pour la troisième saison d'affilée. Le paddock sait qu'un tel succès ne relève pas du hasard et d'ailleurs, Vettel a dû se surpasser pour s'imposer, contrairement à la saison passée, qu'il a survolée du début à la fin.
...

pour la troisième saison d'affilée. Le paddock sait qu'un tel succès ne relève pas du hasard et d'ailleurs, Vettel a dû se surpasser pour s'imposer, contrairement à la saison passée, qu'il a survolée du début à la fin. En début d'année, il n'a pu suivre les McLaren. Red Bull a en effet été la principale victime de la nouvelle réglementation, qui interdit le diffuseur gonflé. Or, c'était la recette à succès imaginée par Adrian Newey pour l'invincible Red Bull RB7 de 2011 et il avait évidemment conçu la nouvelle RB8 sur base de ce système. Quand l'interdiction a été prononcée, l'ingénieur était déjà trop avancé pour modifier complètement la conception de la RB8. Vettel a donc été condamné à suivre ses concurrents avec un bolide incapable de dominer une course, en début de saison. Ce n'est qu'à Bahrein, lors du quatrième GP de la saison, qu'il a renoué avec la victoire, parce que les pilotes Lotus, plus rapides, avaient commis une grave erreur stratégique. Après Bahrein, Vettel a renoué avec les seconds rôles. Le fait que le premier volet de la saison ait souvent relevé de la loterie, faute d'expérience avec les nouveaux pneus, n'a rien arrangé puisque les sept premiers GP ont été gagnés par autant de pilotes différents. " Il n'a pas émis la moindre plainte pendant ces mois difficiles. C'est vraiment à son honneur ", déclare maintenant Christian Horner, le patron de Red Bull. " Il est toujours resté positif et motivé. Il a encouragé tout le monde à rattraper le retard mécanique, en faisant preuve d'une mentalité constructive. Et, sur la piste, il s'est toujours livré à fond, dans des conditions souvent difficiles. " Fin juin, quand le cirque de la F1 s'est établi à Budapest, Vettel accusait 40 points de retard sur Fernando Alonso au classement des pilotes. L'Espagnol avait accumulé les points grâce à sa régularité, et son expérience lui avait permis de s'adjuger trois courses. Le revirement s'est produit en deux temps. À Francorchamps, Alonso a été catapulté de la course dès le premier virage par le sauvage Romain Grosjean et Vettel a terminé deuxième. Surtout, Adrian Newey a réussi une fameuse mise à jour sur la RB8. Au volant d'un bolide complètement différent, Vettel s'est successivement imposé à Singapour, au Japon, en Corée et en Inde. Il a balayé Fernando Alonso de la tête et l'a contraint à le poursuivre. L'Espagnol a été confronté à une mission impossible car alors que la Red Bull était nettement plus rapide que durant la première partie de la saison, Ferrari a étalé son impuissance technique. L'auto d'Alonso est même devenue plus lente, tout juste bonne pour se qualifier pour la huitième place sur la grille de départ. Essayez de gagner dans ces conditions... Vettel n'a plus rien eu à craindre de McLaren non plus. Le rapide Lewis Hamilton a été confronté à trop d'accidents, bien malgré lui, et à trop de pannes mécaniques pour encore jouer un rôle au classement. Si la saison est restée passionnante durant les trois derniers GP, c'est grâce à des facteurs externes, comme l'erreur tactique de Red Bull à Abu Dhabi, qui a contraint Vettel à s'arrêter pendant les essais, en panne d'essence. Du coup, il a été relégué à la dernière place sur la grille de départ. Alonso a senti sa chance mais Vettel a réalisé une course sensationnelle, ne concédant que trois petits points à l'Espagnol. Dimanche dernier, à Sao Paulo, la course durant laquelle la saison devait se décider, la pluie a perturbé le déroulement du GP. Tout a semblé perdu pour Vettel quand il a été heurté par Bruno Senna au premier tour et contraint, une fois de plus, à refaire son retard mais il l'a fait avec brio. Sa sixième place a suffi pour le titre mondial. Vettel n'est que le neuvième pilote à être champion du monde à trois reprises et il est le plus jeune du lot. La presse en a beaucoup parlé ces dernières semaines mais ce qui est moins connu, c'est que Vettel n'est que le troisième pilote de l'histoire à rafler trois titres d'affilée. Seuls Juan-Manuel Fangio et Michael Schumacher y sont parvenus avant lui. De grands pilotes. Mais Vettel en est un aussi...PAR JO BOSSUYT