Il a fui et s'est caché. Saeid Mollaei (28 ans) hoche la tête d'incompréhension. Champion du monde 2018 à Bakou, il a été accueilli et traité en héros par l'Iran, à son retour. 14 mois plus tard, il était " quelque part en Allemagne ", comme l'écrivait un journaliste d' Associated Press. Il avait obtenu le droit d'asile mais redoutait toujours des représailles du régime envers sa famille.
...

Il a fui et s'est caché. Saeid Mollaei (28 ans) hoche la tête d'incompréhension. Champion du monde 2018 à Bakou, il a été accueilli et traité en héros par l'Iran, à son retour. 14 mois plus tard, il était " quelque part en Allemagne ", comme l'écrivait un journaliste d' Associated Press. Il avait obtenu le droit d'asile mais redoutait toujours des représailles du régime envers sa famille. " Regardez-moi. J'ai tout reçu. Mes vêtements, des dons. Je n'avais plus rien à mon arrivée en Allemagne. Pourtant, je ne regrette absolument pas ma décision. Je veux mener une existence libre et prouver au monde entier que j'ai le courage de l'obtenir. " Quelques mois plus tôt, alors qu'il devait défendre son titre en - 81 kilos au Japon, son univers s'était effondré. Il avait gagné ses deux premiers combats par ippon mais le régime du président Hassan Rohani se faisait du souci : l'Israélien Sagi Muki avait également aisément gagné ses deux premiers combats et une confrontation était exclue, la république islamique interdisant toujours à ses athlètes de se mesurer à des Israéliens, même s'ils ont travaillé pendant des mois, voire des années, pour préparer un championnat. Le vice-ministre iranien du Sport a enjoint Mollaei de se retirer du tournoi. Il a refusé et a remporté ses deux combats suivants par ippon, contre Khasan Khalmurzaev (Russie) et Antoine Valois- Fortier (Canada). Le président du comité olympique iranien lui a alors annoncé que des agents des services de sécurité étaient au domicile de ses parents. Il est quand même monté sur le tatami mais a perdu en demi-finale contre Matthias Casse, l'espoir belge du judo. Il a délibérément perdu, a-t-il fait savoir à la fédération internationale de judo. " Je n'ai pas osé gagner, de peur qu'il n'arrive quelque chose à ma famille ou à moi-même ", a-t-il déclaré après avoir quitté en secret la délégation iranienne pour fuir en Allemagne. Le titre mondial est revenu à l'Israélien, avec lequel il a posé pour une photo en novembre, au tournoi d'Osaka. " C'est là une véritable amitié et la victoire du sport sur la politique ", a écrit Muki sur son compte Instagram. L'ancien champion du monde iranien, actuellement numéro trois mondial, a été accueilli à bras ouverts par Chaltmaagiin Battulga, le président de la Mongolie, ancien président de la fédération de judo de son pays. Ces dernières années, plusieurs de ses judokas ont rejoint l'Azerbaïdjan et il espère renouer avec le succès grâce à Saeid Mollaei. " C'est sans doute la meilleure solution ", a déclaré le judoka lorsque le président lui a remis en personne sa nouvelle carte d'identité, durant une cérémonie très médiatisée. " Désormais, je peux combattre contre tout le monde, en toute liberté. "