La justice continue d'éplucher les dizaines de kilos de documents saisis lors des perquisitions de mars 2007 au Canonnier et à l'Hôtel de Ville de Mouscron. Un de ces dossiers a tous les contours d'une bombe à retardement pour l'Excelsior.
...

La justice continue d'éplucher les dizaines de kilos de documents saisis lors des perquisitions de mars 2007 au Canonnier et à l'Hôtel de Ville de Mouscron. Un de ces dossiers a tous les contours d'une bombe à retardement pour l'Excelsior. Il y a deux ans, Jean-Pierre Detremmerie, toujours bourgmestre, propose à Philippe Dufermont (qui n'est pas encore présent dans le club) d'acheter un bâtiment, situé dans le centre de Mouscron, qui appartient à la Ville -l'ancien Sarma. Dufermont est intéressé et signe un compromis de vente. Prix : 600.000 euros. Son but : transformer cet immeuble en surface commerciale et appartements. Jusqu'ici, rien d'anormal. Cela se corse en 2007, quand le nouveau Collège communal est installé, avec Alfred Gadenne comme nouveau bourgmestre. Le groupe Kinepolis, à la recherche d'un site pour aménager un complexe cinématographique, contacte les autorités mouscronnoises. Gadenne évoque l'ancien Sarma, puis se rend compte avec stupéfaction qu'il a déjà été vendu par Detremmerie. Mais surtout, que ce marché s'est fait de façon assez bizarre. Voici comment : Dufermont, via une de ses sociétés en Espagne, a payé l'intégralité du montant d'achat dès la signature du compromis. Habituellement, l'acheteur paye de 5 à 10 % (voire rien du tout si le vendeur est d'accord) quand le compromis est signé, et il verse le solde au passage de l'acte. Aucun délai n'a été stipulé, dans le compromis, pour le passage de l'acte. C'est autorisé, mais aujourd'hui, deux ans après le compromis, on ne sait toujours pas quand l'acte sera passé. C'est anormalement long. Et le plus grave : la société de Philippe Dufermont a viré les 600.000 euros sur le compte... de l'Excelsior. Tout à fait illégal puisque le bâtiment appartenait à la Ville. Aujourd'hui, la Ville n'a toujours pas touché un euro sur la vente du fameux bâtiment et réclame son dû. L'Excel lui doit donc 600.000 euros. Et la caisse de l'Excel, c'est la bourse de Dufermont, qui devra donc acheter une deuxième fois l'ancien Sarma pour en être définitivement propriétaire. Dans l'opposition, on hurle forcément face à ce énième chipotage. Philippe Bracaval, conseiller communal MR : " Tout cela est très foireux. Je ne comprends pas comment la société de Philippe Dufermont a pu payer au club une facture qui lui avait été adressée par la Gestion centre-ville... qui était à l'époque dirigée par Francis D'Haese, président de l'Excel entre novembre 2006 et mars 2007. J'ai moi-même dénoncé le marché au conseil communal, comme j'étais intervenu pour signaler que les loyers d'appartements de la Ville occupés par des joueurs de l'Excel n'étaient pas payés depuis près de 10 ans ". Le bourgmestre Gadenne reste prudent : " J'ai des idées, pas de preuves puisque tous les documents ont été saisis par la justice. Et j'imagine que la vente de ce bâtiment fait partie de l'enquête. Une chose est sûre : les 600.000 euros doivent être dans les caisses de la Ville d'ici la fin de l'année. Philippe Dufermont m'a dit que tout serait régularisé entre-temps : il passera l'acte et nous payera ". Philippe Dufermont est serein : " Les gens de la Ville sont charmants et tout est clean dans cette histoire. Le club avait d'urgence besoin de liquidités à l'époque, pour obtenir sa licence. C'est pour cela que les 600.000 euros ont été versés sur son compte. Maintenant, je vais effectivement être contraint d'acheter une deuxième fois ce bâtiment, mais ce n'est pas un problème. L'Excel m'a déjà coûté 5 millions. Je sais que je ne les récupérerai jamais. Ce ne sont pas 600.000 euros qui vont faire la différence. S'il y a une seule personne qui pourrait se plaindre dans l'affaire, c'est moi. Mais je ne me plains pas ".