Anderlecht a produit dimanche un football de grande qualité et paradoxalement, c'est seulement sur un coup franc décentré qu'il est parvenu à tromper Stijn Stijnen, coupable de son unique erreur sur cette phase.
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Anderlecht a produit dimanche un football de grande qualité et paradoxalement, c'est seulement sur un coup franc décentré qu'il est parvenu à tromper Stijn Stijnen, coupable de son unique erreur sur cette phase. Le système en 4-3-3 proposé par Ariel Jacobs se voulait autrement plus audacieux que celui imaginé par Jacky Mathijssen. Ce dernier avait pourtant suffisamment de joueurs offensifs sur le terrain pour présenter une copie moins pâle que celle réalisée au stade Constant Vanden Stock. Mais voilà, comme souvent, c'est l'animation du système qui est la plus importante et dans ce domaine, on peut dire que le futur ex-coach des Blauw en Zwart a plutôt été frileux. A cet égard, le rôle de WesleySonck fut significatif : l'avant a dû évoluer comme véritable milieu de terrain laissant Joseph Akpala seul en pointe et donc incapable de mettre en péril une défense anderlechtoise très vigilante. Sur les flancs, Koen Daerden, relayé à la mi-temps par Jonathan Blondel, et NabilDirar se sont contentés tous les trois de défendre même si Dirar a essayé quelques rares fois d'apporter des solutions créatives sur son côté. Le premier des deux trios composé de Lucas Biglia, Jan Polak et Guillaume Gillet se trouvait dans l'entrejeu et se déformait continuellement pour néanmoins conserver tout son équilibre. Les mouvements continuels proposés par les trois joueurs (principalement de Biglia et Gillet, Polak restant le plus souvent comme demi récupérateur), faits de permutations et de pénétrations aussi bien sur les flancs que dans l'axe, ont considérablement gêné un Club Bruges incapable de contrer cette belle mécanique. Elle a donc été privée du ballon durant la majorité du match. Le deuxième trio ( Thomas Chatelle, remplacé peu après l'heure de jeu par JonathanLegear dans le même rôle, Tom De Sutter et Mbark Boussoufa) a amené énormément de solutions au reste de l'équipe par des changements continuels de position. Les trois joueurs ont constamment permuté. De Sutter s'est souvent retrouvé comme joueur de flanc après de longues courses pour appeler le ballon en profondeur sur les côtés. Bruges fut incapable de reconstruire le jeu de l'arrière tant le pressing de De Sutter et consorts était réellement impressionnant. Le joueur de flanc offensif était chaque fois aidé par l'ancien joueur du Cercle et par la pointe du triangle d'entrejeu la plus proche du ballon (souvent Gillet ou Biglia). Cela revient à dire qu'il y avait continuellement deux voire trois joueurs au pressing dans les pieds du porteur du ballon. Celui-ci était dès lors contraint de prendre des risques ou de balancer de longs envois imprécis vers l'avant. Ce pressing incessant a permis aux équipiers d' Olivier Deschacht de passer énormément de temps dans la moitié de terrain adverse, sans pour autant se montrer concrets sur les corners, coups francs, longues rentrées et occasions qu'ils se sont octroyés. Le rôle ingrat de gardien-spectateur peut parfois jouer de vilains tours à des derniers remparts pris à froid sur le seul contre adverse. Le gardien mauve a eu deux interventions plus que déterminantes à chaque fois face à Wesley Sonck et la dernière, à l'ultime seconde du temps additionnel. Sans ces gestes décisifs, Anderlecht aurait perdu des plumes dans un duel qu'il a pourtant dominé de la tête et des épaules.