Le scénario est presque connu avant le coup d'envoi. En expliquant la titularisation de Robert Beric, la première depuis son arrivée à Anderlecht, Hein Vanhaezebrouck raconte qu'il était impossible d'opter pour Hamdi Harbaoui dans un match où Bruges va mettre le pied sur le ballon, et empêcher Anderlecht de s'installer de l'autre côté de la ligne médiane. Anderlecht s'adapte à l'adversaire. Vanhaezebrouck s'adapte à l'adversaire. Les phrases ressemblent à de la fiction.
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Le scénario est presque connu avant le coup d'envoi. En expliquant la titularisation de Robert Beric, la première depuis son arrivée à Anderlecht, Hein Vanhaezebrouck raconte qu'il était impossible d'opter pour Hamdi Harbaoui dans un match où Bruges va mettre le pied sur le ballon, et empêcher Anderlecht de s'installer de l'autre côté de la ligne médiane. Anderlecht s'adapte à l'adversaire. Vanhaezebrouck s'adapte à l'adversaire. Les phrases ressemblent à de la fiction. Le Sporting débarque sur la pelouse sans Henry Onyekuru, peut-être le meilleur contre-attaquant du pays. Le plan est de garder le contrôle, avec cinq milieux de terrain alignés de concert, en plus de la maîtrise technique d'Ivan Obradovic qui peut faire office de sixième milieu avec le ballon. Anderlecht choisit la possession défensive pour empêcher Bruges de dérouler ses idées. Mais en acceptant de s'installer assez bas sur le terrain, les Mauves choisissent aussi de s'exposer aux phases arrêtées brugeoises, certifiées redoutables par la présence de Ruud Vormer derrière le ballon lors de chaque corner. Au bout de 45 minutes équilibrées, qui auraient pu être débloquées par Sofiane Hanni sur la seule véritable opportunité mauve, Bruges danse sa chorégraphie préférée. La possession commence à gauche, arrive dans les pieds d'un Hans Vanaken sur qui le mauvais état du terrain ne semble pas avoir d'emprise, puis s'en va à droite, où Dion Cools peut mettre Vormer sur orbite, sur un flanc libéré pour les infiltrations du Néerlandais. Le centre est déposé sur la tête d'Abdoulay Diaby, qui se transforme rapidement en homme de l'après-midi avec un deuxième but dans la foulée, puis un penalty provoqué, au bout de deux passes de Vanaken. Tombé dans l'oubli à cause des blessures, Diaby est une menace permanente pour les défenses. Seul son manque d'efficacité, comparé aux buts d'Emmanuel Dennis, le laissait dans l'ombre depuis le début de saison, alors que ses très bonnes partitions ne manquaient que de finition pour être soulignées. L'attaquant brugeois est redoutable, parce que sa pointe de vitesse est suffisante pour effrayer la plupart des défenseurs du pays. Seuls Joseph Aidoo et Omar Colley semblent être de taille à lutter avec lui à la course. Un Kara fatigué ou un Uros Spajic plus musclé que véloce ne font évidemment pas le poids. Diaby est essentiel au jeu de Bruges, par cette peur incessante d'un ballon en profondeur. Face à lui, la défense a tendance à reculer pour ne pas lui laisser le temps de sortir des starting-blocks. Elle libère alors de l'espace entre les lignes. L'autre attaquant devrait en profiter pour décrocher, mais Wesley préfère toujours le contact du corps défensif adverse à l'espace dans le dos du milieu. Alors, c'est Vanaken qui se régale. Avec son sens inné du démarquage, qui lui permet toujours d'être libre dans des espaces qui semblent embouteillés, Hans installe la possession plus haut, attire le bloc adverse vers lui, et ouvre donc de l'espace de l'autre côté du terrain, où Cools et Vormer peuvent se régaler au moindre changement d'aile. Chargé de suivre à la trace les infiltrations de Vormer, Adrien Trebel a couru après le roi des passes décisives pendant toute la première mi-temps, avant de l'oublier une seule fois, mais une fois de trop, sur l'action qui mène à l'ouverture du score. Personne n'a encore trouvé la parade au plan Vormer d'Ivan Leko. Ce sera pourtant indispensable pour coiffer Bruges au poteau dans la course au titre.