Rien ne s'est passé comme prévu, dans le plan initial de Ricardo Sa Pinto. Le coach portugais espérait récupérer le ballon le plus haut possible, grâce à un 4-4-2 qui lui a offert de nombreuses certitudes depuis le Nouvel An. Les Rouches dominent, mais ne concrétisent pas, se heurtant souvent aux gants de William Dutoit ou à la défense d'Ostende. À l'inverse, les Côtiers profitent des cadeaux liégeois pour regagner les vestiaires avec deux buts d'avance.
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Rien ne s'est passé comme prévu, dans le plan initial de Ricardo Sa Pinto. Le coach portugais espérait récupérer le ballon le plus haut possible, grâce à un 4-4-2 qui lui a offert de nombreuses certitudes depuis le Nouvel An. Les Rouches dominent, mais ne concrétisent pas, se heurtant souvent aux gants de William Dutoit ou à la défense d'Ostende. À l'inverse, les Côtiers profitent des cadeaux liégeois pour regagner les vestiaires avec deux buts d'avance. Le 4-4-2 de Sa Pinto se casse les dents sur le plan déployé par Adnan Custovic depuis sa prise de pouvoir à la Versluys Arena : une défense à cinq, qui permet de bloquer la ligne de quatre offensive des Rouches tout en conservant un homme en couverture. Au milieu, Ostende est aussi en surnombre, avec un trois contre deux. Comme face à Eupen, au début de l'année 2018, les Liégeois ne profitent pas assez de leurs latéraux, rarement décisifs, pour faire la différence sur les côtés. Partout sur l'échiquier, le KVO semble donc avoir une pièce de plus. Le match bascule au retour des vestiaires, quand Sa Pinto lance Mehdi Carcela dans la bataille à la place de Gojko Cimirot. Edmilson Junior passe alors à gauche, et la rencontre se transforme à partir d'un élément : sur les côtés, Carcela et Edmilson sont largement supérieurs à Brecht Capon et Aleksandar Bjelica. Chaque duel tourne à la faveur du Standard, et le danger se rapproche du but ostendais. C'est finalement à gauche que le Belgo-Brésilien trouve la brèche. Il élimine Capon, puis trouve Renaud Emond via Carcela dans un rectangle surpeuplé. En additionnant les talents, Sa Pinto a changé l'histoire de la rencontre. Deuxième changement. Duje Cop cède sa place à Moussa Djenepo, et Paul-José Mpoku se rapproche du but. Le Congolais sert de point de fixation devant le rectangle pour les percées de Carcela, orphelines d'appui depuis le départ d' Orlando Sá, puisque Emond préfère toujours avoir le jeu devant lui. Servi au bout d'un slalom de son numéro 10, Mpoku fixe la défense ostendaise à l'entrée du rectangle et place l'égalisation dans la course de Djenepo. Comme si le talent avait rendu les idées liégeoises plus claires, le Standard décide enfin d'utiliser ses latéraux pour s'offrir son ticket pour les play-offs 1. Edmilson déserte son flanc gauche pour combiner avec Carcela, et tout le couloir est libéré pour Collins Fai, pour qui déborder sur son mauvais pied est loin d'être naturel. Latéral gauche de fortune, le Camerounais saisit toutefois l'opportunité d'un bloc ostendais magnétisé par les pieds de Carcela pour se retrouver seul au second poteau, et planter le dernier but de la rencontre. Pour tenir, Sa Pinto réorganise son chaos volontaire, et ramène de la discipline dans les rangs des siens avec l'entrée d' Uche Agbo à la place de Mpoku. Le Nigérian s'installe aux côtés de Razvan Marin, et réinstaure ce 4-2-3-1 de la première partie de saison, qui a si souvent permis au Standard de garder le zéro, à défaut de marquer des buts. Dans une situation où il fallait plus penser à la sauvegarde de son rectangle qu'à l'attaque de celui des adversaires, l'idée est évidente, et porte ses fruits. Le Standard est en play-offs 1, sans encore avoir trouvé la formule idéale pour faire tourner ses talents à plein régime pendant nonante minutes. Mais leur niveau est tel que, parfois, une alchimie d'un quart d'heure peut suffire pour réécrire l'histoire d'un match.