Notre article précédent a été consacré à l'analyse des principes de jeu appliqués par les joueurs du Club Bruges lorsque l'équipe attaque. Une double occupation des flancs, un soutien et une pénétration dans l'axe permanente par deux joueurs et une présence d'au moins trois finisseurs potentiels en zone de conclusion expliquent pour une grande part pourquoi le Club peut se vanter d'être l'équipe la plus prolifique de notre championnat. Nous allons aujourd'hui nous placer dans la peau de leurs adversaires : comment peut-on les embêter d...

Notre article précédent a été consacré à l'analyse des principes de jeu appliqués par les joueurs du Club Bruges lorsque l'équipe attaque. Une double occupation des flancs, un soutien et une pénétration dans l'axe permanente par deux joueurs et une présence d'au moins trois finisseurs potentiels en zone de conclusion expliquent pour une grande part pourquoi le Club peut se vanter d'être l'équipe la plus prolifique de notre championnat. Nous allons aujourd'hui nous placer dans la peau de leurs adversaires : comment peut-on les embêter dans leur approche du but ? Le dernier Bruges-Charleroi nous sert ici d'exemple. En effet, les hommes de Jacky Mathijssen nous ont donné une réponse en allant chercher le nul à l'Olympia Stadion. La photo 1 montre, devant le quatre arrière des Zèbres (ligne rouge), les six autres joueurs (cercles jaunes) en train de se replier au moins à hauteur du ballon. Abnégation et repli solidaire de tous lorsque l'adversaire maîtrise le cuir constitue le premier bon réflexe. Un bon repli collectif est aussi celui où les positions des différents acteurs qui défendent ne sont pas espacées les unes des autres de plus de 10 à 15 mètres. C'est le cas ici. La photo 2 montre que le Sporting s'est organisé avec un carré médian (ligne blanche) dans l'axe afin d'annihiler le jeu par le centre via Rune Lange, Nastja Ceh ou Gaëtan Englebert. L'espace de jeu axial a ainsi été réduit à sa plus simple expression. Sur le cliché 3, on voit que toute verticalisation par le centre est quasiment impossible : Englebert (cercle jaune) ne peut pas donner en profondeur sur Lange (cercle rouge), qui décroche souvent. De plus, toute ouverture du centre vers l'extérieur relève souvent de la prouesse technique : la passe qu'Englebert (cercle jaune) tente ici vers Peter Van der Heyden sur la gauche sera d'ailleurs interceptée grâce au retour défensif de Toni Brogno. Le cliché 4 souligne l'importance de bien gérer le jeu défensif des flancs quand on joue contre un tel adversaire. En obligeant ses deux attaquants à jouer très écartés et à produire une part importante de jeu défensif, le coach des Carolos pouvait opposer ainsi sur chaque flanc et de manière constante deux joueurs face aux dédoublements et permutations de leurs adversaires. Chaque flanc est défendu par un duo : ToniBrogno-Frank Defays à droite et IzzetAkgül-Loris Reina à gauche (ovales rouges). Un dispositif en 4-4-2 avec 4 défenseurs en ligne (en rouge), 4 joueurs dans l'axe, en carré compact au niveau médian (en blanc) et 2 attaquants très écartés pour qu'ils puissent former chacun un couple défensif avec l'arrière latéral (ovale rouge) correspondant, a en tout cas fortement perturbé l'artillerie brugeoise.npar Frans Masson