Les premières secondes sont pour Kylian Mbappé, qui teste d'emblée la pointe de vitesse de Jan Vertonghen. Le scénario de la demi-heure initiale est par contre celui esquissé par Roberto Martínez, qui sculpte toute sa Belgique autour du seul duel sur le terrain susceptible de tourner à l'avantage de ses couleurs: celui entre Eden Hazard et Benjamin Pavard.
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Les premières secondes sont pour Kylian Mbappé, qui teste d'emblée la pointe de vitesse de Jan Vertonghen. Le scénario de la demi-heure initiale est par contre celui esquissé par Roberto Martínez, qui sculpte toute sa Belgique autour du seul duel sur le terrain susceptible de tourner à l'avantage de ses couleurs: celui entre Eden Hazard et Benjamin Pavard. Pour offrir un boulevard à son numéro 10 face au talon d'Achille du mur défensif bleu, Martínez imagine des Diables asymétriques, qui défendent en 4-2-3-1 avec Vertonghen qui couvre le dos du capitaine, mais attaquent dans leur 3-4-2-1 habituel. La nuance, c'est qu'Hazard laisse sa place de prédilection, dans le dos de Romelu Lukaku, à un Marouane Fellaini très haut sur l'échiquier. Big Mo attire Paul Pogba jusque dans la surface française. Et laisse à N'Golo Kanté une zone gigantesque à couvrir. Trop importante pour que l'omniprésent milieu de terrain puisse également s'occuper de cette ligne de touche à laquelle Eden Hazard s'est collé pour défier Pavard. À la demi-heure, le génie brainois est l'offensif le plus actif du terrain avec 23 ballons joués, transformés en trois dribbles réussis et deux tentatives vers les cages défendues par Hugo Lloris. Plutôt que de Didier Deschamps, la réponse vient d' Antoine Griezmann. Son coach à l'Atlético, Diego Simeone, aime dire du gaucher qu'il "fait partie des joueurs qui comprennent le mieux où et comment se déplacer. Tu peux le placer à un endroit de ton schéma tactique, mais il finira par résoudre de la meilleure des manières toutes les situations difficiles qu'il observe dans une autre zone." Parce qu'il voit que sa France souffre pour casser les lignes belges autrement qu'en cherchant un long ballon hasardeux vers Mbappé, le numéro 7 s'invite un cran plus bas et désoriente Axel Witsel et Mousa Dembélé. Dans le dernier quart d'heure de la première mi-temps, il touche 17 ballons, presque deux fois plus que dans la demi-heure précédente (neuf). Avec lui, la France respire, s'installe un cran plus haut et frappe deux fois plus fort. Les Bleus de Grizi racontent une fin de mi-temps à sens unique. Huit tirs à zéro dans le quart d'heure final de la première période, et un match qui a changé d'histoire pour de bon. Intraitable défensivement pendant une bonne partie du Mondial russe, la France de Deschamps s'installe dans un fauteuil quand une tête parfaitement décroisée par Samuel Umtiti valide son plan favori au retour des vestiaires. Ni les ballons aériens vers une surface dominée par Raphaël Varane ni les combinaisons devant naître des montées au jeu successives de Dries Mertens et Yannick Carrasco ne permettront aux Belges de reprendre la main.