Le nom est familier. Il fleure bon les exploits d'antan du côté de Sclessin. Or, d'exploits, on en a bien besoin actuellement car après deux ans de fête perpétuelle, le Standard connaît un petit coup de mou. Alors, on transfère. Le premier appelé est un Daerden. Fils de Grand Galop, le surnom que l'on donnait à Jos Daerden, au Standard de 1980 à 1984, Koen Daerden est venu se relancer en bord de Meuse. A 27 ans, c'est un nouveau départ pour celui qui fut élu Jeune pro de l'année en 2002 et qui fut le transfert le plus onéreux de l'histoire du Club Bruges.
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Le nom est familier. Il fleure bon les exploits d'antan du côté de Sclessin. Or, d'exploits, on en a bien besoin actuellement car après deux ans de fête perpétuelle, le Standard connaît un petit coup de mou. Alors, on transfère. Le premier appelé est un Daerden. Fils de Grand Galop, le surnom que l'on donnait à Jos Daerden, au Standard de 1980 à 1984, Koen Daerden est venu se relancer en bord de Meuse. A 27 ans, c'est un nouveau départ pour celui qui fut élu Jeune pro de l'année en 2002 et qui fut le transfert le plus onéreux de l'histoire du Club Bruges. Trois saisons de galère plus tard, dues en grande partie à des blessures, le voilà sur les traces de son père, à quelques encablures de son Limbourg natal, lui qui a toujours gardé un appartement à Bilzen. Sa polyvalence (il peut évoluer au back gauche ou dans l'entrejeu) et sa volonté vont faire du bien à une formation en quête de réhabilitation. Koen Daerden : Très bien. Je ne ressens plus aucune gêne au niveau du genou. Vous savez, je touche du bois mais jusqu'à présent, je n'ai jamais eu de blessures musculaires. Uniquement des fractures ou des problèmes de cartilages. Mais j'ai appris à mieux comprendre mon corps. Je travaille davantage en dehors des entraînements qu'autrefois. Il faut être réaliste. Je savais, en début de saison, qu'une fois Michael Klukowski de retour, je devrais retourner sur le banc. Je me sentais bien à Bruges, que ce soit sur le plan sportif ou familial mais une fois que le noyau était complet, on ne me considérait plus comme important et nécessaire. Il fallait que j'attende une blessure ou une défection d'un des titulaires. Oui. Mon arrivée est appréciée. Sans doute aussi parce que mon père a joué ici. Même si c'était il y a longtemps ( il rit). Je n'y avais pas réfléchi avant d'avoir la proposition du Standard. C'est vrai. Après trois ans difficiles à Bruges et alors qu'il me restait un an et demi de contrat, je savais que j'allais devoir négocier avec la direction à la fin de la saison. Je n'ai jamais dit que je désirais partir en janvier mais une fois que le Standard s'est montré intéressé, tout est allé très vite. Le Standard a toujours été présent dans la famille. Il y a beaucoup de membres de la famille qui sont encore abonnés ici. Tout le monde était donc heureux. Le sud du Limbourg ( NDLR : il vient de Bilzen, près de Tongres) est vraiment Standard-minded. Quand j'étais jeune, surtout lorsque mon père était entraîneur au Standard, je suivais beaucoup le club. Ici, je me sens comme à la maison. Je l'ai appelé pour avoir son avis. Il m'a dit que si un club comme le Standard voulait me transférer, il fallait discuter. Si le Standard ne m'avait offert qu'un an et demi de contrat, je serais encore à Bruges. Je tenais à rester trois ans. Mais quand j'ai vu que la direction était sur la même longueur d'onde, cela m'a rempli de confiance. Pocognoli et qui d'autre ? Ah oui, mais lui, il peut jouer à d'autres positions. Et pour répondre à votre question, cela ne change rien du tout. C'est le lot des équipes qui jouent le top. Si tu veux obtenir plus de garanties, tu dois partir à Lokeren ou Westerlo. Et je ne voulais pas. Je dois prouver ma valeur. Si tu es le meilleur, tu joues. Un point, c'est tout. Je n'ai joué que quelques matches avec Poco. Mais c'est une combinaison possible. C'est un bon signe pour le Standard de pouvoir transférer des joueurs comme Poco. Il est jeune, il est Belge, il est bon. Que voulez-vous de plus ? Landry Mulemo arrive aussi en fin de contrat. C'est une bonne façon de préparer la saison prochaine. C'est mieux pour moi. L'entraîneur peut m'utiliser comme médian ou arrière gauche. Je ne le vois pas comme une punition mais comme une corde en plus à mon arc. Dans le foot moderne, les joueurs doivent s'adapter à différentes positions. C'est normal. Je ne suis pas défenseur. Ma vision du jeu est d'abord offensive. C'est ma qualité, ma nature. Je ne peux pas m'en éloigner. J'ai l'expérience d'un club du top et j'ai senti un peu la même situation que celle qui existait à Bruges à mon arrivée. On est huitième. Ce n'est pas bon. On doit absolument finir dans le top 6. Mais je suis certain que des éléments importants vont revenir à leur niveau. Je me souviens du match du Standard à Bruges la saison dernière. Je n'ai jamais vu en Belgique une équipe aussi forte. C'était une démonstration collective. Le retour de Steven Defour est donc crucial. Tout le monde a ce sentiment-là. Les supporters, les journalistes, tout le monde ne parle que de Steven. Oui, un petit peu. A partir du moment où j'ai signé pour cinq ans, j'espérais que cela allait se dérouler bien mieux pour moi. Mais les circonstances et les blessures ont joué contre moi. Et c'est quelque chose que je ne pouvais pas prévoir et que je n'ai pas demandé. Au bout du compte, j'ai été bloqué 16 mois en trois ans et demi à cause des blessures. C'est beaucoup. D'autant plus qu'après les blessures, il a fallu également revenir dans le rythme. Pendant deux à trois mois, ça a été difficile : c'est normal ! J'ai joué avec les Réserves pendant plusieurs mois pour retrouver des sensations. A ce moment-là, j'étais déjà très heureux de rejouer mais après quelques semaines avec les Réserves, tu aspires à davantage. Et c'est en décembre de l'année passée que j'ai repris : contre Valence en Coupe UEFA et contre le Standard en championnat. On avait perdu 1-4. Le programme de reprise était corsé ; j'aurais pu reprendre en Coupe contre Beveren mais en accord avec l'entraîneur de l'époque, Jacky Mathijssen, on avait opté pour Valence. Il n'y avait pas de pression. Je ne pouvais penser qu'à mon match sans souci du résultat. Tout le monde s'attendait à ce que l'on perde. Ces deux rencontres ont constitué une récompense pour tout le travail accompli. Même si je n'ai jamais entendu un seul propos désobligeant, je savais qu'il y avait des gens qui doutaient de moi. Franchement... Parfois. Surtout lors de ma revalidation. Parfois, je doutais, je ne savais pas si j'allais encore atteindre le niveau que je désirais retrouver. Lors des matches de reprise, je voulais donner plus mais je ne pouvais pas. Pendant plusieurs mois, je ressentais encore des réactions dans mon genou. Et ça a diminué avec le temps. Si. D'autant plus que les conditions météo n'étaient pas idéales. C'était en décembre 2008 et les terrains étaient très durs. Dans la tête, cela joue aussi. On essaie d'éviter les contacts. Tous les gens qui reviennent de blessure connaissent cette situation. A Genk, René Vandereycken m'avait aligné à cette position deux ou trois fois mais quand Adrie Koster est arrivé, il m'a demandé d'évoluer à l'arrière gauche pour connaître mes qualités. Et finalement, comme Klukowski disputait la Gold Cup et que personne d'autre ne pouvait le suppléer, j'ai passé toute la préparation et le début du championnat comme arrière gauche. Non. J'en ai discuté avec l'entraîneur. Il m'a dit que ce n'était pas une punition, qu'il avait besoin de moi à cette position plus reculée. C'était son choix et il me l'a expliqué mais je ne pouvais pas m'en satisfaire. J'ai finalement connu le Bruges le plus chaotique de ces dernières années. En trois ans, j'ai côtoyé quatre entraîneurs (Emilio Ferrera, Cedomir Janevski, Mathijssen et Koster) et deux directeurs techniques (Marc Degryse et Luc Devroe). Finalement, c'est lors des six derniers mois que j'ai connu l'atmosphère que je recherchais à Bruges. Il y avait une bonne ambiance et les résultats suivaient. Avec Ferrera, cela avait bien débuté avant de mal tourner. Il n'était pas fautif mais l'équipe n'avait pas assez de qualités pour répondre à ses exigences. Il n'a pas non plus eu assez de soutien de la direction et des supporters car il représentait celui qui avait remplacé l'icône du club, Jan Ceulemans. Je reste persuadé que Ferrera est un très bon entraîneur. Après, il y a eu Janevski. Il est arrivé dans une période difficile. Il voulait changer beaucoup de choses mais il ne pouvait rien faire. Il y avait des tensions entre les joueurs et vous auriez pu mettre n'importe quel entraîneur à sa place, il n'aurait pas fait mieux. Il a quand même remporté la Coupe. Les résultats suivaient mais après les rencontres, on n'avait jamais l'impression d'avoir bien joué. La manière n'était pas au rendez-vous. Et la pression est devenue intenable. Surtout la deuxième saison. Il a toujours défendu ses joueurs dans la presse. A certains moments, il aurait toutefois dû dire devant tout le monde ce qui n'allait pas et mettre le doigt sur les points négatifs. Il ne le faisait pas assez. Il n'a commencé à parler et à dire qu'il n'y avait pas assez de qualités dans le noyau qu'après son départ Oui. Il y a plus de qualités aujourd'hui. Bien sûr. Les arrivées de Carl Hoefkens, d'Ivan Perisic et de Dorge Kouemaha ont fait du bien. Et Koster réalise du bon travail. Jamais. La pression venait des journalistes, parfois des supporters mais à l'intérieur du club, personne ne m'a dit - Tu coûtes cher, tu dois prester. J'ai eu des blessures puis on m'a fait jouer au back gauche. Je n'ai jamais eu une réelle chance. C'était une saison extraordinaire. Sans doute ma meilleure. Nous avions un collectif très fort. Mon objectif est de retrouver ce niveau-là. Cela fait déjà huit ans. Ça va vite. Mais la donne a changé. J'étais jeune et tous les yeux étaient rivés sur Josip Skoko, Bernd Thijs ou Wesley Sonck. Aujourd'hui, on focalise davantage l'attention sur moi. Non. Chaque chose en son temps. Il faut rester calme. Non. J'ai douté mais j'ai toujours espéré revenir. par stéphane vande velde - photos: reportersLe retour de Steven est crucial. Tout le monde a ce sentiment-là et ne parle que de lui.