Comme à son habitude, Mogi Bayat entre sans frapper. Un peu comme s'il était déjà chez lui. Rien ne semblait pourtant devoir lui ouvrir les portes de Den Dreef, un stade où les moyens investis par King Power - également propriétaire de Leicester - paraissaient augurer un avenir sans recrutement d'urgence. À l'automne dernier, les Louvanistes ont même débauché deux membres de la cellule de scouting de La Gantoise pour moderniser leur recrutement. C'était le temps des ambitions, quand Marc Brys a été prolongé alors qu'il était courtisé par Genk et que les promus jouaient les premiers rôles au sein de l'élite. Les situations de désespoir dans lesquelles Mogi Bayat s'engouffre mieux que personne semblent alors bien loin. Difficile d'imaginer que quelques mois plus tard, le dealmaker le plus hyperactif du Royaume casera coup sur coup Sébastien Dewaest puis Kaveh Rezaei dans le Brabant Flamand.
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Comme à son habitude, Mogi Bayat entre sans frapper. Un peu comme s'il était déjà chez lui. Rien ne semblait pourtant devoir lui ouvrir les portes de Den Dreef, un stade où les moyens investis par King Power - également propriétaire de Leicester - paraissaient augurer un avenir sans recrutement d'urgence. À l'automne dernier, les Louvanistes ont même débauché deux membres de la cellule de scouting de La Gantoise pour moderniser leur recrutement. C'était le temps des ambitions, quand Marc Brys a été prolongé alors qu'il était courtisé par Genk et que les promus jouaient les premiers rôles au sein de l'élite. Les situations de désespoir dans lesquelles Mogi Bayat s'engouffre mieux que personne semblent alors bien loin. Difficile d'imaginer que quelques mois plus tard, le dealmaker le plus hyperactif du Royaume casera coup sur coup Sébastien Dewaest puis Kaveh Rezaei dans le Brabant Flamand. Entre-temps, il y a une série noire. Celle qui, dans la foulée d'une préparation hivernale éprouvante, voit les Louvanistes finir la saison avec seulement deux succès en l'espace de treize rencontres. Le bilan de Marc Brys est contrasté, mais le club maintient sa confiance en celui qui est récompensé par le Trophée Raymond Goethals. Surtout, la bouteille du coach anversois séduit ses dirigeants. "OHL, c'est l'école anglaise. On y demande beaucoup à un coach, on lui donne beaucoup de pouvoir", expliquait Vincent Euvrard en tentant d'expliquer les raisons de son remplacement par Brys au bout de la saison 2019-2020. Toujours désireux d'être écouté, voire impliqué dans le mercato de ses couleurs, Marc Brys renforce son importance au sein du club quand il décline l'offre de Genk pour poursuivre son aventure dans la cité universitaire. À l'aube de la nouvelle saison, alors que le club s'est retrouvé avec un noyau très réduit, le coach a évoqué la nécessité de réaliser dix transferts pour être en phase avec les objectifs du club. Le groupe est affaibli par le départ de l'inépuisable Kamal Sowah, et les envies de départ de Thomas Henry menacent le secteur offensif. La tête du Français est mise à prix pour cinq millions d'euros, et la course à la Premier League avortée de Swansea éteint sa piste principale au bout du printemps. Autant d'éléments qui créent une atmosphère de panique et d'incertitude, renforcée par un départ délicat en championnat avec seulement deux points en deux rencontres. Le spectre d'une saison difficile, déjà brandi en interne voici plusieurs mois, plane de plus en plus au-dessus de Den Dreef. En proposant Sébastien Dewaest pour résoudre les problèmes de solidité défensive et de personnalité du vestiaire, Mogi Bayat parvient à convaincre les dirigeants qu'il a l'homme de la situation sous la main. Quelques jours plus tard, le Mogicien revient donc à la charge avec un autre de ses indésirables, et c'est au tour de Kaveh Rezaei d'atterrir à Den Dreef. En échec dès sa première saison à Bruges, entre des ennuis privés et un niveau technique largement inférieur à celui de ses concurrents, l'Iranien n'est jamais entré dans les plans de Philippe Clement. L'ancien buteur des Zèbres a donc enchaîné deux prêts d'un an dans le Pays Noir, mais sa réussite s'est estompée au fil des mois. Même au meilleur de sa forme, l'attaquant avait le don d'agacer une partie du vestiaire, notamment par sa manie de comparer chaque aspect du quotidien zébré avec ce qu'il se faisait à Bruges. "Il n'arrête pas de parler du Club, mais il faudrait peut-être qu'il pense aussi à ce qu'il y a montré", ose même un jour un membre du staff en privé. Rezaei est, avec Penneteau, celui qui dialogue le plus longuement avec Mehdi Bayat lors des entretiens menés par l'administrateur-délégué lors de chaque stage des Carolos. Le patron des Zèbres sera d'ailleurs l'un de ses derniers défenseurs au sein du club, avant de se rendre à l'évidence face à ses prestations en fin de saison dernière. Cet été, il n'évoquera même pas la possibilité d'un troisième retour en terre noire et blanche avec son nouveau coach Edward Still malgré la quête encore inassouvie d'un attaquant. Il faut dire qu'en tant qu'adjoint d' Ivan Leko au Jan Breydel, l'entraîneur des Carolos a pu constater les limites techniques du buteur iranien dans la Venise du Nord, et aspire sans doute à un renfort de qualité supérieure pour augmenter le potentiel de son duo offensif. Contrairement à la saison dernière, où le club de son frère avait notamment accueilli Lukasz Teodorczyk, les joueurs à recaser de Mogi n'atterrissent pas à Charleroi. En panique sportive, OHL a tout du point de chute idéal. Surtout, l'arrivée de Rezaei permet à Mogi Bayat d'avancer un pion supplémentaire, en s'invitant sur l'épineux dossier de l'extraction de Thomas Henry. Le buteur pourrait notamment trouver refuge du côté de La Gantoise, club enrichi par la vente de Roman Yaremchuk et en quête d'un attaquant de gabarit pour pallier les ennuis physiques de Laurent Depoitre. La coïncidence semble trop évidente pour en être une, mais ne gênera probablement pas l'un des agents les plus influents des bureaux de la Ghelamco Arena pour mener ce deal supplémentaire à terme. À chaque fois qu'une porte se ferme, le dealmaker trouve toujours une opportunité pour rebondir. Parce que quand la sonnette d'alarme retentit, personne n'est meilleur que lui pour l'entendre rapidement et débarquer avec la trousse de secours. Même si c'est parfois pour poser un plâtre sur une jambe de bois.