Dimanche soir, lors du Gala du Footballeur Pro, l'Entraîneur de l'Année Laszlo Bölöni y alla d'un speech qui fait déjà date. Le technicien roumain du Standard s'exprima en français et en néerlandais (quel joli sens des relations !) pour remercier la Belgique du foot dans son ensemble pour son accueil... et particulièrement ses collègues. L'ironie de l'histoire est que l'entraîneur anderlechtois Ariel Jacobs, pourtant nominé, brillait par son absence. L'explication est sans doute à trouver dans le fait que, la veille, Jacobs avait émis en TV des doutes sur l'authenticité de l'effort de Bryan Ruiz sur le Penalty de l'Année. L'envoi bloqué par Sinan Bolat empêchait les Mauves de devenir champions à Genk. Stress, quand tu nous ...

Dimanche soir, lors du Gala du Footballeur Pro, l'Entraîneur de l'Année Laszlo Bölöni y alla d'un speech qui fait déjà date. Le technicien roumain du Standard s'exprima en français et en néerlandais (quel joli sens des relations !) pour remercier la Belgique du foot dans son ensemble pour son accueil... et particulièrement ses collègues. L'ironie de l'histoire est que l'entraîneur anderlechtois Ariel Jacobs, pourtant nominé, brillait par son absence. L'explication est sans doute à trouver dans le fait que, la veille, Jacobs avait émis en TV des doutes sur l'authenticité de l'effort de Bryan Ruiz sur le Penalty de l'Année. L'envoi bloqué par Sinan Bolat empêchait les Mauves de devenir champions à Genk. Stress, quand tu nous tiens. La direction de Sclessin n'a pas apprécié du tout les réflexions du coach bruxellois et brandissait la menace d'une réaction officielle. " Quand on se fait injustement attaquer, on a deux options ", nous disait Dominique D'Onofrio, le directeur sportif du Standard. " Soit on se tait, soit on réagit. Nous, on préfère ne pas se laisser faire. Sans ça, on risque que la situation se reproduise... " La Belgique entière est devenue un laboratoire d'étude du comportement face au stress-tests du foot. Tout le monde a son avis quant à savoir quel club est le mieux outillé sur le plan mental. Une des thèses les plus répandues est que les Anderlechtois ont pris un fameux coup dans l'aile à Genk. Ils s'étaient déjà vus champions et puis, il y eut le Penalty de l'Année... Ils s'étaient alors affalés comme des loques sur le terrain, tandis qu'à Gand, les Rouches triomphaient. On parla donc très vite de Mauves " qui avaient peur de gagner " et de Rouches " qui étaient viscéralement incapables d'accepter la défaite ". L'exemple extrême de profession de foi dans le genre (voir plus loin dans le magazine) vient de l'inégalable Jova : " Je donnerais ma vie pour le Standard ". Mais nos milliers de psychologues du sport en herbe se firent moufter, dimanche soir, quand Mbark Boussoufa reçut son prix de Footballeur Pro 2009. Calme, déterminé et convaincant, il clama dans toutes les langues que la déception de Genk était oubliée et que les Mauves étaient prêts pour les test-matches. Sa présence physique et sa sérénité mentale contrastaient avec l'absence de Dieumerci Mbokani, l'autre nominé pour ce prix avec Bryan Ruiz. Le Standard avait prévenu les organisateurs du Gala du Footballeur Pro (Sport/Foot Magazine et la Ligue Pro) que " ses joueurs ne se déplaceraient pas à la cérémonie pour cause de préparation aux test-matches ". Une excuse facile pour masquer le refus pathologique du talentueux Congolais d'honorer les remises de prix de sa présence ? Tiens, voilà un Standardman qui n'a pas compris que, pour gagner, il ne faut pas avoir peur de perdre ? Mbokani-Jacobs, même regret. On aurait adoré qu'ils fussent là ! Par respect, d'abord, pour les votants, tous les joueurs pros de D1... On retient encore deux réactions (ou des pensées négatives ?) pour vous aider à établir votre diagnostic sur le mental des barragistes. Herman van Holsbeeck en évoquant le deuxième match à Sclessin : " Je n'ose imaginer des Rouches champions pour la deuxième fois de suite contre nous et chez eux ! " Et Bölöni s'était demandé : " Est-ce un avantage de jouer le deuxième match chez nous ? C'est ce qu'on s'était dit avant Braga... " Le mot de la fin au lauréat roumain qui insista dans son speech sur l'intérêt pour la Belgique du foot de travailler de façon unie et de croire dans ses propres ressources. Un message lourd de sens que l'on peut interpréter de façons différentes. A savoir, prendre exemple sur le Standard qui pousse ses jeunes grâce à la mise sur pied de l'Académie Robert Louis-Dreyfus ? Oser faire confiance à Jean-François de Sart comme coach national ? Ou rappeler de manière élégante au président de l'Union belge, François De Keersmaecker, que le directeur général de Sclessin Pierre François n'a jamais eu l'honneur de l''accueillir cette saison ? PAR JOHN BAETE