C'est le titre d'un bouquin de 500 pages, écrit par quatre gars du site www.cahiersdufootball.net (*). Sur base d'un collectage d'avis et interviews de joueurs mais surtout d'entraîneurs, les auteurs ambitionnent de mettre le foot tout nu : de décortiquer systèmes, postes, possession de ballon, jeu sans ballon, phases arrêtées, pour en extraire la substantifique moëlle et répondre à la question de leur titre ...plus exact si ç'avait été " Comment tâcher de gagner un match de foot ? ".
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C'est le titre d'un bouquin de 500 pages, écrit par quatre gars du site www.cahiersdufootball.net (*). Sur base d'un collectage d'avis et interviews de joueurs mais surtout d'entraîneurs, les auteurs ambitionnent de mettre le foot tout nu : de décortiquer systèmes, postes, possession de ballon, jeu sans ballon, phases arrêtées, pour en extraire la substantifique moëlle et répondre à la question de leur titre ...plus exact si ç'avait été " Comment tâcher de gagner un match de foot ? ". C'est une brique où il y a à boire et à manger, c'est donc forcément indigeste, mais fort intéressant : parce qu'on y lit tout et son contraire, que rien n'est oublié pour sortir du bouquin, convaincu qu'aucune des multiples façons d'envisager le foot n'est le Saint Graal : il n'y a pas qu'une seule vérité tactique, tous les systèmes sont envisageables ...et sabordables selon l'opposition ! Je vous en cause aujourd'hui parce qu'un des coaches cités n'est autre que notreRoberto Martinez dont les réflexions, ici généralistes et datant de 2012 complètent son interview belgicaine d'il y a une semaine dans Sport/Foot Mag... Ainsi Martinez ne croit-il pas au micro-coaching, à cet interventionnisme incessant en cours de match, tel que le gesticule un Pep Guardiola : le sur-coaching peut nuire au talent brut des joueurs, pour lui plus importants que le système. Un joueur capable d'être bon à plusieurs postes en sachant bien ce qu'ils impliquent, c'est mieux qu'un spécialiste d'un seul système : Roberto est pour la flexibilité, la capacité à changer de système, même en cours de match. Le rôle de l'entraîneur est de faire comprendre au joueur ce que l'équipe veut de lui et Martinez pense que c'est dans l'entrejeu que l'on trouve les joueurs les plus intelligents. Toutes réflexions ô combien respectables, mais qui peuvent éclairer le couac avec Radja Nainggolan. Martinez privilégie les joueurs réfléchis, le Ninja est à l'opposé un prototype de joueur instinctif, et c'est cela qui pose problème au coach, bien plus que le choix de son positionnement : si Radja cartonne à Rome, hier reculé dans le jeu, aujourd'hui souvent plus avancé, c'est parce que le collectif romain mise beaucoup sur l'instinct de son guerrier fantasque, ce que le collectif des Diables érigerait difficilement en système prioritaire. N'empêche qu'au cas où le jeu réfléchi foire, Martinez-le-flexible se devrait d'avoir à disposition ce joker fou de top-niveau. Le défi étant que Radja accepte pareille fonction sans tirer sa tronche ! Mais Roberto, que Diable, relever pareil défi, c'est le rôle et la gloire d'un coach, non ? Tandis que baratiner dans Sport/Foot Mag que Nainggolan n'est pas un homme de banc, qu'il doit être important ou pas repris du tout, c'était plutôt se débiner ! Je vois donc un volte-face de Martinez en revoyant le Ninja parmi les 28 en vue des matches contre Mexique et le Japon, ça me rend heureux, et je souhaite au coach une persuasion efficace dans son dialogue avec Radja... Heureux aussi d'apercevoir Adnan Januzaj, parce qu'il est le seul de son profil : nous pouvons avoir besoin d'un gaucher offensif et technique pour soutenir l'homme de pointe, et nous n'avons que lui ! Certes, il n'est pas souvent titulaire en club, mais l'argument est suranné, faut l'oublier, tant chaque situation est aujourd'hui différente : voyez mon p'tit tableau, que ce soit pour blessure ou concurrence, 10 ou 12 Diables potentiels sont en ce moment dans le même cas, non titularisés (T) plus d'un match officiel (MO) sur deux ! Enfin, quand Martinez aura rallié Radja à ses idées, il sera temps pour lui de contacter Silvio Proto, incontestable n°3 de notre hiérarchie malgré Koen Casteels et Matz Sels ! Là, encore, faudra peut-être des trésors de persuasion, mais le Mondial en vaut la chandelle, on n'est jamais assez prudent. (*) Raphaël Cosmidis, Gilles Juan, Christophe Kuchly, Julien Momont. Aux Editions Solar, 2016. PAR BERNARD JEUNEJEAN