Le petit pont semble parfois superflu. Plus à sa place dans les rues de la capitale que sur ses pelouses. Pourtant, au stade Constant Vanden Stock, les caméras se sont régalées sur deux humiliations techniques en gros plan. En première période, c'est Marvelous Nakamba qui glisse le ballon entre les jambes d'Adrien Trebel, toujours énergique mais parfois anarchique. Et au retour des vestiaires, c'est Ivan Obradovic qui régale sous la ceinture de Dion Cools. Bruges a eu un temps d'avance pendant 45 minutes, avant d'arriver systématiquement avec une seconde de retard après la pause.
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Le petit pont semble parfois superflu. Plus à sa place dans les rues de la capitale que sur ses pelouses. Pourtant, au stade Constant Vanden Stock, les caméras se sont régalées sur deux humiliations techniques en gros plan. En première période, c'est Marvelous Nakamba qui glisse le ballon entre les jambes d'Adrien Trebel, toujours énergique mais parfois anarchique. Et au retour des vestiaires, c'est Ivan Obradovic qui régale sous la ceinture de Dion Cools. Bruges a eu un temps d'avance pendant 45 minutes, avant d'arriver systématiquement avec une seconde de retard après la pause. Le début de match est résolument Bleu et Noir. Les avants brugeois mordent la relance anderlechtoise, et obligent Matz Sels à envoyer ses ballons de l'autre côté de la ligne médiane. Là, Brandon Mechele dévore Hamdi Harbaoui et l'absence d'Henry Onyekuru annule toute menace potentielle dans la profondeur. Disposés dans un 4-3-2-1 en sapin de Noël, à la Carlo Ancelotti, les Mauves sont gênés quand Bruges prend l'initiative sur les côtés. Benoît Poulain franchit le milieu de terrain balle au pied, crée un losange sur la droite avec Cools, Ruud Vormer et Jelle Vossen, qui offre une première occasion énorme à Diaby. Vingt minutes plus tard, les rôles s'inversent et c'est Vormer qui sert son numéro 10. Bruges laisse beaucoup d'énergie sur le terrain, et arrive au bout de ces trois premiers quarts d'heure sans en avoir profité au marquoir. Contre Anderlecht, une telle clémence ne pardonne pas. Le rythme de Bruges était intenable. Au retour des vestiaires, les hommes d'Ivan Leko continuent à respecter le plan, mais leurs jambes fatiguées arrivent sur chaque ballon avec un instant de retard. Assez pour qu'Anderlecht rappelle que son onze rassemble la plupart des meilleurs manieurs de ballon du pays. Sven Kums, étonnamment éteint en première période, démesurément prudent comme pour compenser les folies permanentes de Trebel, s'installe plus haut. L'ancien Soulier d'or trouve alors un relais pour allumer la lumière à proximité du sommet du sapin de Noël mauve : Pieter Gerkens est bien l'homme du moment au Parc Astrid. Ancien élève de Leko à Saint-Trond, Gerkens faisait alors parler sa faculté à entrer dans le rectangle pour finir les actions, grâce à un atout impressionnant : sa capacité à se libérer du marquage des défenseurs, dans des zones où chaque joueur est pourtant surveillé avec une minutie digne des services secrets américains. Aidé par le système mis en place par Hein Vanhaezebrouck, qui le place hors de portée de Stefano Denswil, trop loin de Nakamba et dans le dos d'Hans Vanaken, le numéro 8 du Sporting invente des occasions et fait basculer le fil du match. Avec un peu plus de justesse ou de réussite, il aurait pu offrir les trois points à ses couleurs, à force d'échapper sans cesse à la vigilance du bloc brugeois. À l'ère du pressing permanent, les joueurs qui mêlent l'intelligence des déplacements et la justesse balle au pied peuvent s'installer au plus haut niveau, malgré des carences physiques dans l'impact ou des insuffisances techniques dans les un-contre-un. Pieter Gerkens est l'un de ceux-là, et sa disponibilité a été la clé mauve pour sortir de la toile d'araignée tissée par les Brugeois.