Déjà dans les années 60, certains grands spécialistes de coups francs marquaient des buts superbes au moyen de frappes brossées. Plus récemment, dans les années 80, on se souviendra de Michel Platini...
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Déjà dans les années 60, certains grands spécialistes de coups francs marquaient des buts superbes au moyen de frappes brossées. Plus récemment, dans les années 80, on se souviendra de Michel Platini... Dans ce type de frappes, la balle qui contourne le mur se loge souvent au ras d'un piquet, voire dans l'angle supérieur du but. Certaines équipes vont jusqu'à poster un joueur de champ à hauteur du piquet opposé au gardien. Mais rien n'y fait: les bons frappeurs continuent à sévir. Encore plus aujourd'hui, tant au niveau international qu'au niveau de notre championnat, les murs dressés face aux meilleurs brosseurs de balle ne sont pas toujours des plus étanches. Ainsi lors de la dernière Coupe du Monde, au niveau des phases arrêtées, seuls les buts sur coups francs directs ont progressé en nombre. Chez nous, des caresseurs de ballon comme Nastja Ceh et JohanWalem sont très dangereux. L'objectif du murSi l'on construit un mur entre le ballon et le tireur de coup franc, c'est pour l'empêcher de botter facilement tout droit, avec un maximum de force dans le cuir. L'objectif est donc double. Forcer l'adversaire à imprimer une trajectoire courbe au ballon, c'est lui imposer une technique d'exécution plus difficile. On espère ainsi qu'il atteindra moins souvent sa cible. Empêcher toute trajectoire rectiligne, c'est aussi imposer une frappe de balle moins puissante. On attend ainsi un ballon qui a moins de vitesse afin que le gardien puisse avoir le temps de réagir.Sa constructionDresser un mur est une véritable construction d'architecte. Pendant que certains coéquipiers freinent, dans les limites des lois du jeu, l'exécution instantanée du coup franc, le gardien place un joueur de champ, généralement désigné à l'avance, entre le ballon et le piquet le plus rapproché. Il communique clairement le nombre de joueurs, qui doivent s'aligner du flanc vers l'intérieur du jeu, en fonction de l'endroit où est placé le cuir. On s'accorde généralement sur un maximum de cinq joueurs car d'autres tâches doivent être assumées par les joueurs excédentaires. Certains font du marquage sur l'adversaire, d'autres couvrent des zones. Ainsi, l'espace compris entre le ballon et le flanc doit être sous le contrôle d'un joueur libre. De plus, un autre joueur est généralement réservé pour venir se jeter sur toute combinaison courte de l'adversaire. Enfin, on demande souvent aux joueurs du mur de ne pas bouger, ni de sauter.Ses limitesMalgré ces très belles murailles, on constate qu'il y a de plus en plus de buts marqués lors des coups francs axiaux. Pourquoi? Deux explications sont essentielles. La première a trait au fait que chaque grande équipe possède au sein de son noyau un ou plusieurs joueurs capables de délivrer des balles travaillées, non seulement avec précision, mais aussi avec une certaine vitesse. La deuxième explication est relative au temps de réaction du gardien de but. En effet, pour la plupart des coups francs à hauteur du grand rectangle, le dernier rempart ne voit souvent le ballon que lorsqu'il survole le mur. Il a déjà sa vitesse, il n'a plus que dix à 15 mètres à franchir pour terminer sa course au fond des filets. Et pourtant, le portier doit encore en déterminer la trajectoire et l'effet avant qu'il ne puisse intervenir!Une solution d'avant-garde: un mur avec un trouNous plaidons donc pour que le gardien laisse un trou au milieu du mur. Ses avantages sont nombreux. Il peut prendre une position plus centrale dans son but et donc mieux équilibrer ses chances d'intervention tant à sa droite qu'à sa gauche. Il voit la course d'élan, le déroulement du pied d'appui ainsi que la position du pied de frappe du tireur. Il analyse aussi la trajectoire et l'effet au départ du ballon. Enfin, il profite du temps que le ballon mettra à parcourir les neuf premiers mètres pour engager sa réaction. On pourrait d'ailleurs pousser le raisonnement à l'extrême, au point de décider de ne pas dresser de mur du tout pour une balle placée bien au-delà des 25 mètres. Chaque joueur sait combien il est difficile à l'entraînement de mettre un tel ballon au fond du but, même et surtout sans aucune opposition. Mais qui oserait opter pour ce choix en match?