"On efface tout et on recommence ". C'est en ces termes qu' Ariel Jacobs s'est adressé à ses ouailles lors du grand rassemblement des troupes. Plus facile à dire qu'à faire pour une équipe qui avait encaissé deux solides uppercuts durant la saison précédente. D'abord une élimination européenne sans gloire face au modeste BATE Borisov, puis un titre perdu de peu contre le Standard. Des contre-performances qui auront manifestement laissé des traces dans les esprits car l'ambiance n'était pas vraiment à la fête à la reprise. Et ce, dans tous les rouages du club.
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"On efface tout et on recommence ". C'est en ces termes qu' Ariel Jacobs s'est adressé à ses ouailles lors du grand rassemblement des troupes. Plus facile à dire qu'à faire pour une équipe qui avait encaissé deux solides uppercuts durant la saison précédente. D'abord une élimination européenne sans gloire face au modeste BATE Borisov, puis un titre perdu de peu contre le Standard. Des contre-performances qui auront manifestement laissé des traces dans les esprits car l'ambiance n'était pas vraiment à la fête à la reprise. Et ce, dans tous les rouages du club. On en doute, avec une direction qui s'est d'emblée refusé à tout commentaire avant la traditionnelle conférence de presse du 24 juillet. En haut lieu, on n'a toujours pas digéré le double échec et, surtout, le pactole financier de 30 millions d'euros assuré, soit deux ratages pour les poules de la CL... Une somme qui aurait dû permettre au RSCA d'envisager le futur avec sérénité. En lieu et place, c'est le Standard qui aura fait la grosse affaire : 15 millions assurés en Ligue des Champions, auxquels il faut encore ajouter les 18 liés à la vente de Marouane Fellaini. C'est Byzance à Sclessin alors qu'au Parc Astrid, on racle les fonds de tiroirs. Et il n'y a pas que les dirigeants qui ruminent leur déception. Lors du premier entraînement, Ariel Jacobs n'était pas à prendre avec des pincettes non plus, s'abstenant de tout commentaire aux journalistes. Lui qui avait encore confié, quelques semaines plus tôt, que l'élimination européenne face aux Biélorusses allait le poursuivre toute sa vie, n'aura pas vraiment été réconforté suite à la perte du titre. Effacer tout et recommencer, sera-ce vraiment aussi facile pour le coach ? On a de la peine à le croire, en tout cas, lorsqu'il dit qu'une pastille Rennie lui a suffi pour digérer les événements. Sans oublier les joueurs. La plupart ont traîné leur éviction européenne comme un véritable boulet tout au long de la saison passée. Ne risquent-ils pas, cette fois encore, d'accuser le coup après leurs déboires devant le Standard ? L'un n'est pas l'autre, bien sûr, mais Tom De Sutter, pour ne citer que lui, a eu du mal à évacuer : " J'étais en vacances avec le défenseur courtraisien Bram De Ly, notamment, et j'ai été abondamment charrié à propos de ce sacre qui nous a filé sous le nez. A force d'en remettre une couche, on ressasse tout. Ce n'est qu'à la fin des vacances que j'ai repris le dessus. Mais c'est sûr que tout ça ne s'efface pas d'un coup de cuiller à pot. Seuls les résultats peuvent nous aider en ce sens. " Avec un noyau qui n'a pas bougé d'une saison à l'autre, hormis les adjonctions des jeunots défenseurs Ondrej Mazuch (Tchèque, 20 ans) et Renan Felipe Bonfleur (Brésilien, 18) d'aucuns estiment être suffisamment compétitifs en prévision de la saison à venir. Ceux-là mettent en exergue les 77 points glanés par les Sportingmen dans la course au titre, voici quelques semaines, soit autant que le Standard. Ou encore le total de 75 buts marqués, à savoir 9 de plus que les Liégeois. Reste qu'on n'en serait sans doute pas arrivé à une photo-finish si les joueurs de Laszlo Bölöni avaient pu se concentrer sur un objectif seulement, lisez le championnat. Dans ce cas, tout porte à croire que l'écart entre les rivaux de toujours eût été beaucoup plus marqué. Chez les Rouches, on a trouvé rapidement la parade pour remplacer Fellaini. Au Parc Astrid, par contre, on n'a jamais su gérer la longue indisponibilité de Nicolas Frutos. Et, ce qui vaut pour lui, était d'application également à d'autres incontournables comme Jelle Van Damme ou Jan Polak. Trois éléments dont les absences se seront lourdement fait ressentir dans le rendement des Mauve et Blanc. La bonne nouvelle, c'est qu'ils sont toujours là actuellement, même si le retour de l'Argentin a été différé au 18. La mauvaise, c'est que leur concours restera tout aussi précieux cette saison puisque le groupe n'a pas subi de modification notoire. Au RSCA, beaucoup croiseront à coup sûr les doigts pour qu'il ne leur arrive rien de fâcheux en 2009-2010. Si Mazuch faisait l'objet d'un suivi depuis de nombreux mois, la présence de Renan lors de la toute première séance de préparation collective a surpris tout le monde. Sauf le directeur de la cellule scouting, Rik Van de Velde. " Grâce aux missions de repérage que nous avons effectuées depuis le début de l'année, nous disposons d'une ou plusieurs solutions de rechange pour chaque poste ", dit-il. " Si Polak quitte le club, nous avons trois noms susceptibles de le remplacer dans notre listing. La priorité, dans le cas qui nous préoccupe, c'était toutefois la défense, vu les interrogations concernant l'avenir de Roland Juhasz. Il y a des pistes, mais elles sont encore fort onéreuses. D'autres constituent de bonnes affaires actuellement, mais il ne faut pas traîner. Et c'est ce qui nous a amenés chez Renan. Werner Deraeve l'a vu à l'£uvre avec les doublures du FC Santos et s'est dit d'emblée charmé. Il s'agit alors d'aller rapidement en besogne car dès l'instant où le joueur monte en Première, et qu'il a l'occasion de se distinguer en championnat, il est peut-être déjà trop tard pour nous. En l'espace d'un mois, le prix du joueur peut facilement passer du simple au triple, si pas plus. Avec Mazuch et Renan, auxquels il convient d'ajouter le jeune défenseur belge Birger Longueville, on a fait de bonnes affaires sur le plan qualité-prix et sur le long terme. D'autres sont envisageables également pour les autres secteurs. Les noms sont là. Pour l'attaque, notamment. Car tout porte à croire que l'équipe entamera la saison sans Mbark Boussoufa et Nicolas Frutos. " L'un des candidats attaquant que le Sporting lorgne est le Japonais Keisuke Honda, buteur de Venlo (D2). Avec 23 goals à son actif, il n'a pas tapé que dans l'£il du RSCA. Aux Pays-Bas, l'Ajax et le PSV sont sur ses rangs aussi : de quoi faire gonfler son prix de 3 à 5 millions d'euros. Anderlecht peut-il s'aligner ? Non, sans aucun doute. Le maximum que le club ait jamais dépensé, c'est 3,5 millions d'euros pour Boussoufa. Un record qui aurait pu être battu avec la venue de Bryan Ruiz, pour lequel la direction était disposée à faire un effort en cas de titre et, par là même, de qualification pour la phase finale de la Ligue des Champions. On sait ce qu'il en est advenu, et on sait aussi quel rôle le Costa Ricain a joué dans cet échec. Du coup, il ne fait plus figure de priorité. Eu égard à son manque de rentrées, Anderlecht ne se rabattra pas, non plus, sur un joueur de cet ordre de grandeur-là. Il est d'ailleurs symptomatique de constater que Mazuch a été loué avec option d'achat, comme l'avait été Victor Bernardez. Pour le Hondurien, 550.000 euros avaient été déboursés. Le jeune Tchèque, lui, en coûtera un peu plus du double : 1,2 million, ce qui reste raisonnable. En réalité, la seule chose qui puisse changer la donne, c'est un gros départ, synonyme de jackpot. Mais pour le moment, ce n'est pas l'effervescence à ce niveau. La preuve : aucune offre n'est pour l'instant parvenue au stade Constant Vanden Stock pour Lucas Biglia, Polak, Boussoufa et Juhasz qui semblaient pourtant demandés voici peu. Signe que la prudence n'est pas seulement de mise qu'au Sporting... Jacobs a été fort épargné par les critiques, tant externes qu'internes, tout au long de la saison passée. Ce qui peut surprendre quand on sait que certains, dans sa position, ont été remballés pour moins que ça. Comme Luka Peruzovic, renvoyé jadis alors que son équipe caracolait en tête avec 5 points d'avance. Au nom de ses qualités et de son entregent, le Diegemois a pas mal de crédit mais il ne faudrait pas que l'étiquette de loser lui colle une nouvelle fois à la peau. Car Anderlecht n'aime pas les seconds rôles. Jacobs joue d'autant plus gros, dans les semaines à venir, qu'il en est à sa troisième campagne à la tête des Mauve et Blanc. Autrement dit, celle qui a été fatale à ses devanciers, Frank Vercauteren et Hugo Broos. Par rapport à eux, l'entraîneur en place paraît quand même mieux en selle. On n'en veut pour preuve que les mots du secrétaire général du club, Philippe Collin, qui souhaite voir en lui le Guy Roux d'Anderlecht. Mais Jacobs le veut-il lui-même ? Récemment, après qu'il eut fait, pour S/F Mag, l'analyse de la saison écoulée, l'homme s'interrogeait sur son avenir. " Je me demande si, dans deux ou trois ans, je ne prendrai pas ma pension, tout simplement ", nous avait-il dit en substance. " Je me donne à 200 % et je fais d'énormes concessions, surtout sur le plan familial. Parfois je me demande si le jeu en vaut la chandelle. Ici, quand on gagne, c'est le mérite de l'équipe. Et quand on perd, c'est la faute de l'entraîneur. Je ne sais pas si j'ai encore envie de m'accommoder de ça longtemps. Je préfère vivre pauvre que mourir riche. Une chose est sûre : quoi qu'il advienne, je ne tomberai jamais de haut, croyez-moi. Je connais la chanson. "par bruno govers