Après quatre journées de championnat seulement, le compartiment offensif du Racing Genk a subi un sérieux lifting. Nenad Stojanovic, Paul Kpaka et Orlando Engelaar, trois attaquants, ont quitté le club. Avec un emballage cadeau et tout le monde était content... Kpaka, qui avait déjà été prêté, n'avait plus aucun avenir dans le Limbourg tandis que Stojanovic et Engelaar avaient dû se contenter, au mieux, d'un statut de remplaçants. Bref, le club ne comptait plus sur eux et, en ce qui les concerne, la romance était terminée. Cela risquait, à la longue, de faire des dégâts dans un vestiaire assez jeune.
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Après quatre journées de championnat seulement, le compartiment offensif du Racing Genk a subi un sérieux lifting. Nenad Stojanovic, Paul Kpaka et Orlando Engelaar, trois attaquants, ont quitté le club. Avec un emballage cadeau et tout le monde était content... Kpaka, qui avait déjà été prêté, n'avait plus aucun avenir dans le Limbourg tandis que Stojanovic et Engelaar avaient dû se contenter, au mieux, d'un statut de remplaçants. Bref, le club ne comptait plus sur eux et, en ce qui les concerne, la romance était terminée. Cela risquait, à la longue, de faire des dégâts dans un vestiaire assez jeune. Alors qu'un groupe homogène semble enfin s'être formé, le Racing veille plus que jamais à conserver une bonne ambiance et c'est dans ce double contexte (sportif et extra-sportif) qu'il faut replacer le départ de ces trois joueurs ainsi que les mises à l'écart de Jan Moons ou Gert Claessens. A la différence que ceux-ci n'ont pas (encore) trouvé à se recaser. Trois départs, donc, mais aussi deux arrivées : le Croate Goran Ljubojevic et Jelle Vossen, un jeune du cru. Comme Marvin Ogunjimi (opéré des ligaments croisés du genou) en a encore pour un certain temps, Hugo Broos a, actuellement, le choix entre quatre attaquants. Pour Willy Reynders, le directeur technique, l'Ukrainien Sascha Iakovenko et le Brésilien Alex Da Silva ne font pas partie du lot. " Iakovenko est un ailier ", dit Reynders. " A plus long terme, on pourrait en faire un deuxième attaquant, mais il est encore jeune. Da Silva, lui, est plutôt un médian offensif. Avec un joueur comme lui dans l'équipe, les ailiers devraient jouer très haut. Or, notre entraîneur a opté pour un 4-4-2, comme il l'avait fait ailleurs. Nous avons donc tenté de trouver quelqu'un qui s'intègre dans ce système ". Quatre attaquants peuvent donc jouer à une de ces deux places en pointe : Ljubojevic, Vossen mais aussi l'autre Croate Ivan Bosnjak et Kevin Vandenbergh. Jelle Vossen a 17 ans et vient de signer son premier contrat pro. Il va toujours à l'école. Selon Reynders, il ne jouera pas beaucoup. " C'est un grand espoir. Il peut faire beaucoup de choses, marque facilement et joue un football moderne. Actuellement, il ne s'entraîne que deux fois par semaine avec le noyau A. On va voir comment il parvient à combiner ce régime avec les études. Chez les pros, tout va plus vite. Il doit d'abord démontrer le lundi soir en Réserves qu'il peut être aussi décisif que chez les jeunes ". Restent donc trois attaquants. Vandenbergh (23 ans) entame sa cinquième saison à Genk. L'international croate Bosnjak (27 ans), qui était présent au Mondial, est arrivé cet été tandis que son compatriote Ljubojevic (23 ans) est à Genk depuis quatre semaines. Selon Reynders, c'est en allant voir Bosnjak que le club s'est souvenu de Ljubojevic. Le joueur était en effet déjà connu en Belgique. " Il y a trois ans, le Club Brugeois s'était intéressé à lui. Il jouait à Osijek et était devenu meilleur buteur du championnat croate, alors qu'il avait à peine 20 ans ". Il passa ensuite au Dinamo Zagreb, où il eut moins de succès. La saison dernière, il ne disputa pas plus de cinq matches aux côtés de Bosnjak. Il était surtout remplaçant et, à la mi-saison, le Dinamo le prêta au club suisse de Saint-Gall. Revenu à Zagreb après le départ de Bosnjak à Genk, il inscrivit quelques buts en phase de préparation mais ne se sentait manifestement pas à son aise. Broos, lui, était heureux de l'accueillir. Ljubojevic doit encore travailler les aspects technique et tactique mais, avec ses 190 centimètres, sa carrure et son jeu de tête, il est le type même du joueur que l'entraîneur souhaitait. " Deux attaquants pour deux places, c'était peu ", dit Reynders. " Désormais, nous sommes parés. Nous n'avions pas de joueurs dans le style de Ljubojevic tandis que Vossen est proche de l'équipe Première et fait tout pour y arriver. Son éclosion correspond à la philosophie de Genk, qui veut permettre aux jeunes talents de se montrer ". Le tout est maintenant de savoir quelle paire est la plus complémentaire. Dans son système de jeu, Broos a besoin d'un attaquant de pointe et d'un joueur plus mobile. Actuellement, il fait confiance à Vandenbergh et Bosnjak. On dit de Vossen qu'il travaille trop pour être un véritable renard des surfaces. Il ne semble donc pas constituer une solution de rechange à Vandenbergh mais plutôt à Bosnjak. Remplacer le Croate dans la forme qu'il détient actuellement n'est cependant pas une mince affaire et Bosnjak n'est donc pas perturbé par les récents changements au sein du noyau. Pour Vandenbergh, c'est autre chose car il semble entrer en concurrence avec Ljubojevic. " Quand on joue avec deux attaquants, l'un des deux est plus mobile ", dit Reynders. " C'est le cas de Bosnjak qui peut jouer entre les lignes, décrocher, demander le ballon. Vandenbergh, comme Ljubojevic, est surtout dangereux dans le rectangle, même s'il doit travailler davantage maintenant que par le passé. Je ne sais pas qui va jouer au cours des prochaines semaines. Ce sont les choix de l'entraîneur mais il est évident que Ljubojevic va d'abord devoir faire ses preuves. On peut difficilement dire qu'une équipe tourne mal quand elle occupe la tête du championnat avec pratiquement le maximum de points ". Ljubojevic a l'avantage de bien connaître Bosnjak, ce qui peut faciliter son intégration. Il est aussi venu à la demande de Broos qui, après le départ de Bob Peeters, affirmait qu'il lui manquait un attaquant fort de la tête. Et l'an dernier, lorsque Peeters s'est imposé dans l'équipe, c'était au détriment de... Vandenbergh. Contrairement à ce dernier, Ljubojevic est fort au duel. Ce qui ne l'empêcherait pas de pouvoir, également, conserver le ballon. Sa puissance semble en faire un joueur plus complémentaire avec Bosnjak, qui est rapide et mobile. Il a également déjà fait savoir qu'il aimait être servi par les flancs. Or, les débordements constituent un des atouts majeurs de Genk cette saison. Alors, Ljubojevic ou Vandenbergh ? " C'est le problème d'Hugo Broos ", dit Reynders, qui refuse d'entrer dans la discussion. " Il travaille chaque jour avec les joueurs et connaît mieux que quiconque l'état de forme de chacun. D'ailleurs, qu'est-ce qu'une équipe-type ? Contre La Gantoise, Tomislav Mikulic était malade et son remplaçant, Eric Matoukou, a été brillant. La force de Genk, cette saison, c'est son banc ". On dit cependant de Ljubojevic qu'il n'est pas un garçon docile. S'il restait trop longtemps sur le banc, il pourrait exploser. " Je pense que vous ne le connaissez pas suffisamment ", réplique Reynders. " Si vous pensez faire vos choux gras de cette histoire, vous faites erreur ". Un Vandenbergh sur le banc n'est d'ailleurs pas plus calme. Cela lui est arrivé la saison dernière et il n'a pas caché son mécontentement. En équipe nationale, René Vandereycken ne lui a pas permis d'entrer au jeu au cours des deux dernières rencontres et l'attaquant n'a pas manqué l'opportunité de raconter aux journalistes qu'avec lui dans l'équipe, les choses se seraient peut-être passées différemment. Evidemment, le bulletin de ses quatre dernières saisons plaide en sa faveur : avec Genk, il a inscrit en moyenne un but tous les deux matches. Impressionnant ! Reynders : " C'est quelque chose qu'on ne lui enlèvera pas mais je pars du principe qu'on ne doit résoudre un problème que lorsqu'il se pose. Nous traverserons encore des périodes difficiles, c'est sûr. C'est dans ces moments-là qu'on verra la force de notre groupe mais ce sont tous des professionnels. Ils sont bien payés, même pour rester sur le banc. Aucun joueur ne peut être sûr de sa place. Chacun doit se mettre en évidence. C'est pourquoi il est très important de posséder un bon banc. Les noms, par contre, n'ont aucune valeur. Nous avons clairement montré ces derniers mois que nous serons intransigeants sur ce point ". Reynders fait référence à la situation de Moons et de Claessens mais sans doute aussi aux départs de Stojanovic et d'Engelaar. Des noms, certes, mais pas des joueurs qui apportaient une plus-value au banc car ils manquaient de hargne. " Un joueur doit toujours avoir faim de ballon. Nous ne faisons pas la sélection au hasard : nous devons compter sur des gens qui n'affaiblissent pas l'équipe lorsqu'ils entrent au jeu. Chaque joueur doit sentir dans son dos le souffle de quelqu'un qui dispose d'au moins autant de qualités que lui. Voyez Anderlecht : là aussi, il y a plus de deux attaquants. Et à Bruges, la situation est peut-être même encore plus compliquée. Enfin... compliqué n'est peut-être pas le mot juste car je trouve cela normal dans un club professionnel qui vise haut. Comme Genk ! " JAN HAUSPIE