COACH José Pekerman (ARG)

Vous avez participé au Mondial 2006 avec l'Argentine, à l'édition 2014 avec la Colombie et vous voilà à nouveau. Quel effet cela fait-il ?
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Vous avez participé au Mondial 2006 avec l'Argentine, à l'édition 2014 avec la Colombie et vous voilà à nouveau. Quel effet cela fait-il ? JOSÉ PEKERMAN : Mon premier objectif était une deuxième participation avec la Colombie, même si nous devions former une nouvelle équipe. Nous y sommes parvenus, avec des hauts et des bas mais apparemment, certains oublient à quel point les qualifications sont difficiles en Amérique du Sud. Nous nous sommes qualifiés directement, dans la foulée du Brésil, de l'Uruguay et de l'Argentine, et notre équipe est capable de faire bonne figure. Vous êtes entrés dans l'histoire en 2014 en atteignant les quarts de finale. Le problème, c'est que maintenant, on attend encore plus de vous. PEKERMAN : Je peux faire avec mais je trouve plus important de voir comment les joueurs qui sont sélectionnés pour la première fois vont gérer ces espoirs. J'ai toujours cru dans les jeunes et j'essaie toujours de leur offrir une chance, comme lors de l'édition précédente avec James Rodriguez. Cette fois, des jeunes comme Wilmar Barrios et Frank Fabra, le duo de Boca Juniors, peuvent éclater au côtés d'éléments plus chevronnés comme Juan Cuadrado et James. Radamel Falcao, privé de l'édition précédente à cause d'une blessure, sera certainement mon meilleur néophyte. Vous avez déjà une idée de la configuration de l'équipe ? PEKERMAN : Il faut toujours se laisser la possibilité de modifier l'équipe car on ne sait jamais ce qu'il peut se passer en tournoi. Idéalement, le sélectionneur a un impact sur le travail à l'entraînement de ses internationaux mais c'est impossible, les clubs poursuivant leurs propres intérêts. L'essentiel est de disputer ce Mondial car les pays qui ratent quelques qualifications risquent de perdre une génération entière. Quels sont vos chantiers ? PEKERMAN : Nous avons tenté de placer des accents nouveaux dans les matches de préparation mais ça n'a pas toujours marché, à cause des blessures et des obligations de certains dans leur club. Nous nous sommes donc concentrés sur quelques aspects : des médians qui peuvent jouer sur les flancs de la défense, des défenseurs centraux qui montent et des médians offensifs qui peuvent écarter le jeu. En qualifications, vous avez procédé en 4-2-3-1 mais vous avez parfois aligné deux avants. Vous le referez ? PEKERMAN : J'ai associé Falcao à Duvan Zapata (finalement non- repris, ndlr) contre le Pérou et j'ai été content de ce qu'ils ont montré mais je ne veux pas me cantonner à un seul choix. Il peut encore se passer beaucoup de choses dans la dernière ligne droite de la préparation. Certains joueurs seront peut-être moins en forme tandis que d'autres seront plus frais et pourront me convaincre d'essayer autre chose. Je me baserai sur les entraînements pour prendre ces décisions. journaliste sportif basé à Bogotá " La Colombie possède une épine dorsale très solide. Comme beaucoup de Sud-Américains, le milieu défensif Carlos Sánchez est énorme quand il représente son pays. Il permet à James Rodriguez d'avoir toute la liberté de trouver les bonnes passes. Elles sont souvent dirigées vers Radamel Falcao, qui aura à coeur de réussir un gros Mondial, sachant qu'il n'avait pas pu en être, il y a quatre ans, pour cause de blessure. Le style Pekerman ne se limite pas à envoyer des longs ballons. Le sélectionneur argentin aime avoir la possession et jouer avec ses latéraux. Il insiste aussi sur l'importance du pressing. C'est par une récupération haute que la Colombie a ouvert le score contre le Paraguay, en octobre 2017. Mais dans le même match, alors qu'ils menaient à dix minutes de la fin, les Colombiens ont continuer à jouer et ont fini par perdre (1-2). C'est leur pêché mignon. Globalement, l'effectif est moins bon qu'en 2014. Il n'y a pas de taulier en défense, comme c'était le cas avec Mario Yepes, le banc manque de profondeur et David Ospina, pas titulaire à Arsenal et auteur de plusieurs boulettes en sélection, peut être considéré comme une faiblesse. La victoire contre la France en amical, en mars (2-3), a été un déclic, mais je ne les vois quand même pas aller beaucoup plus loin que les huitièmes. "47 millions. Pour s'attacher les services du natif de Caloto, Tottenham a brisé sa tirelire comme jamais. Si l'acquisition pouvait faire débat à la mi-août 2017, Davinson s'est chargé de mettre tout le monde d'accord. Celui qui fêtera ses 22 printemps le 12 juin prochain, a profité de la blessure de Toby Alderweireld pour s'imposer dans la charnière centrale des Spurs, aux côtés de Jan Vertonghen. Formé au milieu de terrain, replacé derrière à l'Atlético Nacional par Juan Carlos Osorio, actuel sélectionneur du Mexique, ce monstre d'1m87 a tout : la détente, la vitesse et la relance. À l'Ajax, ses coups de casque lui ont permis d'inscrire six buts, d'arriver en finale de l'Europa League et de gagner un surnom, un brin réducteur : le Tank. Titulaire en sélection depuis un an, il récupère 9 seconds ballons par match, dont 3,4 dans le camp adverse, pour un total de 137, imbattable dans la zone AmSud. Pas mal pour quelqu'un qui a refusé le Barça, deux fois, afin d'être sûr de jouer. Think Tank.Lors du dernier Mondial brésilien, James Rodriguez a scoré six fois, soit le meilleur total de la compétition, dont une beauté de volée contre l'Uruguay, en quarts, récompensée par le prix Puskas. Personne n'a fait mieux depuis 2002 et les huit caramels de Ronaldo, le vrai. Le nombre de buts inscrits par les Colombiens à l'extérieur de la surface de réparation lors de ces mêmes qualifications : zéro. Nada. A contrario, 21 % des pions encaissés par les hommes de José Pekerman ont été envoyés en dehors du grand rectangle. Le syndrome Karius.Contre les cadors de la zone AmSud (Brésil, Argentine, Uruguay), la Colombie n'a pris que deux points sur dix-huit possibles. En somme, l'équipe de José Izquierdo coince contre les grosses cylindrées et doit son ticket à ses victoires sur les autres nations.En 2014, le latéral droit Juan Zuniga avait douché le destin brésilien en plaçant un brillant coup de genou dans le dos de Neymar. Pour ce nouvel opus, Los Cafeteros poursuivent sur leur lancée avec une très belle moyenne de 16,4 fautes par rencontre de qualifications.