Les scouts du club bruxellois étaient déjà en quête d'une solution hors frontières quand le "Boss", en tout dernier recours, choisit soudain de jeter dans la bataille un Nigérian, âgé de 16 ans à peine, dont le nom n'offrait pas la moindre consonance familière: Celestine Babayaro. Ce fut, en définitive, un coup dans le mille, puisque le teenager fit d'emblée fureur à ce poste, en remportant cette saison-là encore le Soulier d'Ebène, trophée récompensant le meilleur Africain évoluant sur notre sol.
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Les scouts du club bruxellois étaient déjà en quête d'une solution hors frontières quand le "Boss", en tout dernier recours, choisit soudain de jeter dans la bataille un Nigérian, âgé de 16 ans à peine, dont le nom n'offrait pas la moindre consonance familière: Celestine Babayaro. Ce fut, en définitive, un coup dans le mille, puisque le teenager fit d'emblée fureur à ce poste, en remportant cette saison-là encore le Soulier d'Ebène, trophée récompensant le meilleur Africain évoluant sur notre sol.Sept ans plus tard, un cas de figure similaire s'est présenté de la même manière au coach actuel des Mauves, Aimé Anthuenis. En panne de gauchers suite aux absences contraintes et forcées de Davy Oyen, Alex Ilic et Kevin Nicolay, entre autres, le Lokerenois en fut réduit lui aussi à multiplier les solutions de fortune sur cette aire de jeu, en alignant successivement Mark Hendrikx, Lamine Traoré et même Bertrand Crasson à la place d'arrière latéral gauche. Sans que ces initiatives ne soient couronnées d'un total succès.Et c'est au moment précis où la cellule de recrutement anderlechtoise lorgna les possibilités dans ce secteur sur la scène continentale qu'un jeunot, inconnu au bataillon, a petit à petit saisi sa chance en équipe-fanion. Après des débuts sur la pointe des pieds à Beveren et à l'Antwerp surtout, Olivier Deschact révélé des possibilités insoupçonnées face à l'un ou l'autre ténors du championnat comme Genk et le Standard.Olivier Deschacht: Je mesure évidemment fort bien que, sans un extraordinaire concours de circonstances, à savoir les blessures qui ont décimé la plupart des gauchers au Sporting, je ne serais jamais entré en ligne de compte pour une place en équipe A. D'un autre côté, je me dis aussi que si j'avais été chaque fois à côté de la plaque dans les rencontres que j'ai livrées, jamais l'entraîneur ne m'aurait réitéré sa confiance. En réalité, je ne suis passé à travers qu'à une seule reprise jusqu'à présent: face à l'Antwerp. Ce jour-là, je m'étais mis beaucoup trop de pression et j'avais joué de manière incroyablement nerveuse. Contrairement à mon entrée en matière à Beveren, qui s'était déroulée de façon tout à fait inattendue pour moi, puisque j'avais dû remplacer au pied levé Bertrand Crasson en fin de partie. En revanche, je m'étais préparé mentalement à une montée au jeu à Deurne la veille du match déjà. J'avais tellement le souci de bien faire que je n'étais plus moi-même sur le terrain. Après coup, je me suis juré qu'on ne m'y reprendrait plus. J'ai eu la chance, lors des matches de Réserves qui ont suivi cette partie, de me ressaisir complètement. Aussi était-ce avec un moral complètement requinqué que j'ai abordé la rencontre au Racing Genk, qui servait en quelque sorte de troisième test pour moi. Depuis lors, je n'ai quasi plus jamais quitté l'équipe. MaturitéJe pouvais aisément comprendre qu'à Gand, après une semaine pour le moins chahutée, marquée par le vote que l'on sait, Aimé Anthuenis ait tablé sur la routine de Bertrand Crasson. Celui-ci avait d'ailleurs déjà joué à cette place auparavant. Je ne cache pas toutefois pas que la titularisation de Lamine Traoré au Club m'avait fait mal. Je ne comprenais tout simplement pas pourquoi le coach alignait, à ce poste-là, un élément qui s'était toujours singularisé par des bonnes performances dans l'axe mais qui était moins à l'aise dans une position moins centrale. Au vu du match, le staff technique avait quand même eu de très bonnes raisons d'effectuer ce choix, en ce sens que Lamine avait officié davantage comme stoppeur que comme latéral gauche dans cette rencontre. De toute façon, à mon âge et vu mon expérience, je n'ai rien à revendiquer. L'essentiel, pour moi, est de jouer le mieux possible quand j'en ai la possibilité et, aussi, de me prémunir le jour où je serai dans une passe moins favorable. Car cette période-là me guettera tôt ou tard. A 21 ans, je pense que je serai plus en mesure de l'assumer qu'à 18. Si cette mésaventure avait dû m'arriver à ce moment-là, je n'aurais pas été prêt, c'est sûr. Je n'aurais pas eu la mentalité et la maturité requises pour affronter une telle épreuve. Je me suis tout bonnement aguerri au contact de meilleur que moi au Sporting. On entend dire souvent que si un jeune n'a pas eu la moindre occasion de s'illustrer au RSCA avant ses 20 ans, il a tout intérêt à changer d'air. Ces dernières années, ce conseil me fut d'ailleurs prodigué à diverses reprises. Une personne n'était pourtant pas de cet avis: Franky Vercauteren. Il était convaincu qu'un jeune avait plus à apprendre en se frottant journellement, à l'entraînement, à des internationaux qu'en allant tenter l'aventure dans un club de moindre envergure. C'est l'option que j'ai choisie et, finalement, je ne m'en plains pas du tout. Car, pour le même prix, j'aurais fort bien pu imiter l'exemple de Yasin Karaca et délaisser le Sporting afin de me bonifier ailleurs. Mais à ce propos, le Belgo-Turc a-t-il réellement fait le bon choix, lui qui n'est plus utilisé que de manière très épisodique à Westerlo en ce moment? Par rapport à lui, je suis nettement mieux loti actuellement, puisque quand je ne suis pas de la revue en Première, j'ai au moins la satisfaction de me mesurer aux meilleurs lors des séances de préparation. En trois ans, j'ai emmagasiné nettement plus d'expérience que n'importe quel autre dans un laps de temps plus long. C'est pourquoi je suis heureux d'avoir toujours juré fidélité au Sporting. Fils à papaPlastic Deschacht est effectivement la marque de do it yourself de mon père. Je suis le premier à admettre que je n'ai jamais manqué de rien durant mon jeune âge et mon adolescence. Mais il ne faut pas s'y tromper: mon père ne m'a jamais mâché la besogne non plus. Depuis plusieurs années, à chaque période de vacances, il m'a obligé de travailler dans son entreprise. Et croyez bien que je n'y bénéficiais pas d'un régime de faveur. Mais c'est vrai qu'il a eu une influence sur moi, dans la mesure où c'est lui qui m'a emmené au football. Sponsor tour à tour des équipes de jeunes de Lochristi et de La Gantoise, il a fait en sorte que j'emboite chaque fois son pas. Ce n'était pas toujours facile à vivre, pour moi, car aux yeux de pas mal de monde, je ne devais ma place en formation d'âge qu'à mon statut de "fils à papa". Cette étiquette m'a très longtemps collé à la peau. Plus précisément jusqu'à l'âge de 16 ans. En 1997, à l'occasion d'un tournoi au Standaard Wetteren, j'ai été repéré par les scouts anderlechtois Marcel Decorte et Filip Van Wilder, qui m'ont jugé bon pour un test finalement fructueux au Sporting. Ce passage dans la capitale aura été, pour moi, mon premier affranchissement vis-à-vis de mon père. Même si quelques esprits mal intentionnés ont encore soutenu, par la suite, que je devais ma place chez les jeunes à la loge louée dans le stade par mon paternel. J'ose espérer que chacun sera convaincu, à présent, que ma place en Première, je ne la dois à personne d'autre qu'à moi-même. A ce niveau-là, il va sans dire que l'identité du père ne joue plus. D'un naturel fair-playJ'essaie en effet de garder le contrôle des opérations en toutes circonstances. Je suis d'un naturel fair-play, mais quand les circonstances l'exigent, je suis tout à fait à même de mettre le pied. D'ailleurs, à peine entré au jeu face à Beveren, j'ai été gratifié d'une carte jaune pour un accrochage sur Zezeto. Il en avait déjà fait voir de toutes les couleurs à Bertrand Crasson et, pour mes débuts, je ne voulais absolument pas être tourné en bourrique. Jusqu'ici, l'Ivoirien aura été mon adversaire le plus coriace. J'éprouve toujours des difficultés avec des dribbleurs comme lui, qui font virevolter le ballon d'un pied à l'autre. Au Sporting, heureusement, l'occasion m'est donnée de remédier à cette lacune au contact d'Aruna Dindane. Il n'y a pas meilleur enseignant que lui en la matière. Défensivement, je ne me tire pas mal d'affaire mais il me reste à soigner ma contribution offensive. Aussi étrange qu'il n'y paraisse pour un club à vocation positive comme le RSCA, surtout chez les jeunes, j'ai essentiellement appris à défendre au cours des cinq années que j'ai passé jusqu'ici au Parc Astrid. C'est la base, m'a-t-on martelé sans cesse, et je me fais fort que le reste suivra. Je suis très réceptif à tout ce qu'on me dit et c'est le propre aussi de tous les jeunes qui font partie du noyau A pour le moment. En revanche, je constate que ceux qui ne prêtaient pas toujours une oreille attentive à ce qu'on leur disait ne sont plus là: Lucas Zelenka, Milan Mrdakovic, Yasin Karaca...J'aimerais faire mon trou comme titulaire au back gauche. Pour l'heure, je suis encore membre du noyau B, même si mon armoire personnelle est passée du numéro 45 au 33. Mon ambition, l'année prochaine, est d'être en-deça des 30, car cela voudrait dire que je fais partie du noyau A. Après, il me restera à grimper encore tant et plus dans la hiérarchie. Afin de devenir un jour la meilleure publicité de mon père (il rit). Bruno Govers, ,Dia 1Dia 3"Je veux devenir la meilleure publicité de mon père""Ce n'est pas parce que mon père possède une loge à Anderlecht, que j'y joue"