Pierre Drouguet (51 ans) a livré la semaine passée le plus noble des matches de sa vie en donnant un de ses reins. Il a hésité à évoquer le double échange d'organes, qui s'est déroulé aux Pays-Bas et offre de nouvelles perspectives à son fils, Arnaud. Pudique, il préfère évoquer les 305 matches de D1 qui figurent à son compteur. L'ancien " keeper " a laissé de bons souvenirs à Liège, à Malines, à Courtrai et au Beerschot. Portier un jour, portier toujours et c'est avec dynamisme que cet entraîneur des gardiens diplômé a prodigué durant des années des conseils aux jeunes et moins jeunes de Visé, Malmédy, Eupen, Liège, etc.
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Pierre Drouguet (51 ans) a livré la semaine passée le plus noble des matches de sa vie en donnant un de ses reins. Il a hésité à évoquer le double échange d'organes, qui s'est déroulé aux Pays-Bas et offre de nouvelles perspectives à son fils, Arnaud. Pudique, il préfère évoquer les 305 matches de D1 qui figurent à son compteur. L'ancien " keeper " a laissé de bons souvenirs à Liège, à Malines, à Courtrai et au Beerschot. Portier un jour, portier toujours et c'est avec dynamisme que cet entraîneur des gardiens diplômé a prodigué durant des années des conseils aux jeunes et moins jeunes de Visé, Malmédy, Eupen, Liège, etc. " J'ai eu la chance de vivre de grands moments ", avance-t-il. " J'ai débuté en D1 contre Anderlecht : j'avais 20 ans en 1982 et mon club, le FC Liégeois, a obtenu un nul blanc. Plus tard, en 1987-88, en tant que doublure de Michel Preud'homme, j'ai vécu la grande campagne européenne de Malines. Le triomphe (1-0, but de PietDenBoer contre l'Ajax d'Amsterdam en finale de la CE 2 à Strasbourg garde une place dans mon coeur. " Son après-football passe par le métier de délégué commercial pour l'entreprise de son frère, puis pour la société Rentokil. Ses projets professionnels actuels ont été mis entre parenthèses. Promesse du BMX, son fils, Arnaud, souffre d'un problème révélé lors d'une prise de sang, la glomérulonéphrite qui s'attaque aux cellules de ses reins. Etudiant en physique à l'Université de Liège, le sympathique jeune homme tient courageusement le coup grâce à de nombreuses séances de dialyse. " La solution de son problème passait par une greffe ", souligne Drouguet. " Je voulais lui donner un de mes reins mais un dernier examen révéla un problème d'incompatibilité. " L'espoir est venu des Pays-Bas. Là, l'échange des dons d'organes est parfaitement maîtrisé et une banque de données a trouvé un duo néerlandais aux prises avec les mêmes soucis que les Drouguet. " Nous avons tous passé une batterie de tests : je n'ai jamais vu les Hollandais et ils ne nous connaissent pas ", explique Pierre. " Et il en sera toujours ainsi. Le principe est simple. Il y a une double intervention. Dans notre cas, j'ai donné mon rein à Amsterdam où se trouvait aussi le receveur. Arnaud et le donneur néerlandais ont, eux, été opérés à Maastricht. Ce n'est pas du tout exceptionnel : tous les pères feraient la même chose que moi pour un de leurs enfants. Mon fils désire se remettre au plus vite à la pratique d'un sport. " Drouguet a beaucoup réfléchi ces derniers mois et, à sa façon, il s'impliquera dans le combat en faveur du don d'organes. Il a été impressionné par l'attitude de Thierry et Claudine Kremer qui ont perdu leur fils, Laurent, lors de l'épouvantable fusillade du 13 décembre 2011, Place Saint-Lambert, au coeur de Liège. Le prélèvement des organes de Laurent a sauvé une dizaine de vies. Les Kremer ont fondé une ASBL (Chaîne de vie) qui travaille en collaboration avec le CHU de Liège. " Ce sont des parents formidables " souligne Drouguet. " Ils avaient évoqué le thème du don d'organes avec leur fils et ont respecté ses idées. On verra ce que je peux faire pour Chaîne de vie. Je sais que les Kremer organisent régulièrement des séances d'information, des visites dans les écoles pour sensibiliser les jeunes à cette problématique. J'entends leur apporter mon témoignage, mon vécu. " PAR PIERRE BILIC