On a d'abord cru que Marc Hendrikx allait devoir rester à Genk. Puis, deux mois après ses premiers contacts, son transfert au Sporting s'est concrétisé. Il n'a jamais été question du prix publié par la presse -deux cent millions- mais c'est quand même l'indemnité réclamée par les Limbourgeois qui a initialement bloqué la transaction.
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On a d'abord cru que Marc Hendrikx allait devoir rester à Genk. Puis, deux mois après ses premiers contacts, son transfert au Sporting s'est concrétisé. Il n'a jamais été question du prix publié par la presse -deux cent millions- mais c'est quand même l'indemnité réclamée par les Limbourgeois qui a initialement bloqué la transaction. Jean Dockx: "Hendrikx est polyvalent. Il peut évoluer à différentes positions. Par là même, il nous intéressait au plus haut point. Le prix a toutefois constitué un obstacle majeur. Au début, il a rebuté tout le monde car le principal intéressé restait sur une saison médiocre et n'était guère convoité, surtout à ce prix. Sous cet angle-là, son transfert a indéniablement posé problème. Mais Genk a mis, en définitive, pas mal d'eau dans son vin, exigeant un montant loin des 200 millions demandés. Pour tout dire, nous n'avons pas même déboursé la moitié de cette somme". Anderlecht a acquis, avec Hendrikx, un candidat international. C'est un fait, mais d'après les rumeurs qui courent à Genk, le succès -une Coupe et un championnat- a changé le joueur, en dehors du terrain. En un mot comme en cent : le succès lui est monté à la tête".Pierre Denier : "On raconte qu'il était à côté de ses pompes? Il ne faut pas présenter les choses comme ça. La saison passée, il y avait deux clans à Genk : les nouveaux et les autres, ceux qui étaient là depuis longtemps. Peut-être les nouveaux ont-ils vu les choses sous cet angle mais Marc a toujours été conscient de la médiocrité de sa saison, comme le reste de l'équipe, d'ailleurs. L'année passée, il n'a pas entraîné le groupe dans son sillage, ditez-vous? C'est vrai mais on ne pouvait l'exiger de lui. Il est un peu dans le même cas que Bernd Thijs : ce n'est pas un joueur capable de diriger le jeu. Il faut l'aligner derrière le régisseur. Hendrikx n'est pas davantage l'élément qui va extirper une équipe de sa médiocrité". Le noeud du problème, c'est la position où Aimé Anthuenis va aligner Hendrikx, et dans quel schéma tactique. On sait que Hendrikx est capable d'évoluer à gauche comme à droite mais que c'est à gauche qu'il a atteint son meilleur rendement, dans le passé. Il ne faut pas oublier non plus qu'Anderlecht a enrôlé l'Egyptien TarekEl Said pour compenser le départ de Bart Goor. Pierre Denier: "Chez nous, il a disputé ses meilleurs matches sur le flanc gauche, seul, car il aime remonter de loin. S'il y a double occupation des flancs, il doit chercher davantage ses marques car il part de plus près. La saison passée, Anthuenis a laissé le couloir droit à Bertrand Crasson. Je ne sais pas ce qu'il compte faire pour Hendrikx. Je me demande toutefois si Davy Oyen est disponible. Je pensais à une double occupation avec Oyen derrière lui, ou à un seul homme, si Oyen n'est pas prêt. Si Hendrikx évolue à droite, Alin Stoica peut glisser un peu plus vers la gauche, dans un 3-5-2. Remplacer Bart Goor sera difficile, vu le niveau qu'il a atteint ces deux ou trois dernières années. Hendrikx est différent. Il est davantage un homme qui fonctionne par à-coups, par éclairs, alors que Goor a le sens du goal et de la passe. Il a amené énormément de buts. Rien que pour ça, il sera difficile à faire oublier. D'un autre côté, quand Bart Goor est arrivé à Genk, il a débuté sur le banc, comme Hendrikx, et il était réputé pour malmener son adversaire quand Anthuenis le lançait dans la bagarre. Sur ce plan, ils sont pareils".Jean Dockx: "Il n'est pas d'un niveau supérieur à Goor, qui est quand même international, au milieu gauche. Hendrikx doit prouver qu'il est capable de retrouver le niveau qu'il a atteint à Genk dans le passé. Il y parviendra sans doute. Il voue une confiance totale à Anthuenis. Il lui a même avoué que c'était comme lorsqu'il avait quitté Lommel pour Genk". Lorsqu'il a été transféré à Genk, Hendrikx a dû s'imposer également. Au début, il a souvent fait banquette, comme s'en souvient Pierre Denier.Pierre Denier: "Il n'était que réserviste mais chaque fois que nous l'alignions, il apportait un plus. Quand Marc pouvait jouer dix minutes, il forçait toujours quelque chose. C'est ainsi qu'il a conquis ses galons de titulaire et qu'il a fait partie de l'équipe qui a gagné la Coupe et le titre. D'ailleurs, Bart Goor a réalisé le même apprentissage. Lui aussi apportait un plus incontestable à chacune de ses entrées au jeu. Hendrikx recèle beaucoup de possibilités, il est extrêmement ambitieux. Il va jusqu'au bout à l'entraînement. Je me souviens que lors de sa première ou deuxième saison à Genk, il s'est même blessé parce qu'il s'était entraîné trop dur en solitaire. Il en faisait parfois trop. Anderlecht constitue une étape supplémentaire dans sa carrière. Je ne sais pas s'il y fera ses débuts sur le banc, comme lors de son transfert de Lommel à Genk. Mais s'il en est ainsi, ça ne constituera pas un problème car il est bourré de qualités, dont la moindre n'est pas sa rage de vaincre. Il ne fera pas de difficultés. Un bon Hendrikx a sa place dans toute équipe. Il est capable d'effacer son adversaire direct grâce à son accélération, et ce, des deux côtés. Il s'était fixé un objectif l'année dernière: un transfert. Nous avions remarqué le niveau de ses ambitions. L'entraîner est une tâche facile. Je veux dire qu'il ne faut jamais être derrière lui. L'essentiel, c'est qu'Anderlecht a acquis un joueur extrêmement motivé et heureux. Il rêvait de ce transfert. C'est la solution idéale pour toutes les parties concernées".Avant Hendrikx, Bart Goor est passé du Racing Genk à Anderlecht. Marc Hendrikx tentera certainement de reconquérir sa place en équipe nationale au poste occupé par Goor.Bart Goor: "Tout dépendra de la position qu'il occupera car Anderlecht a également acquis Tarek El Said pour le flanc gauche. S'il n'y a pas de double occupation des flancs, la concurrence sera encore pire. Mais Marc recèle suffisamment de qualités pour s'imposer. Son transfert à Anderlecht constitue un grand pas en avant. Je me souviens très bien de ce passage. La transition a été rude. Surtout à cause de l'intérêt de la presse. Au sein du club, les rapports sont différents que ceux qu'il a connus à Genk. L'échelle est différente, à tous points de vue. Tout revêt plus d'importance. Mais il a souvent répété qu'Aimé Antheunis était l'entraîneur qui l'avait transformé à Genk. Peut-être sera-t-il aussi celui qui relancera sa carrière à Anderlecht. C'est tout le mal que je lui souhaite, en tout cas". Raoul De Groote