Les problèmes des Zèbres commencent à inquiéter le monde politique carolo. Il ne serait pas de bon ton pour la capitale sportive de la Wallonie que le Sporting se retrouve en D2 ou, pire, soit emporté par une tempête financière. La Ville a probablement apprécié le coup de barre donné avec l'arrivée de Dante Brogno, enfant du pays, à la tête de l'équipe.
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Les problèmes des Zèbres commencent à inquiéter le monde politique carolo. Il ne serait pas de bon ton pour la capitale sportive de la Wallonie que le Sporting se retrouve en D2 ou, pire, soit emporté par une tempête financière. La Ville a probablement apprécié le coup de barre donné avec l'arrivée de Dante Brogno, enfant du pays, à la tête de l'équipe. "Charleroi a l'habitude de résoudre de gros problèmes, plus importants que ceux du football", dit Claude De Spiegeleer, échevin des Sports. "Je songe, entre autres, à l'industrie lourde qui a traversé tant d'oragesQuand cela va mal, Charleroi peut compter sur des hommes de qualité qui trouvent des solutions". De Spiegeleer est connu pour son optimisme sans faille. La Ville n'a plus de siège au conseil d'administration des Zèbres mais le chiffre probable du passif (5.125.000 euros en fin de saison, sans compter un prêt du même montant) pourrait peser lourd pour l'obtention de la licence ou couler carrément les finances du club. D'aucuns craignent même une faillite. "Là, je n'en crois rien", ajoute Claude De Spiegeleer. "Le président de Charleroi est un grand businessman, un homme compétent. Quand il donne sa parole, c'est pour mener sa mission à bien. Il a découvert un milieu particulier où le coeur l'emporte parfois sur la raison mais a rectifié pas mal de choses cette saison. La Ville a totalement confiance en Abbas Bayat". Mais que se passerait-il en cas de gros pépin? Exemple: une descente ou un dépôt de bilan. "Je n'y crois pas du tout mais, dans ce cas de figure, nous aurions alors un gros problème", reconnaît De Spiegeleer. Le stade du Pays de Charleroi, qui appartient à la Ville, ne pourrait être désert après avoir tant coûté au contribuable. Claude De Spiegeleer a réveillé l'Olympic et il y a désormais de bonnes synergies entre les Dogues et les Zèbres. Un mariage ne serait cependant pas une solution ambitieuse. Par contre, à 20 bornes de Charleroi, les Loups s'en tirent sur le plan sportif mais le Tivoli est dépassé. La Louvière et le club n'ont pas les moyens d'en construire un autre. Filippo Gaone a déjà dit, via de petites phrases, qu'une collaboration avec d'autres clubs, ou villes, l'intéressait. Mons a décidé de voler de ses propres ailes mais, en réalité, Gaone, a toujours eu un faible pour les Zèbres (dont il fut naguère un sponsor) et c'est un Carolo. Il sait que la Ville de La Louvière apprécie le foot du bout des lèvres, sans plus. Ses messages à peine codés via la presse n'ont jamais eu de réponses du monde politique carolo. Mais si Charleroi s'enfonçait, les Loups ne pourraient-ils pas s'installer au Mambourg, changer de nom et y assurer la présence d'un bon club de football avant les élections législatives de 2003 et le scrutin communal de 2006? "Votre suggestion a le mérite d'exister", souligne De Spiegeleer. Il n'y a pas de contacts entre la Ville et Gaone (qui en a marre de mettre la main au portefeuille sans avoir la certitude que cela aille mieux un jour) mais le scénario a des partisans tant dans le Centre que dans le Pays Noir. "Moi, je ne refuse jamais de discuter ou de rencontrer le gens", avance Claude De Spiegeleer. "Cela vaut la peine de gratter. Si on additionne le nombre d'habitants des communautés urbaines de Charleroi et de la Louvière, cela fait près de 750.000 habitants. Ce serait alors un chiffre qui compterait à l'échelle européenne, un petit Barcelone en quelque sorte".La porte est ouverte, mais Gaone ne désire pas s'exprimer pour l'instant.