Qu'ils sont retenus, insuffisamment louangeurs, les commentaires sur les débuts de Guy Luzon ! Certes, ce n'est qu'un commencement et les saisons sont longues. Mais aligner neuf victoires consécutives (avant Mons), c'est toujours une grosse perf, quels qu'aient été les opposants ! Faire continuellement la fine bouche sur la valeur relative de ceux-ci, c'est oublier que le foot est LE sport où une saison se réussit quand on n'a pas fait les cons, et paumé des points, contre des adversaires prétendument faibles : ce que le jargon traduit par gagner même en jouant mal ! J'ignore donc encore si le Standard joue bien au sens utopique du terme, mais je sais depuis lurette qu'en foot de compète, d'un point de vue terre-à-terre, bien jouer c'est gagner : et là, les débuts de Luzon m'épatent pour deux raisons.
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Qu'ils sont retenus, insuffisamment louangeurs, les commentaires sur les débuts de Guy Luzon ! Certes, ce n'est qu'un commencement et les saisons sont longues. Mais aligner neuf victoires consécutives (avant Mons), c'est toujours une grosse perf, quels qu'aient été les opposants ! Faire continuellement la fine bouche sur la valeur relative de ceux-ci, c'est oublier que le foot est LE sport où une saison se réussit quand on n'a pas fait les cons, et paumé des points, contre des adversaires prétendument faibles : ce que le jargon traduit par gagner même en jouant mal ! J'ignore donc encore si le Standard joue bien au sens utopique du terme, mais je sais depuis lurette qu'en foot de compète, d'un point de vue terre-à-terre, bien jouer c'est gagner : et là, les débuts de Luzon m'épatent pour deux raisons. D'abord, le gars les réussit sans avoir débarqué comme le Messie : au contraire, les supporters l'ont regardé comme un pestiféré, protégé d'un prési haï, coupable d'avoir supplanté un Mircea Rednic décrété héros. Rednic qui vient de se faire virer en Roumanie, tandis que Ron Jans pète en ce moment des flammes en Eredivisie... Deux rappels pour dire que les coaches de foot sont, au mieux, des magiciens momentanés : et qu'il faut les laisser jouir de ces moments-là, au lieu de persister alors à leur chercher des poux ! Luzon fait un peu trop l'acteur à mon goût le long de sa touche, mais comment ne pas le comprendre, c'est sa manière de profiter du bonheur présent ! Et c'est un peu vache de minimiser ses débuts réussis, en affirmant maintenant que ce noyau-là est obligé d'être champion (Dominique D'Onofrio), ou que Luzon a reçu un beau cadeau : un Standard qui luttera pour le titre (Marc Degryse). Sorry Marc, pas d'accord pour une fois : ce noyau était d'abord un foutoir, et c'est le boulot de Luzon qui en fait, pour l'instant, un réel cadeau ! Noyau qui n'est pas plus contraint au titre que celui d'Anderlecht ou Bruges... Ensuite et surtout, par sa manière intensive d'utiliser tout ce noyau, Luzon montre qu'il en a dans la culotte, c'est même de l'inédit dans notre compétition : Luzon n'a pas que des caïds, mais fait tourner comme dans les top-clubs européens dégoulinant de cadors ! C'est bien plus que donner du temps de jeu à 23 ou 24 joueurs : c'est prendre le risque d'aligner quasi à chaque match de supposés seconds couteaux dans le onze de base, en maintenant sur le banc les supposés premiers couteaux ! Wouaw, de Pierre-Yves Ngawa à Alessandro Iandoli en passant par Dudu Biton ou Reza Machinchoooose, Luzon ose des essais en matches de compétition ! Trop facile de dire bof bof après coup, prétendant qu'il a pu aligner des réservistes tant l'adversaire était faible ! Débuter à Xanthi en laissant Yoni Buyens sur le banc, aligner Ibrahima Cissé avec François Marquet durant 90', c'est méga-gonflé ! Hypothéquer l'Europa League en déplacement contre Minsk en lançant Julien De Sart ou en relançant Tal Ben Haïm, mais sans Laurent Ciman, ni Kanu, ni Imoh Ezequiel, oufti quel culot... imaginez les boulets rouches tirés sur la pomme à Guy en cas de contre-perf mortelle ! Dans sa gestion de noyau, plantureux comme partout, Luzon a compris qu'on pouvait supporter de ne pas se sentir essentiel, mais que ça pourrissait l'ambiance de se sentir totalement inutile : aligner les victoires sans William Vainqueur et dribbler brillamment ce pourrissement potentiel, c'est un grand exploit de début de saison. Luzon ne pourra pas faire tourner toujours, ni toujours cacher ses préférences : viendra par exemple un moment où un Igor De Camargo sentira qu'on lui préfère Michy Batshuayi, ou vice versa, et faudra voir si l'évincé supportera ! Viendra un moment où les résultats seront moindres, je vous bafouille d'ailleurs ceci sans connaître le résultat des Rouches à Mons ! En attendant, chapeau à Luzon qui mérite davantage d'estime. Imaginons les résultats actuels avec Enzo Scifo à Sclessin et Luzon au Tondreau : notre Enzo serait porté aux nues, Luzon serait déjà viré... Bernard JeunejeanLes coachs de foot sont, au mieux, des magiciens momentanés.