et de manière très groupée, Barcelone peut rester 180 minutes sans se créer de véritables occasions de but. C'est là que les Catalans doivent se montrer patients et varier beaucoup plus les lignes de courses et de passes pour prendre à revers une des meilleures défenses du monde. Les permutations doivent être continuelles : Xavi Hernandez et Andres Iniesta doivent aussi se présenter aux 16 mètres pour mettre en péril l'arrière-garde de Manchester. Comme pour Manchester, la gestion des coups de pieds arrêtés risque d'être déterminante. Les deux équipes sont dans une situation pratiquement similaire avec, à peu de choses près, le même nombre de matches disputés depuis le début de saison. Les deux entraîneurs ont eu la possibilité de faire reposer l'ensemble du groupe le week-end dernier car les deux clubs ont déjà fêté les lauriers dans leur championnat respectif. Mentalement, les joueurs sont frais dans leur tête car une victoire ce soir serait, des deux côtés, considérée comme la cerise sur le gâteau. Cependant, le banc catalan est peut-être un peu supérieur notamment au niveau de l'attaque. Comme souvent en match de très haut niveau, la différence risque de se faire de manière individuelle (soit via une grossière erreur défensive, technique ou de repositionnement), soit via la créativité d'un footballeur qui va connaître son jour de gloire. De ce point de vue, les joueurs sont nombreux à pouvoir faire la différence par un exploit individuel. La décision risque de se jouer sur des détails et ce sera probablement l'équipe qui va le mieux... défendre qui a le plus de chances de remporter le match. Bien défendre veut évidemment dire ne pas donner d'occasion à l'adversaire et ne pas commettre trop de fautes dans les zones dangereuses, mais cela signifie aussi attaquer en assurant ses arrières et en n'offrant pas à l'opposant les espaces qui pourraient faire basculer la rencontre. par étienne delangre