" Le White Star a hérité de Gand en quarts de finale de la Coupe de Belgique. En prenant connaissance de ce tirage au sort, j'ai songé à Jean-Paul Colonval qui a débuté sa carrière dans ce club aux côtés d'une légende : Jean Cabiche Straetmans. Lui et moi n'avions pas de points communs. Il était attaquant, moi défenseur. J'étais un fils d'ouvrier. Il vivait dans une famille aisée à Woluwé Saint-Pierre et fréquenta le Collège Saint-Michel. Entre nous, à Anderlecht, on l'appelait " l'Intellectuel ". Il n'était p...

" Le White Star a hérité de Gand en quarts de finale de la Coupe de Belgique. En prenant connaissance de ce tirage au sort, j'ai songé à Jean-Paul Colonval qui a débuté sa carrière dans ce club aux côtés d'une légende : Jean Cabiche Straetmans. Lui et moi n'avions pas de points communs. Il était attaquant, moi défenseur. J'étais un fils d'ouvrier. Il vivait dans une famille aisée à Woluwé Saint-Pierre et fréquenta le Collège Saint-Michel. Entre nous, à Anderlecht, on l'appelait " l'Intellectuel ". Il n'était pas de notre milieu. Laurent Verbiest n'aimait pas jouer contre lui : " Godverdomme, en nu daane : 't is niet om te lachen " (" Nom de Dieu et maintenant celui-là : il n'y a pas de quoi rire ") Venant de la bouche du plus grand libero belge, c'était un compliment pour Colonval, pivot offensif doué dans le trafic aérien et doté d'un engagement very british. Son papa était pilote de chasse et fut fait prisonnier en Allemagne après la capitulation en 1940. Mon père aussi : il s'évada, revint en Belgique à vélo via la Suisse et la France, fut repris et emprisonné à Louvain où on lui brisa les doigts de la main à coups de crosse de fusil pour qu'il n'exerce plus son métier de linotypiste. Le papa de Jean-Paul a trouvé la mort dans le crash de son avion de chasse en 1947. En 1964, Jean-Paul quitta le Racing White (résultat de la fusion en 1963 entre le White Star et le Racing de Bruxelles), fut cité au Crossing mais se retrouva finalement à Tilleur. Il y cassa la baraque, fut sacré meilleur de D1 avec 25 goals, il fallait le faire. Malgré cela, il ne devint pas Diable Rouge et je crois qu'il n'a jamais digéré cette injustice. Même si la concurrence était énorme à l'époque, il méritait quelques caps. Je me souviens d'une défaite 1-0 sur un terrain gelé à Tilleur face à des adversaires maquillés de noir sous les yeux pour limiter le problème de la réverbération sur la neige. Et qui a marqué ? Colonval bien sûr. Puis, il joua au Daring, au Standard, au Racing Jet, entraîna ce club, Charleroi, etc. Jean-Paul innova avec ses Foot-Etudes, fut un grand collaborateur au Sportif70 et Sport 80 où il lança les premières rubriques consacrées au football étranger avec une préférence pour l'Angleterre. Il avait une excellente plume et était très apprécié. Il travailla ensuite comme consultant à Canal + (en équipe avec son ami André Remy), devint directeur sportif à l'AEC Mons, etc. Son éclectisme a fait de lui un personnage unique du football belge à qui on ne donnerait pas 70 balais. " né en 1941, heylens fut un excellent back droit (67x diable rouge, équipe d'europe 65, mondial 70 au mexique, 7 titres et 3 coupes de belgique avec anderlecht). coacha une douzaine de clubs (passa 5 ans au losc et fut coach belge 1984 à seraing)PIERRE BILIC