Westerlo ne s'apparente plus à une morne plaine pour le RSCA. Défait 6 à 0 au Kuipke il y a quatre ans et renvoyé à ses chères études sur un score de forfait l'année suivante, le club bruxellois avait dû attendre la campagne 2000-2001 avant de ramener pour la toute première fois un point (2-2) de la petite cuvette campinoise. L'été passé, en prélude à la saison nouvelle, le Sporting avait enfin réussi à vaincre le signe indien en s'imposant 1-4 face aux Jaune et Bleu dans le cadre de la Supercoupe.
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Westerlo ne s'apparente plus à une morne plaine pour le RSCA. Défait 6 à 0 au Kuipke il y a quatre ans et renvoyé à ses chères études sur un score de forfait l'année suivante, le club bruxellois avait dû attendre la campagne 2000-2001 avant de ramener pour la toute première fois un point (2-2) de la petite cuvette campinoise. L'été passé, en prélude à la saison nouvelle, le Sporting avait enfin réussi à vaincre le signe indien en s'imposant 1-4 face aux Jaune et Bleu dans le cadre de la Supercoupe. Samedi dernier, les Anderlechtois ont rétabli encore un peu plus l'équilibre sur les plateaux de la balance en forgeant un nouveau succès, mais en championnat cette fois: 0-2. Un score qui n'est pas même forcé car si les Mauve et Blanc avaient fait preuve de davantage de réalisme en zone de vérité, ils auraient aisément pu prendre leurs distances sur les troupes de Jan Ceulemans par trois ou même quatre goals d'écart. L'infortuné Gilles De Bilde et l'excellent gardien local Jonathan Bourdon en décidèrent toutefois autrement.Le manque de percussion aux avant-postes aura été le seul point réellement négatif pour les Sportingmen à Westerlo. Car, pour le reste, les motifs de satisfaction furent très nombreux: on relèvera, à cet effet, le peu d'occasions abandonnées par la défense aux attaquants adverses, la belle complémentarité affichée entre Walter Baseggio et Yves Vanderhaeghe mais aussi, et, surtout peut-être, la toute bonne tenue des nouveaux venus. Hormis le jeune Martin Kolar, mû probablement par le souci de trop bien faire et qui perdit trop de ballons, les autres livrèrent ni plus ni moins une prestation sans faille.Le Finlandais Hannu Tihinen d'abord, fraîchement incorporé dans l'équipe suite à ses problèmes à la tempe mais qui donne déjà l'impression de n'avoir jamais joué ailleurs qu'au RSCA, et également Michal Zewlakow, aussi intransigeant sur l'homme que performant à la relance. C'est d'ailleurs sur l'un de ses centres que le Sporting avait hérité de sa première opportunité réelle dans cette partie, par l'entremise de Walter Baseggio.Polyvalent Michal Zewlakow: Comme pas mal de mes nouveaux coéquipiers, qui avaient souvent été malmenés à Westerlo dans le passé, je redoutais un peu, moi aussi, cette sortie en Campine. Allez savoir pourquoi mais depuis mon arrivée en Belgique, à l'automne '98, deux déplacements ne m'ont jamais porté chance: celui-ci et Lokeren. Tant avec Beveren qu'avec Mouscron, j'avais chaque fois eu de la peine à tirer mon épingle du jeu dans ces circonstances. J'espère avoir inversé définitivement cette tendance avec Anderlecht à présent. Et puisse-t-il en être de même le jour où nous évoluerons à Daknam. On dit souvent qu'une mauvaise répétition générale est toujours garante d'une bonne première. C'est ainsi qu'il faut interpréter, selon moi, les événements récents. Les Hollandais étaient particulièrement motivés contre nous, dans la mesure où cette rencontre faisait office de répétition générale, pour eux, avant leur confrontation en Coupe Intertoto contre Malaga. Pour nous, en revanche, elle constituait la fin d'un cycle. Nous mettions un point final à nos sorties amicales hors frontières et beaucoup avaient manifestement l'esprit déjà tourné vers le match de gala contre l'équipe anglaise. Dès l'instant où l'on n'est pas suffisamment concentré sur son sujet, les conséquences sont toujours fâcheuses. Et nous l'avons appris à nos dépens à Tilburg.Quatre buts à zérolà-bas: après coup, Hugo Broos chamboula complètement son 11 de baseen écartant Bertrand Crasson, Olivier Deschacht, Nenad Jestrovic et Clayton Zane tandis que Mark Hendrikx et vous-même coulissiez sur les flancs. N'êtes-vous pas plus à l'aise comme back qu'en tant que défenseur central?A vrai dire, je n'ai pas de préférence. J'ai débuté comme libero en Pologne, puis j'ai été amené à jouer l'alternance dans la charnière centrale mouscronnoise avec Alex Teklak avant de prendre place sur l'aile. Même si c'est dans cette fonction que j'ai conquis mes galons de titulaire en sélection polonaise, et que c'est pour jouer arrière gauche que j'ai été transféré, a priori, à Anderlecht, je ne rechignerai jamais à m'acquitter d'une autre mission. Les places sont vraiment trop chères pour faire la fine bouche. A la limite, je suis même prêt à prendre position dans le but, s'il le faut. En début de carrière, il m'est arrivé de devoir suppléer le keeper habituel. Filip De Wilde, Daniel Zitka et Zvonko Milojevic qu'à bien se tenir (il rit).Vous êtes droitier mais jouez au back gauche. Mark Hendrikx est gaucher et évolue à droite. L'équipe anderlechtoise ne serait-elle pas plus équilibrée encore si chacun jouait sur son bon pied?Permuter ne me gênerait pas le moins du monde et je ne pense pas que mon nouveau coéquipier non plus y serait opposé. Reste à voir toutefois si ce changement serait vraiment heureux. Dans le football moderne, il est de plus en plus rare qu'un joueur parvienne à hauteur de la ligne de but avant de pouvoir délivrer un centre en retrait. La plupart du temps, cet accès est bloqué et il faut donc revenir fréquemment en arrière pour céder ce type de ballon. Si j'occupe le couloir gauche et que je dois rebrousser chemin, je transmettrai immanquablement le ballon du droit et vice-versa. Ces services-là, au départ de mon bon pied, seront beaucoup plus précis que du gauche. Quoique je n'aie pas trop à me plaindre à ce niveau. Car il y eut une époque où mon pied gauche ne me servait réellement qu'à monter dans le bus, à Varsovie. Mais ce temps-là est loin ( il rit).On prétend souvent qu'un gaucher se familiarise plus aisément avec le pied droit que l'inverse. Vous êtes le contre-exemple parfait?A mes yeux, à force d'application, n'importe quel joueur peut remédier à une lacune, quelle qu'elle soit. Si j'avais persévéré sur la même voie depuis mes débuts dans le football jusqu'aujourd'hui, tout porte à croire que je serais à présent un libero à l'ancienne, évoluant dix mètres derrière sa défense. C'est parce que je n'ai jamais voulu me contenter du strict minimum que je suis un arrière polyvalent. Il n'y a pas de secret: pour arriver au stade actuel, j'ai travaillé mon gauche sans relâche, tant en Pologne qu'ici. Aussi bien à Beveren qu'à Mouscron, j'ai souvent fait des heures supplémentaires avec mon frère Marcin sur le terrain. Je lui balançais des centres du gauche et du droit qu'il était censé mettre au fond des filets. A l'analyse, ni lui ni moi ne nous en portons plus mal.VanderhaegheAu départ, j'ai ressenti un vide. Lors de mes premières journées à Anderlecht, je cherchais toujours sa présence dans le vestiaire. C'est sûr qu'il me manquera car nous étions aussi proches sur le terrain qu'en dehors des stades, mais ainsi va la vie. A défaut de le sentir près de moi, j'aurai toujours l'occasion de l'avoir à mes côtés en sélection. Et le premier rendez-vous se profile déjà à l'horizon puisque nous jouerons bientôt tous deux face aux Diables Rouges (il rit). Une chose est sûre: si Marcin continue à s'appliquer, il rebondira lui aussi, tôt ou tard, ailleurs qu'à l'Excelsior. Il a toutes les qualités pour réussir au plus haut niveau. Vous aviez été courtisé par le FC Cologne et l'Ajax Amsterdam ces derniers mois. En aboutissant à Anderlecht, vous ne perdez guère au change.Non, je suis vraiment comblé. Je me souviens que lorsque nous nous étions déplacés au Parc Astrid avec Beveren, en 1998-99, Marcin m'avait dit : -Ce serait quand même pas mal de jouer ici. Et je lui avais répondu tout de go: - Rêve pas, Marcin. Or, voilà que quatre ans plus tard, ce rêve est devenu réalité. C'est fantastique. Je savoure vraiment. Et je profite pleinement de chaque instant. Vous venez à peine de débarquer et les anciens disent déjà que vous êtes parfaitement intégré.J'ai évidemment la chance de pouvoir compter sur mon ancien partenaire chez les Hurlus, Yves Vanderhaeghe, qui me sert de guide. En outre, je connaissais déjà Nenad Jestrovic aussi, sans oublier l'entraîneur, bien sûr. C'est quand même un avantage.Pour avoir déjà travaillé avec lui, avez-vous le sentiment d'avoir une petite longueur d'avance par rapport à d'autres?Pas du tout. Au vu des matches à Everton et Westerlo, certains ont dit que le coach avait soi-disant son équipe-type. Mais jeudi passé, à l'occasion de la répétition générale avant le déplacement en Campine, je peux vous dire que les A ont été battus 0-3 sans pardon par les B. Alors, de grâce, ne parlons pas de titulaires ou de certitudes car elles n'existent tout simplement pas à Anderlecht. Ce phénomène-là, je le découvre à Anderlecht. A Beveren et Mouscron, je ne me souviens pas du moindre match d'entraînement qui ait tourné à la déconfiture pour le 11 de base habituel. Ici, cette logique-là est souvent bafouée. Mais quoi de plus normal en regard de la richesse de l'effectif.A Westerlo, l'intransigeance de la ligne arrière a particulièrement frappé les esprits. Les mécanismes semblent déjà parfaitement huilés, pour vous, tant avec Hannu Tihinen qu'avec Martin Kolar?Le Finlandais ne cesse de donner de la voix, ce qui n'est jamais négligeable en matière de positionnement. Quant au jeune Tchèque, il est franchement épatant pour un gamin de 18 ans. Avec lui, qui plus est, je peux m'exprimer en polonais, qui présente quand même des similitudes avec sa langue maternelle. En fait, nous nous retrouvons tous les deux dans la même situation, mais sur une autre portion du terrain, que le duo formé de Jan Koller et Tomasz Radzinski autrefois: le premier était tchèque, l'autre d'origine polonaise et tous deux s'entendaient comme larrons en foire sur le terrain. Puisse notre association être tout aussi heureuse à présent! Bruno Govers"Il n'y a pas de certitudes à Anderlecht""Marcin rebondira tôt ou tard ailleurs, comme moi"