L'histoire gantoise sonne presque comme un refrain. Une mélodie chantée pour la première fois il y a moins d'un an, quand le mercato hivernal avait amené Samuel Kalu, Yuya Kubo et Samuel Gigot à la Ghelamco Arena. Pour intégrer ces trois hommes, appelés à devenir des atouts majeurs de son équipe, Hein Vanhaezebrouck avait décidé d'installer un 4-2-3-1 classique. Le football de Gand était devenu moins minutieusement chorégraphié, mais le talent de ses recrues avait permis aux Gantois d'arracher leur place en play-offs 1.
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L'histoire gantoise sonne presque comme un refrain. Une mélodie chantée pour la première fois il y a moins d'un an, quand le mercato hivernal avait amené Samuel Kalu, Yuya Kubo et Samuel Gigot à la Ghelamco Arena. Pour intégrer ces trois hommes, appelés à devenir des atouts majeurs de son équipe, Hein Vanhaezebrouck avait décidé d'installer un 4-2-3-1 classique. Le football de Gand était devenu moins minutieusement chorégraphié, mais le talent de ses recrues avait permis aux Gantois d'arracher leur place en play-offs 1. À peine débarqué sur le banc des Buffalos, avec l'avantage d'avoir déjà pris la succession de Vanhaezebrouck à Courtrai, Yves Vanderhaeghe a réinstallé cette défense à quatre, délaissée par son prédécesseur qui désirait revenir à son football fétiche. Le nouveau jeu gantois est désormais bien plus classique. Un 4-2-3-1 avec un bloc moyen, deux lignes de quatre naturellement reformées à la perte du ballon, et un pressing dont l'agressivité et la hauteur varie en fonction des qualités de l'adversaire. Dans ce système, le physique exubérant d'Anderson Esiti brille forcément dans les duels, que le Nigérian multiplie à l'envi avec un taux de réussite impressionnant. Avec le ballon, la métamorphose gantoise est saisissante. Finies les possessions chorégraphiées par Vanhaezebrouck, systématiquement jalonnées de changements d'aile pour trouver l'homme libre à l'opposé et l'installer dans une situation de un-contre-un. L'inspiration offensive est laissée entre les pieds des joueurs. Une recette qui fonctionne forcément quand les trois joueurs positionnés derrière l'attaquant de pointe font partie des plus imprévisibles du pays. Le tout alimenté par Brecht Dejaegere, épatant de justesse technique à la construction, et facilitateur de jeu par sa faculté à faire les bons choix, même quand il est mis sous pression. Si Kubo officie surtout à la conclusion, et apparaît donc généralement dans un second temps, ce sont les deux flancs nigérians qui sont chargés de placer Gand dans une situation avantageuse. Sous Vanhaezebrouck, Kalu et Moses Simon touchaient beaucoup moins le ballon. Ils étaient chargés d'attendre que la possession les libère, avant de recevoir une transversale qui leur offrait un duel à exploiter avec leur technique. Vanderhaeghe, lui, leur donne le ballon tout le temps. Contre Courtrai, Kalu a été l'homme le plus souvent impliqué dans la possession gantoise. Charge à lui et à son compatriote de faire des différences, afin de créer des décalages et des occasions. La tâche est gargantuesque, mais le talent est à la hauteur. Depuis la prise de fonction de leur nouvel entraîneur, Kalu et Simon ont posé un pied dans douze des dix-sept buts marqués par les Gantois en championnat, faisant d'eux les acteurs principaux de la remontada gantoise. Cela peut-il durer ? Depuis son arrivée en Belgique, Simon a été intenable par moments, mais a toujours affiché les symptômes d'un talent irrégulier. Pourtant, il est le symbole des offensives made in Vanderhaeghe. Contre Waasland-Beveren, pour le premier but du " nouveau Gand ", il avait transformé une infériorité numérique (seul contre deux défenseurs) en frappe sur le poteau, alors reprise victorieusement par... Kalu.